La justice brésilienne s’oppose à Bolsonaro en défense des Amérindiens

Jusqu’à quand la justice pourra-t-elle arrêter les délires du président d’extrême droite brésilien ? En tout cas, la Cour suprême du Brésil, plus exactement le TSF (Tribunal supérieur fédéral) a tranché : elle casse la décision de Jair Bolsonaro de transférer des compétences foncières jusqu’alors dévolues à une fondation protectrice des indigènes (FUNAÏ), au ministère de l’Agriculture, défenseur des intérêts de l’industrie agroalimentaire.

 Les dix juges du Tribunal fédéral suprême ont considéré que les parlementaires brésiliens avaient déjà rejeté ce décret.

« Pour ce qui fait loi, le dernier mot revient au Congrès », a déclaré le juge Luis Roberto Barroso, qui avait déjà ordonné en juin la suspension provisoire du décret portant sur un transfert des compétences dans la délimitation des terres indigènes.

Le président Jair Bolsonaro s’est plusieurs fois exprimé en faveur d’un nouveau découpage des terres indigènes plus favorable à l’agrobusiness.

 L’assassinat d’un chef amérindien

Cette décision du TSF survient quelques jours après la mort du chef indigène Emyra Waiapi retrouvé dans une rivière, au nord du Brésil dans le nord-est du pays. Les membres de la tribu Waiapi dénoncent un assassinat.

 

Un chef indigène, Emyra Waiapi, a été tué lors de l’invasion par une cinquantaine de mineurs, des « garimpeiros », lourdement armés, du village de Mariry, dans l’État d’Amapa (nord), situé à 200 kilomètres de la frontière avec la Guyane française.

Cette affaire connaît un écho international. Parmi les nombreuses réactions, la haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Michelle Bachelet s’est élevée contre « la politique proposée par le gouvernement brésilien ».

Les Waiapi vivent dans une zone reculée de l’Amazonie riche en or, manganèse, fer et cuivre. En ouvrant « davantage de zones de l’Amazonie à l’exploitation minière », cela risque « de conduire à des incidents violents, des intimidations et des meurtres comme celui dont a été victime le peuple waiapi la semaine dernière », a-t-elle expliqué.

Les indigènes et les organisations de défense des droits humains se plaignent d’une multiplication des conflits dus à des envahissements de leurs terres ces derniers mois.