Le pseudo ministre de l’Environnement brésilien en tournée en Europe

 Entre fake news, approximations et incompétence

 Personne ne veut le rencontrer officiellement

 

Raillé dans son propre pays pour son arrogance et son incompétence, le ministre brésilien de l’Environnement, Ricardo Salles, a entamé une tournée en Europe afin de « clarifier » la politique environnementale de son gouvernement. Le Brésil est particulièrement critiqué après les incendies en Amazonie. La déforestation y a quasiment doublé depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en janvier 2019.

Après avoir assisté à l’Assemblée générale de l’ONU à New York, où Jair Bolsonaro a défendu la souveraineté brésilienne en Amazonie et critiqué le président Macron, Ricardo Salles a démarré sa tournée par Paris, où il rencontre des « investisseurs » (Total, EDF, Engie…) et des médias, avant de se rendre en Allemagne puis au Royaume-Uni. Aucune entrevue officielle n’est prévue. Ou plutôt, pour l’instant, aucun ministre ne souhaite le rencontrer.

 En Amazonie, la déforestation a doublé

« Nous voulons clarifier les choses, apporter des données complètes, car ces derniers mois, beaucoup d’informations sur les incendies en Amazonie étaient imprécises », a-t-il affirmé.

La déforestation en Amazonie a quasiment doublé depuis l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro il y a dix mois, par rapport à la même période l’année précédente, mais pour Ricardo Salles, il faut regarder « tout l’historique des données » depuis 2004-2005, période où « la déforestation atteignait le triple d’aujourd’hui, avant de décliner, puis de remonter, année après année, à partir de 2012 ». Ce qui, au passage, est totalement faux !

« Nous devons nous concentrer sur les origines de cette hausse », essentiellement liée selon lui à « la déforestation illégale, que nous devons combattre ». Et la protection de l’Amazonie passe avant tout, à ses yeux, par une « stratégie économique » visant un « développement durable » qui implique la population amazonienne. Bolsonaro fait exactement le contraire !

Il est l’objet d’une enquête depuis 2017 pour… violation des lois environnementales !

Ricardo Salles, qui, depuis 2017, fait l’objet d’une enquête menée par les procureurs de l’État de São Paulo pour violation des lois environnementales, a affirmé que le Brésil resterait dans l’accord de Paris sur le climat de 2015. « Le Brésil va tenir ses engagements concernant les contributions déterminées au niveau national. Nous avançons bien sur les énergies renouvelables, les émissions d’électricité, la reforestation […], contrairement à d’autres pays qui ont critiqué le Brésil », a-t-il plaidé.

Il a rappelé les « relations historiques et fortes » entre la France et le Brésil

Interrogé sur les accusations de « colonialisme » portées devant l’ONU par Jair Bolsonaro, implicitement à l’encontre de la France, M. Salles a rappelé, sur un ton apaisé, les « relations historiques et fortes » entre la France et le Brésil, notamment « en termes d’investissement ».

 Des militants écologistes ont manifesté devant la résidence de l’ambassadeur du Brésil pour dénoncer « la tournée de promotion du gouvernement brésilien », ainsi que « la complicité du gouvernement et des entreprises comme Total, qui a toujours la volonté de développer davantage de projets destructeurs au Brésil ».

« En démocratie nous devons être ouverts à différentes opinions », a simplement rétorqué Ricardo Salles.

En 2006, Salles a cofondé le Movimento Endireita Brasil (littéralement « Mouvement pour le Brésil » sur un jeu de mots pour « Devenir un Brésil plus droitier »).

Il est accusé d’avoir modifié le plan de gestion d’une zone protégée de la rivière Tietê dans le but de favoriser le secteur économique. Il fait également l’objet d’une enquête pour inconduite administrative pour avoir ordonné le retrait du buste de Carlos Lamarca du parc national du Rio Turvo à São Paulo, alors qu’il était secrétaire d’État à l’environnement.

En dépit des déclarations critiques du président élu Bolsonaro sur l’accord de Paris, Salles a défendu le fait que le Brésil devrait rester dans l’accord, tout en ajoutant que le pays « devait être autorisé à conserver son autonomie lors de la prise de décisions environnementales ».

Les dessins sont signés Iotti

Carlos Henrique Iotti est un célèbre caricaturiste brésilien né en 1964. Il est internationalement connu pour son personnage Radicci.