Il y a eu plus de morts par meurtres au Brésil que de victimes de guerre en Syrie 

Un homicide toutes les sept heures !

 

Au Brésil, les amateurs d’armes à feu se réjouissent de l’assouplissement des règles de détention d’armes à feu décidé par le président Jair Bolsonaro. Bon nombre de Brésiliens craignent que cette libéralisation de la possession d’armes à feu ne fasse augmenter le taux d’homicides élevé, explique Andres Schipani, correspondant du quotidien économique britannique Financial Times à Rio de Janeiro. Toutefois, la nouvelle loi sur la détention d’armes à feu ne bénéficie pas d’un soutien général. Selon une étude de l’institut de sondage Datafolha, six Brésiliens sur dix s’opposent à la libéralisation des lois sur les armes à feu. « Plus d’armes signifient plus de morts », a déclaré Renato Sérgio de Lima, directeur du Forum brésilien sur la sécurité publique, une organisation à but non lucratif. En 2016, près de 50 000 personnes ont été tuées au Brésil, contre 64 000 en 2017. Il s’agit pour la majorité d’homicides. Selon l’Institut de recherche économique appliquée, le nombre total de personnes tuées au cours de cette décennie dépassait largement le demi-million. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ce nombre dépasse le nombre de victimes de la guerre civile syrienne.

Un rapport intitulé Map of Violence a montré qu’entre 1980 et 2011, plus d’un million de personnes avaient été assassinées au Brésil ! Le rapport, réalisé par le centre d’études de l’Amérique latine, le Cebela, indique qu’au cours de cette période, il y aurait eu 1 145 208 homicides, soit une hausse de 132 %. Cela signifie que l’on compte 11,5 meurtres pour 100 000 habitants. Le taux d’homicide a augmenté particulièrement fortement pour la tranche d’âge de 14 à 25 ans, puisqu’on a enregistré une hausse de 326 %. Dans cette tranche d’âge, on compte 53 homicides pour 100 000 personnes. Ces trois dernières années, les choses ont été loin de s’arranger. Le nombre d’homicides a progressé de 3,7 % l’année dernière au Brésil pour s’établir à 63 880, soit plus de sept par heure, un niveau sans précédent dans le pays !

Une grande partie de ces crimes ont été commis dans les États du Nord-Est, les plus pauvres du pays.

Le Brésil devient ainsi l’un des 10 pays les plus violents au monde.