Le Brésil dit non aux États-Unis d’utiliser son territoire pour lancer une attaque contre Nicolás Maduro

 Des routiers brésiliens bloqués au Venezuela

 Répression à la frontière brésilienne

 

Le Brésil n’autorisera pas les États-Unis à lancer à partir de son territoire une intervention militaire au Venezuela, a averti ce lundi (25/02) le vice-président brésilien, le général à la retraite Hamilton Mourão.

Interrogé par la chaîne câblée Globo News à Bogota, où se déroulait une réunion du Groupe de Lima consacré à la crise vénézuélienne, il a ajouté que le Brésil ferait tout son possible pour éviter un conflit avec le Venezuela voisin.

Guaidò demande au Groupe de Lima, — qui réunit entre autres pays le Brésil, la Colombie, le Canada, le Mexique, mais pas les États-Unis — d’envisager toutes les options, y compris une intervention, pour évincer le chef de l’État en exercice Nicolás Maduro.

Le président américain Donald Trump n’a pas exclu une intervention par la force pour chasser Maduro du pouvoir.

Chauffeurs routiers bloqués au Venezuela

Conséquence inattendue de la fermeture de la frontière entre le Venezuela et le Brésil, un groupe de 32 chauffeurs routiers brésiliens est retenu au Venezuela sans pouvoir rentrer au Brésil en raison de la fermeture de la frontière, a rapporté lundi la Coopérative des transporteurs de marchandises autonomes du Nord (Coopertan).

Le ministère des affaires étrangères brésilien et les dirigeants de la Cooptan sont d’accord pour demander aux chauffeurs de ne pas se lancer à leurs risques et périls dans une traversée par des chemins clandestins. Ils demandent aux camionneurs de prendre leur mal en patience. De leur côté, ils négocient avec la Garde nationale bolivarienne.

La Coopertan leur a fait apporter de la nourriture par des personnes capables de traverser les deux pays par des routes clandestines. Ce sont les mêmes voies empruntées par les Vénézuéliens qui veulent fuir au Brésil.

 L’homme d’affaires Wolney Vieira, propriétaire d’un des camions de l’autre côté de la frontière, a pu apporter du café et du pain au groupe lundi matin.

 La plupart de ces routiers sont très proches de la frontière entre les deux pays, mais ils ne peuvent pas entrer au Brésil car le passage est interdit aux véhicules et aux piétons. Ces camions avaient déjà livré la cargaison au Venezuela et devaient rentrer dans le pays au moment du blocus. Seules quelques ambulances ont pu passer.

Des négociations n’ont rien donné. Les camionneurs se sont même vu refuser l’entrée à pied au Brésil par la BR 144.

Des touristes brésiliens ont eux aussi été empêchés de rentrer chez eux. Il s’agit d’un groupe de 31 touristes brésiliens qui se trouvaient à Monte Roraima au Venezuela. Ils ont eu plus de chance que les routiers, car l’Itamaraty (le Ministère des Affaires étrangères brésilien a négocié pied à pied directement, semble-t-il, avec Caracas. Ils ont donc ont traverser la frontière menant au Brésil, dans la nuit de dimanche à lundi. Au Brésil, les touristes ont été accueillis par l’armée, qui a procédé à une inspection médicale et a nourri tout le monde.

Répression contre les Amérindiens

C’est dans ce secteur qu’a eu lieu plusieurs accrochages et que plusieurs personnes, sans que l’on sache exactement combien ont été tués par la Garde bolivarienne. Les répression contre les Pemóns a continué toute la journée de ce lundi (25/02). Les Pemóns constituent un groupe d’Amérindien d’environ 6000 personnes réparties dans le sud du Venezuela, au Brésil et au Guyana.

Depuis vendredi, Santa Elena (voir carte de Google) est devenue l’épicentre d’une sévère répression de la part du régime bolivarien ont constaté des journalistes notamment de El Paìs.

Les versions divergent quant au nombre de victimes. Le député de l’opposition Américo de Grazia, issu de l’ethnie des Pemóns, et leader de leur cause, affirme beaucoup plus que quatre ou cinq morts. Il n’est pas le seul à l’affirmer. « J’ai des informations confirmées, provenant de sources totalement fiables, selon lesquelles qu’au fort militaire d’El Escamoto il y avait 15 corps » 15 tués par balles conséquence de l’entrée des chars de la Garde nationale dans le centre de la petite ville. Plusieurs caciques autochtones se sont réfugiés dans la jungle côté brésilien.