Nicolás Maduro à Moscou

Le président de l’Assemblée nationale constituante à Pyongyang

 

Nicolás Maduro a été reçu au Kremlin par Vladimir Poutine qui lui a renouvelé son soutien. « La Russie soutient tous les organes légitimes du pouvoir au Venezuela », a déclaré le président russe qui a aussi souligné la nécessité d’un dialogue avec l’opposition. « Tout refus du dialogue est pour nous irrationnel, néfaste pour le pays et dangereux pour le bien-être de la population. »

Le soutien russe se traduit notamment par la livraison de denrées alimentaires à titre humanitaire. La coopération militaire, elle, s’exprime, selon le Kremlin, « avant tout à travers les engagements de la Russie pour l’entretien de l’équipement acquis par le Venezuela ».

Les deux parties évoquent de potentiels partenariats dans les domaines énergétique et médical. D’ailleurs, le bureau européen du groupe pétrolier public vénézuélien PDVSA a été symboliquement transféré de Lisbonne à Moscou. PDVSA ne survit que grâce à la perfusion de ses acheteurs russes ou chinois, elle ne peut plus payer ce qu’elle doit à ses partenaires étrangers, qui doivent déprécier leurs avoirs au Venezuela (Halliburton, Schlumberger), quand ils ne menacent pas comme l’Américain Conoco de saisir les cargaisons de brut ou la filiale de raffinage de la société vénézuélienne (Citgo) aux États-Unis. Ces derniers ont diminué leurs achats, mais paradoxalement restent le premier client du pétrole vénézuélien (30 %).

Maduro fondait beaucoup d’espoir sur cette visite et espérait une visite en grande pompe. Finalement, même s’il a pu démontrer le soutien de la Russie, il a dû écouter les remontrances du président russe. Vladimir Poutine a en effet répété son souhait qu’une solution négociée avec tous les partis soit trouvée pour sortir du conflit politique qui secoue le Venezuela depuis plus de neuf mois. Aucun accord commercial ou dans le domaine de la défense n’a été scellé. Cette rencontre a tout de même permis à Nicolás Maduro d’obtenir les garanties concernant les accords de coopération qui courent entre les deux pays jusqu’en 2020.

Diosdado Cabello, le numéro deux du régime vénézuélien était quant à lui à Pyongyang, en Corée du Nord, pour apporter un message de Nicolas Maduro à Kim Jong-un. Mais il n’a pas pu rencontrer le dirigeant nord-coréen. Diosdado Cabello (président de l’Assemblée nationale constituante depuis le 19 juin 2018), a été reçu par son homologue, le numéro deux du régime nord-coréen. Les médias vénézuéliens et américains s’interrogent sur les véritables motifs de ce déplacement. El Nuevo Herald, quotidien en langue espagnole de l’État de la Floride, explique qu’il pourrait s’y être rendu afin de découvrir les techniques employées par la Corée du Nord pour contourner les sanctions américaines.