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Le FMI l’affirme : La dette de l’Argentine n’est pas soutenable

 

L’organisation internationale estime aujourd’hui que la dette de l’Argentine n’est pas soutenable, dans un communiqué. Elle en appelle à la contribution des détenteurs d’obligations pour « aider à restaurer la soutenabilité de la dette ». Le pays a besoin que les créanciers contribuent à la rendre supportable, a le Fonds monétaire international (FMI) qui vient d’entamer une mission à Buenos Aires. En effet une équipe du Fonds monétaire international est arrivée en Argentine hier. Elle doit discuter des conditions d’une restructuration du prêt de 44 milliards accordé au pays en 2018. Le discours du président argentin, Alberto Fernández (centre gauche au pouvoir seulement depuis trois mois) est « Pour payer, nous devons d’abord croître ».

Le FMI estime que l’excédent primaire (hors paiement de la dette) qui serait nécessaire à l’État argentin pour faire à ces obligations et relancer la croissance n’est « ni politiquement ni économiquement faisable ». La dette argentine représente plus de 311 milliards de dollars, soit plus de 90 % du PIB. Devant une telle situation, le FMI entend donner un coup de pouce au nouveau président. En fait, cette déclaration, inattendue, répond aux attentes d’Alberto Fernández qui, avant même de prendre ses fonctions le 10 décembre dernier, avait prévenu que pour surmonter la crise, un calendrier des échéances ne serait pas suffisant sans envisager un retrait de capital et d’intérêts. Le FMI a demandé à l’Argentine « une opération de dette définitive », c’est une restructuration complète qui permet, une fois pour toutes, d’équilibrer les comptes argentins et de rendre durable tout plan de paiement à venir.

« Les autorités argentines s’efforcent de remédier à la situation économique et sociale difficile à laquelle le pays est confronté. Elles ont mis en œuvre un ensemble de politiques pour faire face à l’augmentation de la pauvreté, tout en prenant des mesures pour stabiliser l’économie », ajoute le Fonds, qui estime toutefois que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire l’inflation.

L’Argentine avait remboursé la totalité de sa dette envers le FMI en 2006. Mais le gouvernement du libéral Mauricio Macri (2015-2019) a contracté en 2018 le plus gros prêt de l’histoire du Fonds pour 57 milliards de dollars, dont 44 milliards ont déjà été versés. La monnaie locale (le peso) s’est dépréciée de plus 40 %.

Les Argentins préfèrent maintenant retirer aux distributeurs des dollars américains quand cela est possible.

D’ailleurs, désormais, la plupart des prix (notamment ceux de l’électroménager, de l’informatique ou des automobiles sont exprimés en US $.

La situation effraie les investisseurs. Par exemple, Eramet a annoncé mercredi soir [19/02] avoir reporté un projet de mine de lithium dans le pays, en raison des incertitudes concernant la situation économique et réglementaire du pays. Le groupe minier devait prendre une décision définitive sur ce projet dont la phase d’études préliminaires avait été engagée l’an dernier, avec comme objectif un démarrage fin 2021 de la production de lithium, un métal très utilisé pour les batteries des véhicules électriques.