Un nouveau rapport accuse Airbus

 

Des familles de victimes du crash du Rio-Paris (le 1ᵉʳ juin 2009) ont remis à la justice un rapport inédit qui démontrerait qu’Airbus avait connaissance depuis 2004 des faiblesses de ses sondes de vitesse, point de départ de la catastrophe, a-t-on appris dimanche auprès de l’association, confirmant une information du Parisien.

Depuis 10 ans, Danièle Lamy, une mère de famille dont le fils a péri dans le crash du Rio-Paris en juin 2009, se bat pour obtenir un procès. L’association qu’elle préside vient de révéler un rapport qui pointe du doigt la responsabilité des sondes Pitot, utilisées par Airbus sur l’appareil qui s’est écrasé.

Dix ans après le crash du vol AF447 et la mort des 228 personnes, ce rapport a été transmis le 8 août aux juges d’instruction qui doivent rendre prochainement une décision sur la tenue ou non d’un procès pour Air France et Airbus. Rappel :  le 12 juillet dernier, au grand dam des parties civiles, le parquet de Paris a demandé aux magistrats de renvoyer uniquement la compagnie aérienne devant le tribunal correctionnel et de prononcer un non-lieu pour le constructeur.

Ce rapport, consulté par l’AFP, a été réalisé en novembre 2004 pour le compte de Thalès, fabricant des sondes Pitot qui équipaient les avions d’Airbus. La nuit du crash, le givrage de ces petits tubes métalliques placés sur la carlingue avait en effet conduit à un dérèglement des mesures de vitesse et désorienté les pilotes jusqu’au décrochage de l’appareil.

Le rapport est un comparatif de dégradation entre une sonde Goodrich et une sonde Thalès cumulant chacune rapporte Le Parisien « environ 10.000 heures de vol ». La première est « peu dégradée » tandis que la seconde présente une « corrosion catastrophique » selon l’expert, qui recommande d’en modifier la conception.

« C’est comme s’il manquait l’arme du crime. »

« Airbus, qui participe à la certification de ses équipements, ne pouvait pas ignorer cet avertissement », estime Danièle Lamy, présidente de l’association Entraide et Solidarité AF447.

Si Airbus devait échapper à un procès, il ne pourrait s’agir que d’une “décision politique” visant à protéger les intérêts économiques de l’avionneur européen, estime Danièle Lamy. Et de rappeler que les sondes Pitot de l’Airbus A330 – “les armes du crime” – ne figurent même pas parmi les pièces du dossier d’instruction (La République du Centre).

« Notre objectif n’est pas faire condamner Airbus et Air France, ça c’est la justice qui tranchera. Mais il y a au dossier des rapports qui les mettent en cause, il faut au moins qu’ils viennent s’expliquer devant le tribunal, ajoute-t-elle. Airbus semble intouchable, c’est politique, mais j’espère que les juges auront assez de courage »

Le vol AF447 du 31 mai 2009 était un vol régulier assuré par la compagnie Air France entre l’aéroport international Antônio Carlos Jobim de Rio de Janeiro et l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en région parisienne.

Au moment de sa disparition, l’avion se situait au-dessus de l’océan Atlantique. Les organismes du contrôle aérien n’ont plus eu de nouvelles de l’avion après 1 h 35 min 53 s UTC5, heure à laquelle le vol a établi son dernier contact avec le centre de contrôle de Recife (Brésil).

Quant aux magistrats ils ont estimé que la cause directe de la catastrophe est une erreur de pilotage. D’où leur non-lieu rendu ce jeudi (05/09) en faveur d’Air France et Airbus.