Après Dorian, Humberto purrait achever les Bahamas

Après Dorian, la tempête Humberto souffle sur les Bahamas

« Humberto va probablement apporter des vents de force tropicale et de lourdes pluies sur une partie du nord-ouest des Bahamas », a prévenu le Centre national des ouragans (NHC) américain, en appelant la population à suivre les recommandations des autorités locales.

Quasi stationnaire, la tempête tropicale se trouvait samedi matin à 45 kilomètres de l’île de Grand Abaco, dévastée par le passage de Dorian il y a près de deux semaines. Celui-ci a fait au moins 52 morts dans l’archipel selon un bilan encore provisoire. 

Avec des vents soufflant à 85 km/heure et des précipitations attendues de 15 centimètres, cette tempête toutefois pourrait-être moins dangereuse que Dorian, dont les vents ont atteint jusqu’à 295 km/h. Mais elle pourrait mettre à terre les bâtiments déjà fragilisés et perturber la distribution de l’aide. Autrement dit « achever » les Bahamas…

Le Programme alimentaire mondial, qui participe à l’effort international, a suspendu ses vols vers Marsh Harbour, la ville principale d’Abaco, à cause de la tempête, a indiqué un porte-parole du PAM.

Plus de 2 000 habitants d’Abaco et de Grand Bahama sont encore hébergés dans des refuges et les autorités cherchent toujours à localiser 1 300 personnes, a précisé Carl Smith. 

Le bilan officiel de l’ouragan devrait encore augmenter à mesure que les corps retrouvés lors des recherches sont identifiés, ont indiqué les autorités.

Les équipes internationales de recherches font face à des défis logistiques sans précédent, avec des zones difficiles d’accès et un nombre important de personnes déplacées ou sans documents d’identité, a souligné l’Agence fédérale américaine des situations d’urgence.

Donald Trump ne veut pas de gens très mauvais sur son territoire !

L’aide accordée aux Bahamas par les États-Unis est éclipsée par la polémique générée par le président américain, qui craint une arrivée massive de trafiquants. Interrogées par la chaîne locale, la compagnie qui affrète le ferry et les douanes américaines se rejetaient la faute, ces dernières assurant qu’aucun ordre gouvernemental n’avait été donné. Mais quelques heures plus tard, le président américain Donald Trump lâchait devant des journalistes à la Maison Blanche que les États-Unis devaient « faire attention aux personnes venues des Bahamas qu’ils accueillent sur leur territoire. Tout le monde devra avoir les bons papiers (…) Les Bahamas ont énormément de problèmes de personnes qui (…) ne sont pas censées être là. Je ne veux pas permettre à ces gens qui n’étaient pas censés être aux Bahamas de venir aux États-Unis, notamment les gens très méchants, des membres de gangs et des trafiquants très méchants…»

On leur a annoncé qu’ils devaient rester là, car ils n’avaient pas de visa pour rejoindre les États-Unis, alors qu’ils avaient un passeport et la preuve que leur casier judiciaire est vide, ce qui habituellement est suffisant. Les services américains ont ensuite dit qu’il s’agissait d’une erreur, qu’ils auraient pu prendre le bateau, et d’ailleurs 1500 autres Bahaméens ont pu débarquer en Floride.