Troubles sociaux au Chili : « nous sommes en guerre », affirme le président Piñera

Au moins une quinzaine de personnes ont été tuées dans la région de Santiago au cours du week-end dernier. La conséquence d’incendies et de pillages qui ont par ailleurs coûté des millions de dollars à l’économie locale. Une partie de la population, usée par les inégalités sociales, est dans la rue depuis une semaine.

« J’écris pendant un couvre-feu. Nous sommes en 2019 et j’écris pendant un couvre-feu ».

 Les mots du journaliste Daniel Matamala sur le site de CNN Chile reflètent le choc vécu par nombre de ses compatriotes ce week-end puisque, explique-t-il dans son édito, ils sont « d’une autre époque, d’un Chili que nous pensions avoir laissé pour toujours. La dernière fois que l’armée a surveillé Santiago lors d’un couvre-feu, c’était en 1987 ».

Le couvre-feu a été maintenu pour la nuit de dimanche à lundi. La mesure a été annoncée par le général Javier Iturriaga, responsable de la défense de la région métropolitaine. « Je suis convaincu que c’est ce qu’il faut faire pour protéger la vie des gens, protéger la grande majorité des citoyens qui veulent vivre dans la paix et la normalité », a-t-il souligné dans des propos rapportés par la chaîne Canal 13. Depuis l’état d’urgence décrété vendredi par le président Sebastián Piñera, l’armée est chargée du maintien de l’ordre public à Santiago et dans au moins quatre autres régions du pays.

 « Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne », a assuré dimanche soir le dirigeant chilien. « Nous avons fait un effort gigantesque pour que la journée de lundi soit la plus normale possible », a-t-il ajouté.

La Folha de São Paulo s’étonne qu’une telle éruption sociale ait pu se produire dans un pays dont les chiffres économiques dépassent largement ceux de ses voisins de la région. « Mon Dieu, le Chili aussi », s’exclame Brian Winter, un expert de l’Amérique latine, dans le Washington Post. En fait, le problème du « modèle chilien » c’est que les réformes libérales de ces dernières années n’ont pas réduit les inégalités sociales, écrit le journal. Le salaire moyen reste élevé par rapport aux autres pays de la région, mais le coût de la vie ne cesse d’augmenter. Et les dépenses pour l’éducation et la santé aussi.

Les mouvements sociaux gagnent d’autres pays d’Amérique latine (Équateur, Bolivie, Argentine). Selon le spécialiste Brian Winter, le boom des années 2000 a créé des attentes que les gouvernements latino-américains ne peuvent plus satisfaire. Le mécontentement à l’égard des dirigeants de droite pourrait profiter à la gauche, estime Brian Winter dans le Washington Post.

Mise à jour le 23 octobre:

Le président du Chili a proposé cette nuit plusieurs mesures, dont une augmentation de 20% du minimum retraite et le gel des tarifs de l’électricité. Piñera a par ailleurs totalement changé de ton, reconnaissant ne pas avoir anticipé l’explosion sociale due à l’augmentation du prix des transports publics. Dimanche, il déclarait que le Chili était «en guerre contre un ennemi puissant»«Je reconnais ce manque de vision et je demande pardon à mes compatriotes», a-t-il déclaré.

Bilan macabre: Selon le Parquet, quatre personnes ont été tuées par des tirs des forces de l’ordre et onze sont mortes dans des incendies et des pillages, principalement de centres commerciaux.


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