Venezuela : Maduro et les militaires refusent l’aide humanitaire, mais en envoient toujours à Cuba

Un navire de l’armée vénézuélienne est arrivé à La Havane pour livrer 100 tonnes d’aide humanitaire. L’île de Cuba a récemment été frappée par une tornade. Pendant ce temps l’armée bloque l’aide humanitaire à la frontière avec la Colombie.

Depuis Caracas, la vice-présidence du Venezuela pour le développement social avait annoncé le 1er février sur sa page Facebook l’envoi de cette aide humanitaire.

Le capitaine du navire, William Maldonado, a déclaré dans une vidéo diffusée sur le compte Twitter de l’ambassade que « le gouvernement, à travers le président Nicolas Maduro » lui avaient donné 48 heures pour préparer ce chargement d’aide.

L’ambassade du Venezuela à Cuba a par ailleurs annoncé l’ouverture dans ses locaux à La Havane d’un « livre de signatures contre l’ingérence du gouvernement américain ».

Face au blocage de l’aide humanitaire à la frontière, Juan Guaidò lance un appel aux militaires : « Nous savons que les forces armées ont un dilemme important, accepter cette aide ou non. Mais ça serait vraiment lamentable de leur part de ne pas l’accepter quand le peuple vénézuélien en a tellement besoin ». De son côté, Nicolás Maduro reste ferme sur ses positions. Dans une conférence de presse, il a réaffirmé que le Venezuela ne laissera pas entrer l’aide humanitaire internationale envoyée par plusieurs pays dont les États-Unis. Selon Nicolás Maduro son pays n’a pas besoin de cette aide. Pour lui, le seul moyen de soulager les difficultés rencontrées par les Vénézuéliens, c’est la levée des sanctions américaines. « Ce n’est pas une aide, c’est un message d’humiliation à un peuple. S’ils veulent aider, ils devraient lever toutes les sanctions économiques, la persécution financière, le blocus économique. Ils nous volent 10 milliards de dollars. Avec ces 10 milliards de dollars, nous pourrions largement garantir tout ce qui est nécessaire au peuple vénézuélien ».

Pour sa part, Juan Guaidò annonce « la formation d’un grand corps de volontaires » qui pourrait aller chercher les sacs de riz et les médicaments à la frontière pour les distribuer à la population.

 ONU

Les États-Unis ont proposé au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution sur le Venezuela, l’appelant à faciliter une aide humanitaire internationale et à s’engager vers un scrutin présidentiel. Aucune date n’a encore été avancée et les négociations se poursuivent. Selon une source diplomatique, si un scrutin est organisé, la Russie, qui soutient le président vénézuélien Nicolás Maduro, utilisera son droit de veto. D’ailleurs Moscou a proposé à ses 14 partenaires un texte alternatif à celui des États-Unis, toujours selon des sources diplomatiques.

Quant à la Chine, elle appelle à un règlement pacifique de la crise vénézuélienne. « La Chine soutient les efforts de la communauté internationale en faveur d’un règlement pacifique de la question de Venezuela et espère que toutes les parties continueront à jouer un rôle constructif », a déclaré vendredi Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

L’Uruguay et le Mexique ont annoncé la mise en place d’une plate-forme de dialogue (mécanisme de Montevideo) pour permettre aux protagonistes vénézuéliens en conflit de se rapprocher d’une solution négociée. La première réunion du mécanisme a été tenue en Uruguay.