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Encore un leader autochtone qui appelle à l’aide dans la plus grande réserve du Brésil

Alors que le coronavirus se propage dans l’ensemble des terres indigènes du Brésil, tuant jusqu’à présent au moins 40 personnes, deux premiers décès dus à la COVID-19 ont été enregistrés cette semaine dans la région de Xingu, l’une des plus grandes réserves du monde.

Les deux décès se sont produits dans le groupe indigène Kayapo, qui a signalé un total de 22 cas de virus. Le chef de la communauté, Megaron, a déclaré à l’Associated Press (in New York Times) qu’il souhaitait que le président Jair Bolsonaro et d’autres responsables empêchent les bûcherons, les mineurs et les pêcheurs d’entrer illégalement sur le territoire. Des incursions qui, selon lui, ont accéléré la propagation du virus.

Bolsonaro a encouragé le développement économique en Amazonie, sans se préoccuper des peuples autochtones. Même si l’agence d’État de la protection des indigènes, la FUNAI, a rendu une ordonnance à la mi-mars interdisant l’accès à ces terres en raison du virus, cette activité de quasi-destruction de la forêt se poursuit sans relâche. Des informations parues dans les médias brésiliens indiquent que des missionnaires, des agents de santé, des bûcherons et des mineurs ont importé le virus dans ces régions.

« Il y a des gens qui profitent de cette maladie pour envahir les terres indigènes », a déclaré Megaron.

La réserve de Xingu couvre, plus de 2 600 000 hectares au milieu du Brésil et abrite 14 groupes ethniques.

Megaron est le neveu du célèbre écologiste et chef Raoni Metuktire. Il a déclaré au New York Times : « C’est l’obligation du gouvernement de prendre soin de nos terres, de notre communauté, de nous apporter de l’aide et des soins, encore plus maintenant parce que cette maladie tue beaucoup de gens. Notre demande est d’être isolés dans notre village jusqu’à ce que le gouvernement ou le ministère de la Santé dise qu’il n’y a plus de COVID-19 », a-t-il déclaré.

Plutôt 150 morts que 40…

Une vidéo obtenue par AP contient des images datées de lundi dernier (25/05) montrant une douzaine d’hommes autochtones bloquant l’entrée d’un village de Kayapo.

Alors que le gouvernement répertorie 40 décès par coronavirus d’indigènes à l’intérieur des réserves, des militants affirment qu’en réalité il y a plus de 150 décès.

Bolsonaro est un critique sévère des groupes écologistes et des organisations à but non lucratif qui travaillent avec les peuples autochtones. Il soutient également qu’il y a eu une réaction excessive au coronavirus et plaide contre les blocages ordonnés par les autorités locales, affirmant que les perturbations économiques de la crise tueront plus que le virus.

Le ministre de l’Environnement, Ricardo Salles, un allié clé du lobby agro-industriel du pays, a affirmé lors d’une réunion inter-ministérielle que Bolsonaro agissait pour faire passer la déréglementation des politiques environnementales en profitant des désordres causés par la pandémie.

Voir sur ce site : Déforestation record en Amazonie et Un juge a démis de ses fonctions un missionnaire controversé placé comme haut fonctionnaire à la FUNAI