Brésil : Damares Alves, ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l’Homme, est accusée par les Indiens Kamayurá d’avoir enlevé une enfant du village il y a une quinzaine d’années

Damares Alves est une folle de Dieu homophobe et anti-avortement virulente. Elle est la seule femme du gouvernement Bolsonaro, ministre de la famille, de la femme et… des droits de l’Homme. Elle est connue pour ses prises de position souvent outrancières dans des discours si peu argumentés et construits qui font dire à beaucoup qu’elle est plutôt basse du front ! En dehors des cercles évangéliques conservateurs, elle était une illustre inconnue jusqu’à ce qu’elle devienne ministre contre toute attente.

Pasteur de l’Église de l’Évangile, elle a travaillé pour le député fédéral Arolde de Oliveira (PSD), dont le succès aux élections sénatoriales, en octobre 2018, était largement due au soutien du clan Bolsonaro. La ministre se dit avocate et experte en éducation, mais les journalistes qui enquêtent sur elle n’ont jamais trouvé trace de ses diplômes ! Pourtant, elle a été conseillère juridique au Congrès national pendant plus de 20 ans !

Damares Alves est partisane d’une « purge dans les écoles afin que la famille judéo-chrétienne » soit mieux défendue et promue !

Depuis quelques semaines ressort une affaire très embarrassante pour la nouvelle ministre : si elle prétend avoir adopté une enfant autochtone, elle est accusée par les Amérindiens d’avoir enlevé cette enfant maintenant âgée d’une vingtaine d’années.

Le magazine Época (équivalent de l’Express en France ou de Focus en Allemagne) sort un dossier étayé cette semaine. Ses journalistes (Natália Portinari et Vinicius Sassine) sont allés enquêter en territoire amérindien et ont rencontré la grand-mère de Lulu, la fillette en question.

Ils rapportent que les Indiens Xingu racontent le départ de la fillette, il y a 15 ans. « J’ai pleuré, et Lulu pleurait aussi d’avoir quitté sa grand-mère », déclare aujourd’hui l’octogénaire Tanumakaru, désignée dans le village comme « la vraie mère de Lulu ».

Le village de Kamayurá est situé au centre d’une réserve indienne dans le nord du Mato Grosso, il est le lieu de naissance de Kajutiti Lulu Kamayurá, 20 ans aujourd’hui (elle serait née en mai 1998). Damares la présente comme sa fille adoptive. L’adoption n’a toutefois jamais été légalisée. Les conditions dans lesquelles la fillette de 6 ans a été enlevée du village sont peu claires. Mais, selon diverses sources, il s’agit bien d’un enlèvement.

Si les conditions dans lesquelles la fillette aurait été enlevée sont floues, il y a néanmoins des faits certains : Damares et Márcia Suzuki, amie et actuelle bras droit de la ministre, se sont présentés un jour de 2004, comme des missionnaires dans le village. Ils ont dit s’inquiéter de la santé buccale de lulu et l’on embarquer pour, prétendirent-ils la conduire en ville et la faire consulter par un dentiste. Plus personne au village n’a revu la fillette.

Les deux journalistes d’Época ont pris contact avec la Ministre. Cette dernière a répondu très partiellement à leurs questions. Notamment elle n’a pas su expliquer pourquoi Lulu n’a jamais été renvoyée dans le village après la consultation. Elle n’a pas non plus expliqué pourquoi elle n’avait engagé aucune procédure légale d’adoption se bornant à affirmer que des membres de la famille de Lulu viennent parfois lui rendre visite à Brasília.

De son côté, plusieurs médias brésiliens, dont El Paìs, rappellent les propos racistes tenus par la ministre envers les Amérindiens. Allant même jusqu’à affirmer qu’elle avait sauvé Lulu d’un infanticide !