C’est le quatrième de l’année 2021…

Le parc Cocó, le plus grand espace vert urbain de la région, a subi la semaine dernière le plus grand incendie depuis sa création, avec 46 hectares détruits. La zone est convoitée par des entreprises de construction.

Mercredi de la semaine dernière, des flammes ont commencé à envahir la forêt basse et sèche sur les bords de l’avenue Raul Barbosa, près de l’aéroport de Fortaleza, dans l’État de Ceará. Il s’agissait des premiers signes de ce qui allait être confirmé quelques heures plus tard comme le plus grave incendie jamais enregistré dans le plus grand parc naturel urbain du Nord-Est, le Cocó. Une douzaine d’incendies se sont propagés sur un peu plus de 46 hectares. Le parc, situé dans une zone privilégiée de la ville et historiquement contesté dans un contexte de spéculation immobilière, s’étend sur 15 quartiers. En raison de l’incendie, plusieurs d’entre eux ont été plongés dans une épaisse fumée et couverts de cendres. Des avenues ont été fermées et deux lignes de bus ont vu leurs itinéraires modifiés. Les écoles ont interrompu les cours et renvoyé les élèves chez eux, et certains habitants des zones les plus touchées ont dû quitter leur domicile en raison de la difficulté à respirer. Six jours plus tard, toujours pas de retour à la normale.

À l’intérieur du parc, un corridor vert qui traverse la quasi-totalité de la capitale sur les rives de la rivière Cocó et dont l’écosystème est responsable de la régulation de la température et du microclimat de la ville, environ 70 pompiers, pompiers et volontaires ont travaillé pour maîtriser l’incendie pendant plus de trois jours ! Les pompiers ont dû agir rapidement pour empêcher le feu d’atteindre les zones résidentielles ou de progresser vers la zone forestière, plus proche de la mangrove et de la rivière où se développent une faune et une flore exceptionnelles et protégées.

Le parc, formé par une vaste forêt riveraine, des mangroves et des dunes, abrite en effet un des arbres indigènes et exotiques, ainsi que des centaines d’espèces animales, dont certaines sont menacées. « Le parc compte plus de 1 500 hectares d’espaces verts dans une ville qui en a déjà perdu entre 80 et 90 %. Cocó est le souffle environnemental de Fortaleza.

 Il est très hétérogène, avec des mangroves, des champs naturels ouverts et des palmeraies », explique au quotidien El País, Hugo Fernandes, biologiste et chercheur à l’Université d’État du Ceará (Uece). Le chercheur rappelle que le parc abrite au moins 146 espèces d’oiseaux, 12 mammifères et plus de 40 types de reptiles et d’amphibiens.

Pour l’instant, on ne sait pas encore exactement ce qui a provoqué l’incendie. « Chaque feu là-bas est criminel, car la loi sur l’environnement n’autorise pas l’utilisation du feu dans cette zone. Le feu ne peut être utilisé qu’avec un permis environnemental, qui n’était pas disponible », explique le secrétaire à l’environnement du Ceará, Artur Bruno. Au cours des sept dernières années, 45 incendies ont été enregistrés dans le parc, dont quatre en 2021. Généralement dus au brûlage d’ordures par les habitants des environs du parc ou à des incendies provoqués par la spéculation immobilière.

Selon le journal O Povo cet incendie pourrait être lié à des conflits entre factions criminelles. Selon le journal, une enquête préliminaire indique qu’un homme lié à la faction aurait propagé le feu le long de l’avenue Murilo Borges, près du parc, lors d’une confrontation entre des zones dominées par la criminalité dans la région. Le chef du Sema, qui suit les enquêtes, ne confirme pas cette hypothèse. « Il est encore trop tôt pour signaler quoi que ce soit, nous devons attendre les enquêtes », a-t-il déclaré.

Autour du parc, on a vu pousser de nombreux bâtiments ces dernières années. Certains des bâtiments ont des entrées pratiquement privées sur les sentiers du parc. Des avenues et des viaducs ont également été construits, empiétant sur une partie de l’espace vert, malgré les nombreuses protestations des écologistes, qui dénonçaient les impacts sur l’écosystème complexe de ses mangroves.

La spéculation immobilière est forte dans cette zone. Le secrétaire Artur Bruno affirme que des rondes hebdomadaires sont effectuées dans toute l’extension de Cocó pour éviter les occupations irrégulières.

Le parc dispose également de 30 kilomètres de clôtures pour limiter l’accès et a commencé à mettre en place des caméras de surveillance qui devraient garantir la sécurité de la population dans les zones de loisirs, ainsi que contribuer à contrôler les incendies. Le gouvernement de l’État informe également qu’il a engagé 19 pompiers temporaires pour travailler au second semestre, lorsque les incendies sont plus fréquents.

Sources (et photos) : El País, O povo, Globo