Sélectionner une page

Oiapoque : la maire soupçonnée de corruption en profitant de la crise sanitaire

La corruption au Brésil est un fléau. Les médias en parlent tous les jours. On évoque souvent tel ou tel gouverneur, d’un ou plusieurs ministres, même de juges. Mais la corruption est surtout le fait des petits élus. Des maires, des conseillers municipaux, du petit flic de base. La corruption, c’est aussi dans les entreprises. Même les plus petites. D’ailleurs, beaucoup ne sont même pas conscients d’abus quotidien de biens sociaux quand tel employé utilise sa voiture de service pour aller faire ses courses ou utiliser le mobilier municipal ou de la boîte sans en référer à quiconque pour les besoins d’une petite fête en famille.

Elle est finalement démise de ses fonctions !

Elle avait tenté de se justifier face à la police fédérale et à la fronde des conseillers municipaux. Mais ça n’a pas pris. Ce mercredi (24/06) la maire de la petite ville frontière entre le Brésil et la Guyane a été démise de ses fonctions avec interdiction de mettre les pieds à la mairie et d’entrer en contact avec les fonctionnaires municipaux et les conseillers. La nouvelle a fait l’objet d’un reportage au journal national de la mi-journée sur la chaîne la plus regardée, la Globo. Maria Orlanda Marques a été démise de ses fonctions par une ordonnance du tribunal fédéral. Une opération de la police fédérale dénommée, opération Panacéea lancée dans l’Amapá avait mis à jour des détournements de matériels médicaux par Maria Marques et son fils.

Maria Orlanda Marques est un cas. Pathologique. Normalement, elle est sous le coup d’une mesure fédérale d’inégalité. Normalement. Elle a toujours volé. Il y a quelques années, alors que simple conseillère municipale, elle détournait des milliers de litres de carburants de la centrale électrique ! elle et son fils (ah la famille !) sont sous le coup de plusieurs inculpations pour des détournements de fonds publics et des attributions abusives de marchés publics à des fins personnelles.

Elle n’est pas la seule, depuis samedi, des perquisitions sont en cours aux domiciles et dans les bureaux de huit élus et fonctionnaires d’Oiapoque. Une trentaine d’agents de la DPF sont sur la brèche. Selon eux, plusieurs tests, masques et de tabliers à usage hospitalier ont été saisis. Ces détournements seraient en partie directement liés à la situation de manque et d’insuffisance en matériel pour lutter contre la Covid-19, dont souffrent les services médicaux d’Oiapoque.

Les fédéraux ont baptisé leur opération à Oiapoque et à Macapá « Opération Panacea ».

Parmi les sites perquisitionnés figurent la résidence de la maire Maria Orlanda (PSDB), dans le quartier de Fazendinha à Oiapoque, petite ville frontalière avec la Guyane et très touchée par la pandémie et la maison de son fils, Igor Garcia, à Macapá. Le siège de la mairie et le secrétariat municipal à la santé ont également été la cible de mandats d’investigation.

On vient également d’apprendreque la mère et le fils avaient même utilisé des ambulances et d’autres véhicules de la mairie à des fins personnelles. Les agents fédéraux sont toujours à Oiapoque.

La police fédérale a confirmé que la version présentée par la mairie selon laquelle une partie des tests et des équipements saisis le 14 juin, dans la première phase de l’opération et d’une valeur de 6 000 R $, avait été oubliée par une équipe du Centre de recherche épidémiologique de l’Université Fédéral de Pelotas, qui travaille avec des ressources du ministère de la Santé était totalement erronée.

Les conseillers municipaux s’étaient rapidement désolidarisés de la maire qui a déjà une très mauvaise réputation pour avoir déjà été dans l’œil de la justice.

Images: Police fédérale