Brésil : Bolsonaro s’attaque aux finances de la presse écrite

Une dictature se dessine désormais au Brésil. Dernière mesure en date de Jair Bolsonaro : un décret menace de porter un coup important aux finances de la presse écrite. Le président d’extrême droite souhaite se venger des « attaques » des médias à son encontre avec cette mesure à effet immédiat.

Le décret présidentiel, publié mardi 6 août au Journal officiel, exempte les entreprises cotées en Bourse de l’obligation de publier leurs résultats en achetant des espaces publicitaires dans la presse écrite. Ces espaces occupent de nombreuses pages et constituent une source notable de revenus pour de nombreux journaux brésiliens.

 « Je leur ai rendu la monnaie de leur pièce »

Le décret est une « mesure provisoire », ce qui signifie qu’il est à effet immédiat, mais que son application définitive doit être soumise prochainement à l’approbation du Parlement.

« J’ai été élu président malgré les attaques de presque tous les médias, qui m’ont traité de raciste, de fasciste… Avec ce décret, je leur ai rendu la monnaie de leur pièce », a déclaré celui que l’opposition de gauche, mais aussi de centre droit) appelle le clown Bozo.

Le quotidien Valor Econômico en ligne de mire

Dans son discours, M. Bolsonaro a ciblé nommément le quotidien économique Valor Econômico. « J’espère que Valor Econômico survivra au décret provisoire, je l’espère », a déclaré le président en riant. Selon M. Bolsonaro, le quotidien l’a attaqué pendant la campagne électorale de 2018 après qu’il lui a accordé deux interviews. Valor Econômico affirme en revanche que, malgré des demandes insistantes de sa part, M. Bolsonaro ne lui a donné aucune interview pendant la campagne, souligne RFI.

Par ailleurs, Valor Econômico a publié un reportage sur Carlos Bolsonaro, fils et conseiller du président, qui a critiqué et insulté le quotidien sur son compte Twitter et a défendu le décret provisoire, déclarant qu’il « favorise l’économie ».

L’Association nationale des journalistes a affirmé dans un communiqué que le nouveau décret « va à l’encontre de la transparence des informations exigées par la société ».