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Présidentielle: La société civile appelle à une grève de 24 heures

Crédits illustrations:

Euronews, RTBF/AFP, Expresso.pt

Dernière heure: le vice-président du tribunal électoral a donné se démission mardi (22/10).

Mise à jour le 23/10 à 11:10 (15:10 à Paris):

Evo Morales affirme qu’un «coup d’Etat» est en cours

Le président bolivien Evo Morales  dénonce la grève générale lancée dans son pays à l’appel de l’opposition en la comparant à un «coup d’État», dans sa première déclaration publique depuis le scrutin de dimanche. «Un processus de coup d’État est en cours», a-t-il déclaré devant la presse. Il s’est dit totalement certain d’avoir remporté l’élection présidentielle de dimanche, dont le dépouillement fait polémique.

En attendant, le décompte des voix n’est toujours pas terminé, et les derniers résultats partiels donnent toujours Evo Morales gagnant au premier tour. Des soupçons de fraude pèsent sur le processus électoral. 

Les résultats provisoires de la présidentielle bolivienne ont provoqué de violents heurts entre la police et les forces de l’ordre dans plusieurs grandes villes du pays. Ils donnent le président sortant Evo Morales vainqueur dès le premier tour, après une suspension inexplicable du décompte dimanche soir. Fernando Camacho a appelé à une grève de 24 heures ce mardi 22 octobre.

« Nous commençons à bloquer le pays à midi (16h TU) », a déclaré lundi 21 octobre au soir devant les manifestants Fernando Camacho, le président du Comité Pro-Santa-Cruz, la plus grande ville du pays (Est).Lundi, de violents incidents ont éclaté dans toute la Bolivie : à Potosi et à Sucre, dans le Sud, des partisans de l’opposition ont mis le feu aux tribunaux électoraux. À La Paz, la capitale, il y a eu des heurts avec la police ; dans l’Ouest, à Oruro, le local de campagne du parti au pouvoir a été saccagé au cri de « Fraude, fraude ! »Dimanche soir, le décompte de la présidentielle avait été suspendu sans explication alors que plus 80% des bulletins avaient déjà été dépouillés. Ils donnaient le président sortant Evo Morales en tête, mais avec moins de dix points d’écart sur le second, Carlos Mesa, ce qui normalement conduit à un second tour.Quand le décompte a repris le lendemain (lundi), Evo Morales avait soudain plus de dix points d’avance, avec une victoire qui semble donc assurée dès le premier tour.

L’opposant Carlos Mesa accuse Evo Morales de collusion avec le Tribunal suprême électoral et rejette ces résultats. De leur côté, les observateurs de l’Organisation des États américains se sont dit très surpris devant ce changement de tendance, et ont appelé au calme.

Evo Morales, 59 ans, Chef de file du Mouvement vers le socialisme (MAS) a été élu président pour la première fois en décembre 2005 (avec prise de fonction en janvier 2006). En 2016, il a perdu un référendum constitutionnel devant lui permettre de briguer un quatrième mandat présidentiel, mais une décision du Tribunal constitutionnel, passant outre ce référendum, l’y autorise.