Jair Bolsonaro mentionné dans l’enquête sur l’assassinat de Marielle Franco pique une crise !

Dans l’enquête sur l’assassinat de Marielle Franco (conseillère municipale de Rio de Janeiro, le journal télévisé de Globo a cité le nom du président brésilien, Jair Bolsonaro. Ce dernier a vivement nié toute implication et s’en est pris au groupe médiatique ainsi qu’à un ancien allié politique avec violence : « Merde ! […] Putain ! […] Pourritures ! Enfoirés sans scrupule ! […] C’est une vraie saloperie, une saloperie ! »

Ironie : ce groupe médiatique privé [Globo] a largement contribué aux fake news concernant Lula et soutenu la destitution de Dilma Rousseff. Pour nombre d’observateurs, il a ainsi favorisé l’élection du président d’extrême droite.

Pour la première fois depuis l’assassinat de la conseillère municipale de gauche Marielle Franco, à Rio de Janeiro l’an dernier, le nom du président brésilien Jair Bolsonaro a été mentionné dans l’affaire.

Le journal national du groupe Globo a diffusé un reportage, mardi 29 octobre, révélant le contenu de la déposition du concierge du condominium de luxe où vivait alors par intermittence le futur chef d’État, à cette époque député à Brasília et candidat à la présidentielle. Selon cette déposition, l’homme soupçonné d’avoir conduit le véhicule d’où sont partis les tirs, des rafales de mitraillette, ayant mortellement touché la conseillère municipale et son chauffeur, le 14 mars 2018, se serait rendu dans cette résidence quelques heures avant le crime. La chaîne privée révélait donc que le nom du chef de l’État serait cité dans l’enquête de la police portant sur le meurtre. Jusqu’à présent étaient cités les fils Bolsonaro, mais jamais le président.

Elcio de Queiroz, l’un des suspects de l’assassinat, se serait rendu ce même 14 mars, quelques heures avant le crime, dans la résidence où vivait M. Bolsonaro, à Rio de Janeiro. Ce dernier aurait alors indiqué souhaiter se rendre à la villa « 58 » — celle précisément où habitait l’actuel chef de l’État, alors député depuis plus de 27 ans. 

Depuis l’Arabie Saoudite, où il est en déplacement officiel, l’actuel président brésilien n’a pas tardé à réagir. Dans une vidéo publiée sur Facebook, puis dans une interview accordée à la chaîne TV Record, il a nié toute implication dans l’affaire et a vivement attaqué le groupe Globo, accusé de vouloir déstabiliser son gouvernement : « Pourquoi veulent-ils me détruire ? ! […] Toi, TV Globo, tout le temps tu as fait un enfer de ma vie, merde ! Maintenant ils me lient à la mort de Marielle ! […] Qu’est-ce que vous voulez faire ? Détruire le Brésil ? ! […] Si le Brésil rate, tout le monde va finir dans l’espace ! ».

Le parquet de Rio de Janeiro a en tout cas démenti, mercredi, le témoignage du portier, cité par Globo, expliquant que ce dernier aurait « menti ».

Toutefois, « Ce n’est pas la première fois que la famille présidentielle est impliquée dans l’enchevêtrement lié à l’enquête » sur l’assassinat de Marielle Franco et de son chauffeur, indique Globo. Ronie Lessa vivait ainsi dans le même condominium que la famille Bolsonaro. Quant à Elcio de Queiroz, il avait posé sur une photo aux côtés du président brésilien.

Par ailleurs, les enquêteurs soupçonnent le Bureau du crime, bras armé de milices paramilitaires contrôlant plusieurs quartiers de Rio, d’avoir ordonné l’assassinat. Ils s’intéressent en particulier à l’un de ses membres, l’ancien policier Adriano Nobrega, qui avait reçu les hommages officiels, en 2004, du fils aîné du président, Flavio Bolsonaro, alors député de l’État de Rio. Ce dernier avait par ailleurs employé pendant plusieurs années la femme et la mère d’Adriano Nobrega dans son cabinet, et ce jusqu’au second semestre 2018. Pour El País Brasil, l’affaire risque bien de se transformer en une crise politique.

Déjà que le Parti social-libéral [PSL, parti du président] en proie à de graves luttes internes, est menacée d’implosion (Lire ailleurs sur ce site). Le président a d’ailleurs été forcé cette semaine de présenter des excuses auprès de la Cour suprême [TSF, Tribunal supérieur fédéral] après avoir partagé sur Twitter une vidéo comparant la plus haute institution du pays à une « hyène ».

En tout cas « Le fantôme du cas Marielle Franco est revenu rôder avec force autour de la famille présidentielle, comme il le fait de manière cyclique depuis le début du mandat » de Bolsonaro, observe un éditorialiste de Folha de São Paulo. Et l’auteur d’ajouter : « Le simple fait que le nom du président soit [présent] dans une enquête retentissante comme celle-ci et que la Cour suprême doit se positionner sur le cas est déjà plutôt politiquement mauvais pour le pouvoir ».

 

Lire également sur le site : Meurtre de Marielle Franco : le commissaire qui a résolu une grande partie de l’affaire révèle des liens entre un des tueurs et la famille Bolsonaro. Il est écarté du dossier


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