Les sondages, qui sont pratiquement considĂ©rĂ©s comme des produits de contrebande dans le pays, refont surface après la chute de Maduro. Ces derniers mois, cependant, de nouvelles donnĂ©es ont commencĂ© Ă voir le jour. Et ce qu’elles rĂ©vèlent, c’est que les VĂ©nĂ©zuĂ©liens oscillent aujourd’hui entre un espoir qui n’avait jamais connu une telle envolĂ©e auparavant et une mĂ©fiance qui ne cède pas.Â
Les chiffres ne sont pas comparables et varient selon les instituts de sondage, mais ils font ressortir certaines tendances communes. Ă€ savoir que MarĂa Corina Machado (opposition) reste la leader incontestĂ©e, quel que soit le sondage. Que la prĂ©sidente Delcy RodrĂguez ne bĂ©nĂ©ficie pas de la confiance de la majorité de ses concitoyens, mĂŞme si un tiers des VĂ©nĂ©zuĂ©liens approuve encore son action. Et que les États-Unis et Donald Trump ont atteint une popularitĂ© sans prĂ©cĂ©dent dans un pays qui a passĂ© deux dĂ©cennies Ă entendre que l’impĂ©rialisme Ă©tait l’ennemi. Les VĂ©nĂ©zuĂ©liens veulent un changement, mais ils accordent Ă©galement la prioritĂ© Ă la rĂ©solution de leur prĂ©caritĂ© Ă©conomique.
Six VĂ©nĂ©zuĂ©liens sur dix pensent que leur situation s’amĂ©liorera Ă court terme. Et dans le mĂŞme temps, près de six sur dix jugent nĂ©gativement leurs conditions de vie actuelles, selon le sondage Datanalisis rĂ©alisĂ© fin avril, une enquĂŞte privĂ©e Ă laquelle EL PAĂŤS a eu partiellement accès. Selon ce sondage, l’Ă©motion la plus frĂ©quemment citĂ©e reste l’espoir, avec 40 %, devant la frustration et l’anxiĂ©tĂ©. Mais la pression Ă©conomique ne faiblit pas : l’inflation, la dĂ©valuation et les bas salaires concentrent près de 80 % des rĂ©ponses lorsqu’on demande quel est le problème le plus urgent. « L’Ă©conomie n’est pas un problème parmi d’autres, c’est le prisme Ă travers lequel les VĂ©nĂ©zuĂ©liens interprètent tout le reste », affirme Luis Vicente LeĂłn, directeur de Datanalisis.
Au Venezuela, les sondages sont gĂ©nĂ©ralement des commandes privĂ©es qui circulent entre les entreprises, les fonds d’investissement et les ambassades, qui paient pour savoir oĂą ils en sont. La plupart ne sont pas publiĂ©s dans les journaux.






