Des parlementaires manœuvrent pour réduire les zones de réserve environnementale dans les États du Roraima et de l’Amapá

Les écologistes craignent une déforestation accrue

Un lobby agit sur les bancs des assemblées parlementaires du Roraima et de l’Amapá. Ils sont relayés au Congrès national et ont réussi à faire voter une mesure provisoire qui pourrait réduire les zones de conservation obligatoires, appelées réserves légales, dans les zones rurales des deux États. Ces zones protégées verraient leur surface diminuer d’au moins 50 %. Ce changement, selon les producteurs ruraux, augmenterait de manière significative les surfaces d’exploitation. Pour les environnementalistes et les juristes, si elle est mise en œuvre, elle augmentera la déforestation dans la région amazonienne, qui est déjà en pleine extension, et pourrait créer un précédent pour que d’autres États de l’Amazonie demandent la réduction de leurs zones préservées. Le projet de loi, nommé MP 901/2019, devrait être soumis au vote de la Chambre dans les prochaines semaines, puis adopté par le Sénat.

Le changement dans le domaine des réserves légales dans les deux États a été inséré dans un texte signé par le président Jair Bolsonaro qui visait à officialiser la donation de terres de l’Union aux deux États. Il n’a pas spécifiquement abordé la réduction de la zone de réserve, bien que le gouvernement Bolsonaro soit favorable à ce débat. Cette réserve est le nom technique de la zone dans laquelle la forêt indigène doit être préservée dans les exploitations et les exploitations agricoles, instituée par le Code forestier de 2012.

Écologistes contre ruralistes

La question génère un affrontement intense entre les écologistes et les ruralistes. D’un côté, il y a ceux qui disent que la mesure encouragera la déforestation rampante. L’année dernière, la déforestation en Amazonie a augmenté de 30 %. D’un autre côté, il y a ceux qui défendent que, sans une extension de la zone destinée aux activités économiques, il est difficile pour les États de se développer.

Le rapporteur de la proposition, le producteur rural et député fédéral Édio Lopes (PL-RR), estime que ces changements doivent être apportés pour aider l’économie locale. « Nous ne demandons pas la fin du monde, nous ne prêchons pas l’apocalypse, le chaos. Nous prêchons le droit constitutionnel de ces États de survivre économiquement ».

L’une des lacunes relevées par les experts dans la rédaction de la mesure provisoire est lorsque les biomes ne sont plus traités, pour débattre de la préservation des zones dans certains États. La législation nationale prévoit que dans le biome amazonien, deux hectares sur dix peuvent être explorés, les huit autres doivent être préservés.

Les huit autres États dotés d’un biome amazonien peuvent également demander des modifications localisées. Du coup, le Mato Grosso, par exemple, va demander la même mesure craignent les écologistes et les juristes.