Rupture du barrage au Brésil : le bilan passe à 150 morts

Vale savait ! Des courriels le prouvent…

L’entreprise ne payait pas ses amendes

Au treizième jour de recherches, les pompiers ont précisé que 134 des 150 corps avaient été identifiés. La majorité des morts et disparus travaillaient dans la mine Corrego do Feijao appartenant au groupe Vale, et beaucoup étaient en train de déjeuner dans la cantine d’entreprise, une des premières structures touchées par la boue. « Les derniers corps que nous avons retrouvés étaient près du parking (de la mine de Vale), des vestiaires et de la station de traitement de minerais », a expliqué lors d’un point presse Pedro Aihara, porte-parole des pompiers.

De plus, une conséquence de cette catastrophe est non seulement la pollution, mais aussi la menace de maladies. En effet, désormais les habitants de la région dévastée sont désormais exposés à des risques élevés de dengue, fièvre jaune, maladies infectieuses et troubles psychiques, a averti un spécialiste de la Fondation brésilienne Oswaldo Cruz (Fiocruz). La fondation a installé une antenne sur place.

 Selon les médias brésiliens, l’entreprise Vale a reçu 19 amendes en 15 ans dans le Nordeste du pays et n’en a payé… aucune !

Toutes sont liés d’une manière ou d’une autre aux dommages causés à l’environnement par l’entreprise minière jugée responsable de l’effondrement du barrage de Brumadinho et de celui de Marina en 2015.

La facture s’élèverait à quasiment 10 000 000 US $ !

Les Brésiliens sont inquiets : 790 barrages miniers jalonnent le pays et les ONG dénoncent des lacunes dans le contrôle de ces installations.

On sait maintenant que la mine était considérée comme désactivée, mais qu’elle contenait toujours treize millions de mètres cubes de boue. Les autorités locales et fédérales ont, depuis trois ans, fermé les yeux sur le danger et une catastrophe annoncée selon tous les spécialistes. Quant au bureau d’étude soi-disant indépendant chargé des inspections de sécurité, on sait désormais qu’il ne travaillait que pour Vale.

Les élus locaux étaient naturellement au courant des dangers, mais voilà : dans le secteur, Vale rapporte 60 % des ressources fiscales !

Le groupe minier Vale, gestionnaire du barrage qui s’est rompu à Brumadinho dans l’État du Minas Gerais (désormais plus de 150 morts et 250 disparus), était au courant des problèmes que connaissait l’ouvrage… deux jours avant la tragédie ! selon la police fédérale.

Une catastrophe annoncé. Tout le monde savait !

Un échange d’e-mails entre les professionnels de Vale et deux entreprises chargées de la sécurité du barrage démontre que le groupe minier avait déjà identifié des problèmes de capteurs de la stabilité de la structure, précise le site d’information G1, en citant la police qui a formellement identifié les courriels.

Dans ces échanges en date du 23 au 24 janvier, les protagonistes faisaient référence à des données divergentes dans la lecture des piézomètres (instrument servant à mesurer la compressibilité des liquides), ainsi qu’à cinq piézomètres automatisés qui ne fonctionnaient plus.

 Après avoir lu ces e-mails, des ingénieurs de la société allemande TÜV SÜD et Tec Wise, dont certains ont été arrêtés puis relâchés dans le cadre de l’enquête sur ce drame, ont indiqué qu’ils avaient demandé l’évacuation des lieux et le déclenchement du Plan d’action d’urgence des barrages miniers. Sans que ni les dirigeants de l’entreprise ne réagissent ni d’ailleurs les autorités locales !