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Le ministère public fédéral demande la suspension de la nomination d’un pasteur à la tête de la FUNAI

La nomination d’un pasteur évangélique à la tête de l’agence de protection des Amérindiens (la FUNAI) avait soulevé l’indignation chez les écologistes, mais aussi chez tous celles et ceux que le sort des peuples premiers amazoniens préoccupe depuis l’élection de Bolsonaro.

Le ministère public fédéral demande officiellement la suspension de la nomination du missionnaire Ricardo Lopes Dias au poste de coordinateur général des Indiens isolés de la Fundação Nacional do Índio (Funai). Il vient d’entamer une action civile dans cette perspective.

Ricardo Lopes Dias est lié à la Mission des nouvelles tribus du Brésil, où il a travaillé pendant dix ans pour établir des contacts forcés et évangéliser des peuples isolés. L’action du MPF met en évidence la menace de génocide et d’ethnocide contre les peuples autochtones isolés, les conflits d’intérêts, l’incompatibilité technique et le risque de régression dans la politique de non-contact adoptée par le Brésil depuis les années 80 à l’égard de ces peuples.

Les procureurs soulignent que Dias est un personnage ayant des liens profonds « avec une organisation dont le but est de renforcer les relations avec les peuples autochtones, de préférence les isolés et ceux de contact récent, des relations dépendantes favorables à la propagation de la foi, représentant un mouvement assimilationnisme ».

Dias travaille dans la région amazonienne depuis août 1997, dans le but d’évangéliser les peuples de la région. L’expérience est racontée dans une thèse farfelue présentée à l’Université de São Paulo (USP) en 2015.