Guyane : la lutte contre la drogue a failli passer par la… scientologie

France : « L’impossible prohibition »

Uruguay : légalisation sous conditions

En Guyane, sous couvert de lutte contre le fléau de la drogue une secte tente de s’implanter avec le soutien (désormais plus ou moins discrètement démenti) d’élus dont un sénateur proche du PCF et du Parti de Gauche, Gabriel Serville et la maire de Cayenne, Marie-Laure Phinéra Horth, fille d’un ancien Président du Conseil Général de la Guyane. Une radio locale a passé plusieurs jours à faire la promotion de la secte dite « église de scientologie ».

Mais au-delà de la confusion des genres, on peut se demander quel est l’intérêt d’une telle démarche sinon de mystifier le grand public guyanais confronté tous les jours aux dégâts effrayants des drogues, du crack notamment (un dérivé de piètre qualité et très toxique de la cocaïne). Fort heureusement, quelques lanceurs d’alerte se sont mobilisés notamment sur les réseaux sociaux (voir particulièrement @jerstaa et @GuyaneActu, @twk973, @Le_SurferD…)

S’il est vrai que la lutte contre le trafic de drogue demande bien plus que deux affichettes, un local et une soi-disant ambassadrice [de charme] d’on ne sait plus de quelle organisation en tout cas pas de l’ONU [sic !] comme certains l’ont prétendu, il doit surtout relever d’une volonté politique.

À ce sujet, les élus guyanais et les autorités préfectorales seraient bien inspirés en se rendant à Montevideo. L’Uruguay a en effet légalisé le cannabis.

Naturellement, la Guyane ne peut seule, sans l’aval de Paris, légaliser les drogues douces. Mais ses élus peuvent faire remonter les conclusions d’une éventuelle étude jusqu’aux ministères de la Santé et de l’Intérieur.

Alors qu’en est-il en Uruguay ?

D’abord réfractaires, les Uruguayens sont désormais favorables à la légalisation du cannabis et à sa vente, au bénéfice de l’État, dans les pharmacies. Les experts soulignent son impact potentiel sur le commerce illicite.

Selon Monitor Cannabis, une équipe d’universitaires qui étudie la mise en pratique de la loi, « après la mise en place de la réglementation, l’évolution de la consommation de cannabis montre une augmentation qui n’est pas spectaculaire par rapport à la tendance » générale, à la hausse depuis le début des années 2000. Autrement dit, la consommation augmente en Uruguay et a continué de progresser après la mise en place de la loi, mais sans connaître d’accélération. L’évolution principale vient du fait que, depuis l’entrée en vigueur de la législation, il est possible d’avoir des statistiques provenant du marché officiel, soulignait un journaliste du Point en octobre 2018.

Le cannabis est en vente dans de petits sachets fermés de 5 grammes, à 1,40 US$ environ le gramme. Chaque consommateur, obligatoirement enregistré, peut acheter 40 grammes par mois.

Ce prix abordable est très important, car au Colorado par exemple, les tarifs pratiqués dans les boutiques légales sont trop élevés et beaucoup de pauvres continuent de s’approvisionner dans la rue.

De nouveaux moyens pour la lutte contre le trafic de drogues dures

Il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions définitives de cette légalisation au pays de Mujica [c’est lui qui a légalisé quand il était président de 2010 à 2015]. Mais une des conséquences immédiates appréciées par la police est que ce système a permis de dégager de nouveaux moyens en termes de temps et de matériel. Tout cela mis à profit pour lutter de façon plus efficace contre les gros bonnets de la drogue dure.

Quant à la vie quotidienne, je suis allé trois ou quatre fois en Uruguay ces trois dernières années. Premier constat : peu de SDF camés, quasiment pas de zombies défoncés dans les rues de Montevideo comme à Cayenne ou comme dans la ville voisine (de l’autre côté de l’estuaire), Buenos Aires capitale de l’Argentine. Deuxième constat : très peu de consommateurs dans les rues ou les lieux publics en tout cas en semaine. On aperçoit seulement les vendredis et samedis des petites files devant certaines pharmacies.

Une campagne est lancée en Uruguay : « Réglementer, c’est être responsable », qui vise, dans le cadre de la loi, à informer le public sur « les risques, les effets et les potentiels dommages [pour la santé] de la consommation de cannabis ».

 

 


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