Sélectionner une page

Venezuela

Pétrole iranien

Paiements en or massif… stocké à Londres

Les gangs à la manœuvre et la Colombie voisine en alerte

 

Téhéran a envoyé 5 pétroliers au Venezuela pour y livrer des produits raffinés en particulier de l’essence. Le premier tanker est arrivé à destination le 24 mai, ensuite est arrivé quelques jours plus tard le second. Les trois autres pétroliers iraniens devraient suivre dans les prochains jours. Les 5 navires achemineront au total 1,53 million de barils de produits pétroliers et des pièces pour des raffineries à moitié hors d’usage. Malgré d’énormes ressources de pétrole brut et une capacité de raffinage de 1,3 million de barils par jour, le Venezuela souffre d’une grave pénurie d’essence. Après des années de mauvaise gestion et de sous investissement, les infrastructures vénézuéliennes pétrolières sont dégradées. Grâce aux pièces envoyées par l’Iran, le pays pourrait toutefois faire remonter le niveau de traitement de brut dans ses raffineries à 215 000 barils par jour en mai contre 110 000 en mars. C’est une bouffée d’oxygène que le gouvernement de Nicolás Maduro promet avec l’arrivée de ces pétroliers iraniens. Mais il semble qu’elle sera de courte durée. Selon Paula Vasquez, chargé de recherches au CNRS, ces livraisons de carburant iranien ne sauraient résoudre la grave crise énergétique que traverse le Venezuela. « C’est un soulagement très temporaire. Avant, lorsque le Venezuela raffinait son pétrole et produisait son essence, rien que la raffinerie de Paraguana produisait un million de barils par jour, affirme la chercheuse. Ce qui veut dire que le Venezuela, il y a 20 ans, était en capacité de produire en un jour ce qu’un navire emmène », RFI.

Par ailleurs, la situation économique du pays est tellement dégradée que le Venezuela en est réduit à payer avec son or les médicaments et la nourriture dont les gens ont un besoin urgent. Mais il y a un problème : les réserves d’or du Venezuela sont détenues, à hauteur de 31 tonnes, selon Reuters, par… la Banque d’Angleterre.

Les gangs armés s’affrontent pour imposer leur président

Les affrontements entre partisans de Wilexis, pro-Guaidò, et ceux de Gusano, pro-Maduro, auraient fait une cinquantaine de morts en 20 jours. Dans les bidonvilles, les bandes armées s’affrontent régulièrement, mais ces affrontements ont pris un tour politique. Entre les partisans de Wilexis et ceux de Gusano, la guerre est déclarée depuis le début du mois de mai. Le premier se revendique de l’opposant Juan Guaidò, président de l’Assemblée nationale et président intérimaire autoproclamé du Venezuela. Le second a déclaré allégeance à Nicolas Maduro, président du Venezuela élu lors d’élections contestées. On dénombrerait de 50 à 60 morts lors d’affrontements qui terrifient la population. Tout cela sur fond de lutte contre le narcotrafic international. En effet, les États-Unis et la Colombie ont annoncé l’envoi de forces spéciales américaines en Colombie. Selon un communiqué conjoint, ces unités doivent conseiller les forces colombiennes dans des opérations de lutte contre le narcotrafic qui vise le régime de Nicolás Maduro. Washington accuse le président vénézuélien de collusion avec des barons de la drogue. L’opposition colombienne accuse le gouvernement d’Ivan Duque de faire le jeu des États-Unis et de vouloir renverser le régime de Maduro.

Pendant ce temps-là, l’Espagne et plusieurs pays d’Amérique latine se mobilisent pour aider les milliers de réfugiés vénézuéliens qui fuient le pays de Maduro. La mobilisation se déroule sous l’égide de l’Union européenne qui tente d’organiser une conférence des donateurs. Le Canada quant à lui, accordera 27 millions de dollars pour aider les réfugiés vénézuéliens. Ils seraient cinq à six millions à avoir quitté le Venezuela.