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Brésil 

Il y a 50 ans : la force publique et la garde civile sont unifiées et la police militaire est créée le 9 avril 1970

 

L’organisation de la police au Brésil paraît complexe vue de l’extérieur. Pourtant, elle est à peu près similaire à bien des démocraties fédérales. Il y a bien sûr la police fédérale. Le FBI brésilien. Si le DPF (Departamento de Polícia Federal) n’a pas le prestige de son homologue américain véhiculé par le cinéma et les séries, il n’en est pas moins une police efficace bien équipée avec des jeunes d’une moyenne d’âge d’à peine 35 ans en relation constante avec les grandes polices mondiales, dont Interpol.

Ensuite, chaque État a sa police. La police civile chargée des enquêtes et des procédures et la police militaire chargée du maintien de l’ordre, de la prévention et de la répression. Certaines grandes villes ont une police municipale.

Arrêtons-nous sur cet étrange vocable : Police militaire

La PM brésilienne actuelle a été créée il y a très exactement 50 ans. Le 9 avril 1970 en pleine dictature et dans sa période la plus répressive (les années de plomb). Ce fut le décret-loi pris par le gouverneur Roberto Costa de Abreu Sodré. Avant cette date, il y avait une Guarda Civil et une Força Publica. C’est à São Paulo que pour la première fois ces deux entités furent regroupées en une seule : la police militaire. Les autres États (la main forcée par le président Medici) suivront rapidement. Les polices militaires font partie aujourd’hui de la sécurité publique et sociale brésilienne, et également, du système national de défense, comme troupes de réserve et forces auxiliaires de l’armée de terre.

Les polices militaires, si elles dépendent donc des États, sont toutefois sujettes à des inspections et à des ordres de coordination par l’Inspetoria Geral das Policias Militares (IGPM). Il s’agit dans les faits d’un organe militaire de commandement de l’armée de terre brésilienne, chargée de coordonner et mener des activités de contrôle sur les polices et pompiers militaires des États.

Dans des situations de troubles graves de l’ordre public qui dépassent la capacité de l’État, les gouverneurs peuvent demander l’assistance du gouvernement fédéral qui a alors recours à unité militaire appelée Força Nacional de Segurança Pública — FNSP (Force Nationale de Sécurité Publique). Cette force est souvent intervenue ces derniers mois dans les favelas de Rio de Janeiro.

Le terme militaire induit parfois en erreur

La PM est distincte des polices des forces armées, qui ont d’autres noms au Brésil : Polícia Naval (marine), Polícia do Exército (armée de terre), et Polícia da Aeronautica (force aérienne).

La police militaire, ces hommes en armes avec gilet pare-balles même quand il fait 35° à l’ombre, a souvent mauvaise réputation, surtout dans les métropoles. Elle est considérée comme beaucoup trop répressive, préférant tirer dans le tas et interroger ensuite. Depuis quelques années de nombreuses voix s’élèvent pour demander sa dissolution et revenir à une force publique unifiée. Nombreux sont les intellectuels à y voir une survivance de la dictature et de ses années les plus sombres.