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Le Surinam va-t-il enfin tourner la page Bouterse ?

 

Le Surinam est un petit pays frontalier avec la Guyane française sur le fleuve Maroni. C’est une ancienne colonie hollandaise indépendante depuis le 25 novembre 1975. Quatre ans plus tard, à la suite d’un coup d’État du sergent Desiré Bouterse, une dictature militaire est mise en place. La répression est violente se manifestant notamment le 8 décembre 1982, lors de l’assassinat de quinze opposants au régime militaire. Les Pays-Bas cessent alors le versement de l’aide au développement. Ce Bouterse aura marqué les 40 dernières années du pays. Il vient de perdre les élections législatives et, désormais, il risque la prison ou l’extradition aux Pays-Bas ou aux États-Unis. Mais à Paramaribo on a l’habitude des coups tordus et bien malin qui peut prédire ce qu’il va réellement arriver dans les prochaines semaines. Pour l’instant, ce qui est certain est que l’opposition est majoritaire.

Le parti adverse au président sortant dirigé par Chan Santokhi remporte donc ces élections. En fait, il s’agit d’une coalition, le VHP emmené par Chan Santokhi, ancien ministre de la justice et de l’intérieur. Bouterse (74 ans) avait démissionné en 1988 après une révolte menée par un de ses gardes du corps qui avait déclenché une guerre civile meurtrière de 1986 à 1992.

Desi Bouterse, condamné aux Pays-Bas et aux États-Unis pour trafic de drogue aurait même participé à des hold-up au Brésil réussit à se maintenir au pouvoir jusqu’à un intermède démocratique. On lui reproche également un massacre. Celui des quinze principaux opposants au régime militaire au fort Zeelandia, en décembre 1982. Après le retour d’un gouvernement démocratique, dirigé successivement par Ronald Venetiaan et Jules Wijdenbosch, il perd l’élection présidentielle de mai 1996, face à Jules Wijdenbosch. Le slogan de son parti le NDP était : « Leti a Faya », soit en français « allumez la lumière ». c’est à la faveur des élections législatives du 25 mai 2010 qu’il revient au pouvoir.

En politique étrangère, Dési Bouterse menait une politique de non-alignement et tissait des liens avec Cuba, la Libye et les sandinistes du Nicaragua. Les Américains et les Hollandais avaient coupé leurs aides au Surinam.

En mars 2015, son fils Dino Bouterse a été condamné à seize ans de prison par un tribunal de New York, après avoir plaidé coupable de trafic d’armes et de cocaïne et pour avoir voulu installer un camp d’entrainement du Hezbollah au Suriname.

Un nouveau gouvernement doit prendre ses fonctions dans les trois mois.

RFI a consacré un excellent reportage sur Bouterse et le Surinam.