Les eaux de l’Oyapock et du Maroni particulièrement polluées par le mercure et les sédiments

L’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) tire la sonnette d’alarme à propos de la pollution au mercure due à l’orpaillage dans les eaux guyanaises. « Une étude menée dans un bassin guyanais où sont installées des mines d’or artisanales montre la présence de mercure liée à ces activités dans l’environnement, ainsi que l’imprégnation des poissons piscivores et des communautés natives qui s’en nourrissent », peut-on lire sur le site de l’Institut ICI. Les deux grands fleuves sont particulièrement affectés. Déjà en 2018, l’IRD pointait du doigt la situation préoccupante du Maroni (fleuve frontière avec le Surinam : « La concentration de particules de terre, ou sédiments, en suspension dans le Maroni a augmenté de façon spectaculaire depuis une décennie. Cela, à cause de l’activité minière aurifère accrue dans la région drainée par le fleuve et ses affluents », selon l’étude menée par Marjorie Gallay, ex-doctorante au Centre IRD de Cayenne, et Jean-Michel Martinez, directeur de recherche au laboratoire Géosciences environnement Toulouse. Et de préciser : « Le Maroni serpente sur 612 kilomètres au milieu de l’une des plus grandes forêts tropicales du monde. Crucial pour l’exceptionnelle biodiversité de cette région, ce cours d’eau permet aussi d’alimenter et de transporter les populations riveraines. Problème : il est en aval des mines d’or qui se sont multipliées dans l’intérieur des terres depuis les années 1990 ».

Martinique : Des farines de sarrasin contaminées retirées de la vente

Deux marques ont été retirées des commerces martiniquais par les services de l’État. Les farines de sarrasin complet bio Naturaline et Moulin des Moines. Elles sont suspectées d’être contaminées par la Datura, une plante toxique. Dans un communiqué, la DIECCTE [Direction Régionale des Entreprises de la Concurrence de la Consommation du travail et de l’emploi] de la Martinique met en garde les consommateurs. 

Côté frontière avec le Brésil, la situation de l’Oyapock [Oiapoque en portugais] n’est pas meilleure. « Entre mars 2010 et octobre 2013, les scientifiques ont effectué 46 prélèvements dans les sédiments, les sols et les eaux de surface. Ils ont aussi échantillonné 317 poissons et 111 cheveux humains parmi les populations Wayãpis et Teko, des communautés autochtones établies sur différents sites du bassin de l’Oyapock ». Une pollution qui atteint 70 %, dans les sédiments des criques orpaillées !

Dans le Maroni, les chercheurs ont analysé plusieurs centaines de mesures de concentration en sédiments recueillies entre 2001 et 2015. Certaines ont été récoltées par l’observatoire HyBAm 2 de l’IRD qui « mesure les paramètres physico-chimiques du Maroni tous les mois depuis 2004 », précise Jean-Michel Martinez ; d’autres, par Marjorie Gallay, « depuis une pirogue, et au niveau de 81 points sur le Maroni » ; et d’autres enfin, par les capteurs MODIS 3 des instruments de télédétection à bord des satellites Terra et Aqua de la NASA. L’augmentation des sédiments en suspension dans le Maroni est principalement liée à l’activité minière. « Or, le surplus de sédiments dans le Maroni diminue la transparence des eaux et pourrait, ainsi nuire à la survie des espèces peuplant le fleuve ».