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Alors que la pandémie recule, que des moyens hors normes ont été mis en place, des groupuscules s’agitent avec la bienveillance des élus locaux

La Guyane paye un lourd tribut à la pandémie. C’est un fait. Sa proximité avec le Brésil dont la frontière poreuse est particulièrement difficile à surveiller n’arrange rien. Mais l’État français est venu rapidement et efficacement au secours de ce territoire d’outre-mer. Pas moins de quatre ministres se sont rendus à son chevet dont le premier d’entre eux. Résultat de ces efforts, de la préoccupation des autorités hexagonales, des renforts de la réserve sanitaire et bien sûr d’un apport de moyens non contestable : le taux de mortalité par million d’habitants y est quatre fois moindre qu’en France au moment où l’activité du virus Covid était à son pic.

Alors pourquoi cette tension, ces manifestations avec l’accord tacite des élus locaux incapables de raisonner une minorité agissante ? Des dégradations et des violences ont été commises hier mardi à Cayenne à la préfecture notamment. Une statue de Victor Schœlcher a été déboulonnée dans la plus pure des beaufs atteints de deux autres virus : les communautarismes et le décolonialisme… Sans parler des insultes adressées aux autorités sur les réseaux sociaux ou carrément par courriels. Et que des dire de ces inscriptions idiotes (voir photos) ?

Tout simplement parce qu’il y a des années qu’on laisse deux ou trois groupuscules agir et donner une piètre image de la Guyane. Souvent, ces groupuscules (parfois ennemis entre eux) se nomment des collectifs comme ce fourre-tout Mayouri Santé Guyane  qui regroupe d’autres groupuscules et des… partis politiques et même un étrange et improbable Urgences Panafricanismes Guyane.

Si dans cette confusion les élus locaux ont une grande part de responsabilité, on peut aussi pointer du doigt les préfets successifs qui, au nom de la paix sociale (très précaire d’ailleurs), ne prennent pas toujours les mesures répressives de plus en plus réclamées par la grande majorité de la population.

Donc ces groupuscules qui traitent les autorités d’assassins n’ont eu aucun remerciement envers les soignants volontaires venus en Guyane, mais ont demandé des comptes aux élus, qui en ont… demandé au gouvernement. La réponse n’a pas tardé. Voir les feuillets en bas de l’article (capture d’écran de @GuyaneActu). Parmi les mesures et moyens apportés à la Guyane :

  • Un avion militaire A400M qui a mobilisé une trentaine de personnes qui a permis d’évacuer les malades vers les CHU des Antilles.
  • 30 700 tests ont été réalisés ces trois dernières semaines (la Guyane est un des territoires où la population a été la plus testée au monde !)
  • La Guyane dispose de suffisamment de respirateurs pour armer 79 lits en réanimation. Une quinzaine de respirateurs supplémentaires ont été livrés par l’État.
  • En matière socio-économique : délais supplémentaires pour les exonérations de charges sociales et des reports de charges fiscales…
  • La prime exceptionnelle est portée à 1500 € pour les soignants en Guyane (dont les salaires sont déjà majorés de 40 % pour l’ensemble des fonctionnaires hospitaliers)
  • La liste n’est pas exhaustive…

L’A400M assurant une « evasan » de la Guyane vers les Antilles, le 6 juillet ©Forces armées en Guyane

Arrivé en Guyane le 26 juin dernier dans un contexte de crise sanitaire et dans le cadre de l’opération « résilience », l’A400M Merope « s’apprête à regagner la métropole où de nouvelles missions l’attendent », a indiqué la préfecture dans un communiqué.

« Face à ces facteurs encourageants, et compte-tenu de la disponibilité retrouvée en moyens d’évacuation aérienne, l’A400M MEROPE s’apprête à regagner la métropole où de nouvelles missions l’attendent » précise la préfecture. « La situation épidémique en voie d’amélioration sur le territoire ainsi que l’arrivée de renforts de métropole ont permis une augmentation de la capacité en lits de réanimation qui permet la prise en charge de nouveaux patients ». (Forces armées & Préfecture).

L’institut Pasteur a confirmé ce week-end une infection par le virus de la fièvre jaune sur le territoire guyanais. C’est le quatrième cas recensé en Guyane depuis 1967 et l’obligation de vaccination contre cette maladie.

Bref, quand des élus utilisent une tribune nationale comme le sénateur Georges Patient (71 ans, bientôt 40 ans de mandats) pour réclamer encore plus de moyens, il y a des noms d’oiseaux qui commencent à fuser çà et là… Quant à l’inénarrable président de la Collectivité territoriale de Guyane, R. Alexandre, qui fut tout à la fois socialiste de droite et sarkozyste de gauche, il demande, maintenant que la pandémie reflue, plus de… lits !