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Covid-19

Le Brésil est le premier pays en termes de décès quotidiens

 

Le Brésil est désormais consolidé comme le pays ayant le plus grand nombre de décès par jour au monde, dépassant les États-Unis et la Russie, qui occupaient cette position jusqu’à dimanche. Selon les scientifiques et, notamment, l’Université de São Paulo, il y aurait au Brésil entre 4 et 5 millions de cas avérés et sans doute plus de 350 000 morts. Si aux États-Unis, les chiffres commencent à baisser, ce n’est pas du tout le cas au Brésil. Rien que lundi, il y aurait eu plus de 15 000 décès supplémentaires (en 24 heures).

L’échec partiel du confinement, le déficit de tests et la position négationniste des dirigeants politiques au niveau fédéral sont signalés par les experts comme des facteurs conduisant à l’aggravation de la situation dans le pays. Il faut aussi ajouter le manque d’infrastructures et les distances entre les points de santé. En ceci les Amazoniens sont particulièrement touchés.

De l’avis de Mario Scheffer, professeur à la faculté de médecine de l’Universidade São Paulo (USP), le pays a atteint ce niveau en raison de l’échec de la distance sociale et du manque de tests pour identifier les personnes infectées. « Un réseau de tests n’a pas été structuré pour détecter et isoler les individus symptomatiques (…) Trois mois après la déclaration de l’urgence nationale, le réseau de soins intensifs et de soutien aux cas graves est toujours improvisé et trop insuffisant ».

Un virologue revient au pays pour aider

Le virologue Rômulo Neris, de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), a travaillé à l’Université de Californie comme chercheur invité jusqu’à la semaine dernière. Mais il a décidé de retourner au Brésil pour travailler avec le groupe de travail contre le Covid-19 (Grupo Covid-19 Brasil). L’expert dit que les deux pays ont montré des trajectoires similaires au début de la confrontation avec la pandémie, mais se sont par la suite distancés. « Au début de la pandémie, les deux pays (USA et Brésil) avaient un déficit de capacité d’examens, mais les États-Unis ont réussi à l’augmenter. Ils ont acquis des masques et des masques respiratoires, dans certains cas même de façon discutable. Le Brésil continue de présenter un déficit de capacité d’examens au point de ne pas pouvoir faire de pronostics sur l’épidémie », dit-il.

L’épidémiologiste Paulo Lotufo voit également des similitudes entre les États-Unis et le Brésil : « Le Brésil, les États-Unis et d’autres pays qui ont pris des mesures fondées sur la volonté politique du gouvernement, minimisant les effets de la pandémie, échouent. « Le déni des présidents (Donald Trump et Jair Bolsonaro) et le retard dans l’adoption de la quarantaine sont similaires dans les deux pays. Il y avait un système privé fragmenté et ici, un SUS (Système unique de santé) mis au rebut ». Après que les États-Unis soient devenus l’épicentre mondial du virus, Trump a changé d’attitude. Il a négocié un paquet financier avec le Congrès pour sauver l’économie et étendu les restrictions. Au Brésil, Bolsonaro critique la quarantaine ! La façon dont la maladie s’est propagée était similaire dans les deux territoires, explique Márcio Bittencourt, maître en santé publique et médecin à l’hôpital universitaire de l’USP. « Au Brésil, nous avons des flambées séparées et indépendantes qui se produisent en parallèle. Aux États-Unis, nous avons eu une épidémie à Seattle, près d’un mois avant New York. Ensuite, nous avons eu La Nouvelle-Orléans et Chicago ». Il se passerait la même chose au Brésil. Désormais, le défi brésilien est de ralentir la progression de la maladie, selon les médecins. « En l’absence de vaccin, la plupart des alternatives pour tenter de contrôler la propagation du virus sont liées à l’isolement ».