Jean Wyllys menacé de mort quitte son mandat et la pays avec sa famille !

Un député gay représentant les personnes LGBT au Parlement brésilien a annoncé qu’il renonçait à son troisième mandat et quittait son pays en raison des nombreuses menaces reçues depuis l’élection du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Jean Wyllys, 44 ans, député de Rio de Janeiro, a expliqué dans un entretien accordé au quotidien Folha de São Paulo : « Ce n’est pas l’élection de Bolsonaro en elle-même » qui l’avait poussé à renoncer à son troisième mandat consécutif, mais le « niveau de violence qui a augmenté depuis l’élection » de cet ex-capitaine d’armée, qui a bénéficié d’un large soutien de la part des églises évangéliques ultra-conservatrices.

En novembre, après la victoire de Jair Bolsonaro, la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a demandé au Brésil qu’il prenne les mesures nécessaires pour protéger les droits, la vie et l’intégrité personnelle de Jean Wyllys et de sa famille. En avril 2016, pendant les débats au Parlement sur la destitution de l’ancienne présidente de gauche Dilma Rousseff, Jean Wyllys avait craché au visage de Jair Bolsonaro, à l’époque député, qui venait de faire l’éloge d’un tortionnaire notoire de l’époque de la dictature militaire (1964-1985).

 Jean Wyllys de Matos Santos, originaire de l’État de Bahia a mené une carrière de journaliste et de professeur d’Université. Il a été élu député fédéral de Rio de Janeiro à l’âge de 35 ans, en octobre 2009. Il anime épisodiquement un site internet ICI.

 Jean Wyllys, qui sera remplacé par son suppléant, est un des dix députés du PSOL, le parti auquel appartenait la conseillère municipale de Rio Marielle Franco, assassinée en 2018.