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Brésil: Des criminels portés au pouvoir par des abrutis !

À moins d’un coup de théâtre inespéré, retour à la dictature fasciste au Brésil

 

     Selon la presse brésilienne, plusieurs universités fédérales publiques, au moins 27 sur 35 ont fait l’objet d’interventions policières pour faire retirer des affiches et des banderoles anti-Bolsonaro. À la faculté de droit de l’Université fédérale de l’État de Rio (UFF), la justice électorale locale a demandé le retrait d’une banderole sur laquelle était écrit “Direito UFF Antifascista” (Droit UFF Antifasciste). Les policiers ont également demandé le retrait de deux banderoles à l’Université de l’État de Rio de Janeiro (UERJ), dont une en hommage à la conseillère municipale Marielle Franco assassinée en mars. En l’absence de mandat de la justice électorale, elles n’ont finalement pas été retirées. « Cela ne sert à rien d’intimider les universités, d’envahir les campus universitaires. L’éducation ne se taira pas », a réagi sur Twitter Fernando Haddad. 

Une situation de plus en plus tendue

Le candidat fasciste a annoncé une « purge comme jamais le Brésil n’en a connu » et promis que les « voleurs rouges » (c’est-à-dire ses opposants de gauche) seraient « bannis du pays ». « Ils peuvent soit partir, soit finir en prison », a prévenu Bolsonaro dans une vidéo diffusée lors d’un meeting à São Paulo.

Par ailleurs, les actes de violences contre les Noirs et les homosexuels se multiplient un peu partout. La parole raciste se libère.

Carlotta Morteo, correspondante de RFI rapporte que « Laura Chinchilla s’inquiète. La présidente de la mission de l’Organisation des États américains chargée d’observer le scrutin estime dans O Globo que la campagne de désinformation en cours au Brésil est un phénomène sans précédent ». Le journal Folha de São Paulo a publié une nouvelle enquête édifiante sur le financement de campagnes de désinformation massives orchestrée sur les réseaux sociaux contre le candidat du Parti des travailleurs, Fernando Haddad. Des campagnes sur WhatsApp financées par des hommes d’affaires qui ont payé des agences de marketing pour envoyer des centaines de millions de messages aux utilisateurs brésiliens. 

Joaquim Barbosa appelle à voter Haddad. Un retour aux années de plomb est à craindre

 L’ancien président du Tribunal supérieur fédéral, un temps présidentiable, appelle à voter Haddad. Il a déclaré que le candidat d’extrême droite lui inspirait de la peur.

Pour plusieurs intellectuels et observateurs, l’élection de Jair Bolsonaro serait un retour à la dictature pire que durant les années de plomb.

Dans Médiapart, l’historienne Maud Chirio : « Si Fernando Haddad venait à l’emporter, ce qui apparaît improbable mais encore possible, je crains un coup d’État, les électeurs de Bolsonaro étant appelés à occuper la rue, ce qui veut dire des émeutes, des violences et probablement une intervention militaire rapide ». Elle ajoute : « c’est pire qu’un retour aux années de plomb qui s’annonce : une plongée dans une inconnue fasciste. Cela fait trente ans que Bolsonaro est appuyé par ce que la dictature militaire a conservé de dissidence interne fasciste. […] Ce n’est pas simplement une filiation de la dictature militaire. C’est une filiation entre l’extrême droite fascisante dissidente à l’intérieur du pouvoir militaire et aujourd’hui. C’est considérablement plus radical que le pouvoir militaire des années 1960-1980 ». Selon Maud Chirio « La mémoire de la dictature brésilienne n’est malheureusement pas une mémoire négative et donc un garde-fou à l’égard de quelqu’un qui se met à en exalter une image complètement reconstruite, dans le cadre de la montée en puissance d’un mouvement fasciste. Ce n’est pas un hasard si l’extrême droite militaire est en ce moment si forte. La dictature militaire brésilienne n’a pas fait l’objet d’un véritable travail de mémoire parce que la transition entre la dictature et la démocratie a été négociée et contrôlée par les militaires ».

Brésil: face à l’horreur et la haine

La perspective de l’élection de l’authentique fasciste Jair Bolsonaro au Brésil est une catastrophe dont les conséquences potentielles dépassent largement les frontières de ce grand pays. Arnaldo Antunes, poète et figure éminente de la musique populaire brésilienne, pousse un cri d’alarme sur le risque de naufrage de sa patrie dans un océan d’horreur et de haine“.
C’est à lire sur Médiapart en accès libre. Et c’est important !

Brésil : Vers le chaos ?

 Ce crime révèle le moment « de chaos éthique et moral qu’ils tentent d’établir au Brésil ». C’est sans doute ce communiqué du Conseil de sauvegarde de la capoeira de Bahia qui résume le mieux la situation au Brésil. Ce communiqué fait suite à l’assassinat d’un maître de capoeira, Moa du Katendê qui a été tué par un électeur d’extrême droite à Bahia. Engagée dans la lutte contre le racisme, symbole de la culture de Bahia et capoeiriste consacré, la victime a reçu 12 coups de couteau dans le dos. Moa était également connu comme compositeur, danseur, percussionniste, artisan et éducateur. La présentatrice de télévision Roberta Estrela D’Alva : « La mort de maître Moa est un symbole, tout comme l’a été la mort de la conseillère municipale Marielle Franco, brutalement assassinée en mars de cette année ».

Les agressions contre les Noirs, les pauvres, les homosexuels par des soutiens de Bolsonaro ont été nombreuses à travers tout le pays. Au moins une cinquantaine selon le site Publica ces dix derniers jours, plus d’une centaine depuis le premier tour ! « Bolsonaro stimule cette violence par son discours radical, explique Marcos Alvarez, sociologue à l’université de São Paulo (USP). Le passage de la rhétorique à l’acte n’est ni simple ni automatique, mais il a plus de chance de se produire dans certains contextes. Bolsonaro ne peut pas se dédouaner» (Médiapart). Quelques exemples édifiants : Une journaliste a été poignardée et menacée de viol. Une voiture a volontairement renversé un jeune homme vêtu d’un t-shirt Lula qui discutait devant un bar avec ses amis. Une jeune femme a été battue en pleine rue puis jetée nue dans une cellule de police. Un travesti a été poignardé à mort (en plein centre de São Paulo) par quatre hommes hurlant le nom du leader d’extrême droite…

L’importance des églises évangéliques et les footeux derrière l’extrême droite

Dans une interview donnée au quotidien suisse Le Temps, la professeure de sociologie à l’Université fédérale de Rio de Janeiro, Graziella Moraes Silva qui enseigne actuellement au Graduate Institute de Genève explique la popularité de Bolsonaro par le rôle joué par les évangéliques qui le soutiennent. À propos du vraisemblable futur président du Brésil, elle constate : « C’est incontestablement un populiste, en ce sens qu’il dit aux électeurs ce qu’ils veulent entendre. Il y a néanmoins des thèmes sur lesquels il est resté très constant pendant le quart de siècle qu’il a passé au parlement. La violence est l’un de ces thèmes, dont il a fait son fonds de commerce. De même, son discours opposé aux droits humains et son goût affiché pour la dictature apparaissent aussi constamment. Ce qui a changé, c’est sa conversion soudaine au libéralisme économique. Auparavant, il se montrait plutôt réceptif à la question des droits des travailleurs et des corporations, spécialement, il est vrai, lorsque cela touchait les militaires ou certaines catégories proches de ses intérêts. Mais il y a peu, il a conclu une alliance avec un économiste ultralibéral, Paulo Guedes, qui a fait ses classes à Chicago, à l’image des « Chicago boys » qui entouraient en son temps le dictateur chilien Augusto Pinochet ».

Par ailleurs, le candidat d’extrême-droite à la présidentielle brésilienne peut compter sur le soutien de stars du ballon rond très populaires au pays dont Ronaldinho, Rivaldo ou Cafu !

Haddad en perte de vitesse

Quant au candidat du PT il ne parvient pas à s’imposer (on le dit culminer à 41 ou 44 % !). Il faut dire qu’il fait pâle figure par rapport à Lula. D’ailleurs, ce dernier l’a recadré en l’implorant de faire une vraie campagne dans la rue au lieu de venir le voir en prison et de jouer de la guitare ! Fernando Haddad n’arriva pas en effet à prendre son indépendance par rapport à l’ancien président charismatique qui, s’il avait été autorisé à se présenter aurait certainement battu Bolsonaro. Quant aux centres gauche et droit, ils sont complètement désorientés, se refusant à voter à l’extrême droite, mais n’adhérant pas du tout au programme mal ficelé d’Haddad. « On ne peut pas continuer à débattre en appelant Jair Bolsonaro de fasciste ou en invoquant les droits de l’homme. C’est triste, mais ça ne fonctionne pas, ce n’est pas ce qui préoccupe les électeurs. Il faut tenter de débattre en montrant que Jair Bolsonaro sera un obstacle pour l’économie du Brésil. Ça, ça touche beaucoup les gens qui pensent voter pour lui ou qui sont indécis », martèle Isabela Azevedo au micro de RFI.

Philippe Poigeaud

Brésil

Premiers accords pour un Front républicain

Ce dessin est publié sur le site de DCM. Sur le même site on apprend également que le PSB (Parti socialiste brésilien) a officiellement appeler à votre Haddad au second tour.  Il était présidé par Eduardo Campos lequel est décédé lors d’un accident d’avion le 13 août 2014 et défend des valeurs sociales-démocrates. Sa devise est « Socialisme et liberté ». Voir sa fiche sur Wikipédia (en français). C’est aujourd’hui un parti de centre gauche.

Publicado em 9 outubro, 2018 10:23 am

Brésil :

Un coup de couteau dans le ventre de Bolsonaro, pour un coup de couteau dans le dos de la démocratie !

 

Certes on s’attendait à un score élevé du candidat d’extrême droite, mais les choses se sont considérablement accélérées depuis l’attentat dont a été victime Bolsonaro, au point que dimanche soir une victoire au premier tour était à ça portée. D’ailleurs, déçu, il a accusé les magistrats du Tribunal Supérieur Electorale de manipulations… En attendant, ce nostalgique de la dictature militaire (1964-1985) est un danger public pour le Brésil. Raciste, misogyne, homophobe, Bolsonaro libère la parole fasciste…

Un mode de scrutin particulier

Le mode de scrutin au Brésil n’est pas toujours facile à comprendre pour les Français. En effet, il y a plusieurs particularités. Tout d’abord quand on dit que le vote est obligatoire, c’est un peu une gageure. Il est très facile d’obtenir une dérogation en prétextant un voyage ou une hospitalisation. Quoi qu’il en soit l’amende est très faible, elle est même symbolique, de l’ordre d’un euro ! Le vote est facultatif de 16 à 18 ans, puis au-delà de 70 ans, il n’est obligatoire que de 18 à 70 ans et dimanche dernier le taux d’abstention a été de 20,33 %. Si à cela on ajoute les bulletins blancs et le vote nul, on arrive à pas loin de 30 % de Brésiliens qui ne se sont pas prononcés lors de ce premier tour. Même si les blancs et les nuls entrent dans ce que l’on appelle les bulletins valides c’est-à-dire qu’ils sont comptabilisés comme suffrages exprimés.

Un Front républicain ?

Si un fond républicain réussit à se former autour de Fernando Haddad avec à ses côtés Ciro Gomes, il y a donc un possible réservoir, mais ceci n’est valable que sur le papier, dans la réalité les choses seront sans doute beaucoup plus difficiles avec un Jair Bolsonaro qui empoche quand même 46,03 % des voix dès le premier tour, alors que Fernando Haddad n’atteint pas les 30 %. Ciro Gomes quant à lui est loin derrière avec 12,47 %. L’autre particularité de ce scrutin présidentiel est qu’entre les deux tours, il y a trois semaines. Le second n’aura lieu que le 27 octobre, il est fort à parier que les tractations iront bon train, elles ont d’ailleurs déjà commencé dès ce matin. D’autre part, même si le nombre de députés d’extrême droite a fortement augmenté, il n’obtiendra pas de majorité au Congrès (Chambre des député et Sénat). Au niveau des états fédérés, plusieurs gouverneurs PT sortants sont passés dès le premier tour, notamment dans le Nordeste. Quand on regarde les chiffres de près, l’extrême droite a surtout mordu sur la droite et le centre.

Un programme simpliste et extrêmement dangereux

Le programme de Jair Bolsonaro est bien sûr à l’extrême droite et ultralibéral. Contre la violence par exemple son slogan est « un bon bandit est un bandit mort ». Il dit vouloir autoriser le port d’armes pour tous, dans un pays qui compte plus de 60 000 homicides par an ! Il voudrait également ouvrir la voie à des exécutions extrajudiciaires de masse. Il a aussi proposé une immunité judiciaire aux policiers qui abattraient des criminels. Des mesures odieuses, simplistes. D’ailleurs son programme ne comprend aucune mesure de fond. C’est un nostalgique de la dictature militaire brésilienne qui a été au pouvoir de 1964 à 1985. Sur le plan religieux, il dit : « cette histoire d’État laïc n’existe pas. L’État est chrétien et que celui qui n’est pas d’accord s’en aille ! »

Une campagne présidentielle dans les églises évangéliques

Il est soutenu par une majorité des chrétiens évangélistes, d’ailleurs une partie de sa campagne électorale s’est efficacement déroulée dans les églises, un des slogans de sa campagne électorale : « le Brésil est au-dessus de tout, Dieu est au-dessus de tous ». Évidemment il est opposé à l’avortement et au mariage gay. « Je préférerais que mon fils meure dans un accident plutôt que de le voir apparaître avec un moustachu », a-t-il déclaré en 2011. Il est également misogyne : en plein hémicycle, il avait lancé à une députée : « je ne te violerai pas parce que tu ne le mérites pas ». D’ailleurs, il est pour un affaiblissement des peines en cas de violences conjugales et même de féminicide. Il est également raciste, il voudrait par exemple supprimer les quotas réservés aux Brésiliens noirs dans les universités. Sur le plan économique, il promet des mesures-chocs. Des privatisations pour un montant de 200 milliards d’euros. Il veut supprimer le système national de sécurité sociale, la retraite par répartition, et le système unique de santé. Quant aux questions environnementales c’est bien simple, elles sont totalement absentes de son programme et il promet d’accorder tout son soutien à l’agro- business qui l’a soutenu durant sa campagne présidentielle. Pour ce Trump tropical, la déforestation et le réchauffement climatique n’existent pas. La semaine dernière, il a obtenu le soutien de puissants lobbies de l’agrobusiness, des églises et des sécuritaires, c’est-à-dire le soutien des trois B, « bœuf, balle, bible ».

Un des quotidiens brésiliens titrait ce matin : « Le combat entre la civilisation et la barbarie commence » …

« Comment une chose pareille pourrait être président du Brésil ? »

À la veille du premier tour, Éliane Brum, s’interrogeait dans le Guardian : « comment une chose pareille, homophobe, misogyne et raciste pourrait être le prochain président du Brésil ? » Elle ajoutait Bolsonaro est le produit monstre du silence du pays sur les crimes commis par son ancienne dictature ». C’est malheureusement exactement ça. Elle cite plusieurs déclarations tonitruantes du candidat de l’extrême droite : « j’ai eu quatre fils, mais j’ai eu un moment de faiblesse et le cinquième était une fille », « Je suis pro-torture » ou encore :

« Vous êtes sûrs que si je parviens à la présidence il n’y aura pas d’argent pour les O.N.G. si cela dépend de moi, chaque citoyen aura une arme à la maison. Pas un centime ne sera dépensé pour les réserves indigènes pour les quilombolas (descendants d’esclaves) ».

Il est à craindre que le Brésil retombe dans la nuit de 1964…

Drame en Amazonie : un bébé tué par balles

Les Amérindiens l’Amazonie, quand ils ne se déplacent pas à pied, le font uniquement par voie d’eau. Chaque famille a son bateau, de la petite pirogue à la maison flottante. La famille Monteza Manchineri avait quitté son village sur la rivière Purus, avant-hier. Vers 22 heures leur bateau s’est approché du petit port de Feira dos Colonos, dans la ville de Sena Madureira. Le père était équipé d’une lanterne afin de pouvoir accoster dans l’obscurité. C’est lors de la manœuvre qu’on lui intima l’ordre d’éteindre sa lampe et d’arrêter son embarcation. Sans doute à cause du moteur, il n’a pas entendu et on lui tira dessus depuis le quai. Malheureusement, c’est son bébé qui a pris une balle en pleine tête. Il est décédé à l’hôpital quelques dizaines de minutes plus tard. L’enquête aurait déterminé qu’une faction criminelle contrôlant le port aurait confondu la famille avec un groupe rival. Mais pour les défenseurs des Amérindiens et notamment pour le Conseil Indigène Missionnaire, le crime est plutôt lié à la haine locale contre les indigènes répandue par les envahisseurs, entendez par là les bûcherons, les chasseurs, les grandes sociétés agro-alimentaires et autres spoliateurs de terres. Cette tragédie illustre parfaitement la situation des peuples autochtones au Brésil en particulier, et en Amérique du Sud en général. Ce bébé aura été la plus jeune des 110 victimes de meurtre d’indigènes en moins d’un an, selon un rapport sur la violence contre les peuples autochtones.

Au Brésil, il y a bien une institution gouvernementale chargée de défendre, étudier et recenser les peuples autochtones. Il s’agit d’une agence appelée FUNAI. Ses membres sont des gens parfaitement compétents. Malheureusement, ces deux dernières années, du fait de la pression des ruralistes sur le président Michel Temer, cette agence a vu ses moyens considérablement diminués. En fait, la droite évangélique au pouvoir actuellement à Brasília (au sommet de l’exécutif mais aussi au Congrès) ne sert que les intérêts liés à l’agro-alimentaire. Les assassins d’écologistes ou de simples cultivateurs sont très rarement poursuivis, quasiment jamais identifiés. De plus en plus de voix sur le plan national, mais aussi international, dénoncent les autorités fédérales actuelles, notamment le procureur général de l’Union pour son rôle de « cabinet d’avocats des propriétaires ruraux ». Bolsonaro, le candidat d’extrême droite à la présidentielle des 7 et 28 octobre prochains a déjà signalé qu’il y avait « trop de terres indigènes en Amazonie » !

Argentine : Un Français porté disparu depuis plus d’un mois

Il a fait le tour du monde. Ce Français de 32 ans est porté disparu depuis le 9 août en Argentine. Selon les proches du jeune homme originaire d’Aussonne, près de Toulouse, l’ambassade à Buenos Aires et les consulats sont alertés et les autorités locales ont commencé des recherches. « La dernière fois qu’il a été vu, c’était à San Isidro de Iruya le 9 août dernier », explique Christophe Grèzes, l’un des amis d’enfance de Mathieu Martin. Adepte des voyages au long cours, ce Toulousain était parti visiter le nord de l’Argentine. « Il a voyagé partout, en Afrique, au Liban où il avait eu des soucis. Jamais il ne nous a laissés sans nouvelles aussi longtemps », a dit la mère de Mathieu Martin à La Dépêche.

Guyane : une milice prétend faire le travail des gendarmes et policiers…

Zone de non-droit, la Guyane ? En tout cas une milice veut faire le travail des forces de l’ordre au su et au vu de tous, avec l’approbation d’une partie de la population qui pointe l’incurie des autorités locales et nationales.

A lire sur mon blog en accès libre (Médiapart).

Photos: Captures d’écran de France Guyane et Guyane 1ère via GuyaneActu

La Californie s’engage pour une énergie «100% propre»

Les Etats-Unis se sont retirés de l’accord de Paris sur le climat mais la Californie, rebelle, entend bien poursuivre ses objectifs. L’Etat le plus opposé à Donald Trump s’est engagé à produire 100% d’énergie propre d’ici 2045. Le gouverneur Jerry Brown a ratifié ce lundi la loi validant cet engagement. (RFI)

Nicaragua: sur France 24, Ortega se dit «prêt à discuter avec Trump»

Depuis le mois d’avril, plus de 300 personnes ont été tuées et 2 000 blessées au Nicaragua. Un mouvement de protestation qui avait commencé contre une réforme de la sécurité sociale, et dont les violences ont été majoritairement attribuées à des milices proches du pouvoir. Dans une interview exclusive à la chaine France 24, Daniel Ortega est revenu sur la crise que traverse son pays et s’est dit, notamment, « prêt à discuter avec Donald Trump ». Il repondait aux questions de Marc Perelman.

Notamment sur le récent rapport, accablant, du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU sur les violations des droits humains survenues au cours des manifestations entre le 18 avril et le 18 août. Le rapport de l’ONU fait notamment état d'”exécutions extrajudiciaires”, de “disparitions forcées” ou encore de “torture et mauvais traitements”. Le président Ortega dénonce un “rapport politique” et affirme que l’organisme onusien est aux ordres de Washington. 

Guyane : Le préfet jette l’argent par les fenêtres à chaque expulsion !

C’est le site Streetpress qui a soulevé le lièvre. La presse locale a été muette comme une carpe sur cette affaire. Il est vrai qu’on la sait courageuse comme un mouton paresseux déprimé !

« C’est la nouvelle idée de génie de la préfecture de Guyane. Pour expulser des sans-papiers vers le Guyana, un pays à plusieurs centaines de km, la préfecture a décidé de louer des hélicoptères privés. À 4 600 euros pour 1 h 30 de voyage, l’addition est salée », écrit Theo Englebert.

Le journaliste prend le cas d’un ressortissant du Guyana nommé Carl (prénom d’emprunt) : « Le 20 juillet, c’est le grand départ pour Carl. À 13 h, heure de Cayenne, le jeune homme entame le voyage retour vers le Guyana, son pays d’origine, bien escorté par trois policiers de la police aux frontières (PAF). Quelques jours plus tôt, le juge a décidé de son expulsion. Son voyage retour, Carl va d’abord le faire en hélicoptère jusqu’à Paramaribo, la capitale du Surinam, pays qui partage donc des frontières terrestres avec la France. Avant de prendre un avion de ligne à destination de Georgetown, la capitale du Guyana. Pour l’expulser, la police a loué un hélicoptère auprès d’une société privée installée en Guyane, Heli Cojyp. Montant de l’opération ? 4.600 euros, d’après des devis que StreetPress a pu consulter. Adressés directement à la PAF, la facture comprend le transport du sans-papiers et de trois policiers jusqu’à bon port… ainsi que le voyage retour ».

La Guyane est réputée, malheureusement, et ses habitants le savent pour recevoir des hauts fonctionnaires assez borderline. Le précédent préfet a été fortement critiqué pour n’avoir ni anticipé les mouvements sociaux du printemps 2016 ni compris leur ampleur. Il est d’ailleurs fortement critiqué encore aujourd’hui pour son incompétence face à l’orpaillage illégal. Celui-ci jette carrément l’argent par les fenêtres obnubilée qu’il est à faire du chiffre. Faire du chiffre ! Une expulsion par hélicoptère !

C’est début juin que, pour la première fois, qu’une ordonnance d’expulsion propose pour la de renvoyer des sans-papiers guyaniens par hélicoptère. Depuis, seules deux expulsions ont été menées à terme. Celle de Carl le 20 juillet, et celle d’un autre ressortissant guyanien le 23. Toutes deux ont d’abord été réalisées dans un appareil appartenant à Heli Cojyp, pour le même tarif de 4600 euros. « [À Paramaribo] Les autorités surinamaises ont gardé les gars et on les transfère ensuite vers Georgetown », prolonge Willy Ranguin, délégué pour le syndicat de police Unité SGP-Police.

Le site précise : « Contactées par StreetPress, ni la préfecture de Guyane ni la société Heli Cojyp n’ont donné suite à nos demandes d’interviews ».

 

L’article complet de Theo Englebert sur StreetPress

Survival International

Peuples non contactés

Regardez le film avec Gillian Anderson et Mark Rylance

Brésil: La FUNAI a repéré un Amérindien vivant seul dans la forêt depuis 22 années

Au Brésil, il existe une agence gouvernementale chargée des dossiers liés aux peuples autochtones (Amérindiens), la FUNAI (Fundação Nacional do Índio) dont, malheureusement, les moyens alloués ont considérablement baissé depuis que la droite est au pouvoir. Toutefois, ses fonctionnaires travaillent d’arrache-pied afin de protéger au mieux les derniers indigènes vivant essentiellement dans le nord du Brésil (Amazone, Maranhão, Amapá, Pará). La fondation a relancé le débat sur la protection de la forêt amazonienne et des tribus isolées en diffusant des images d’un homme qui vit en solitaire depuis la mort de ses proches, il y a 22 ans.

Des images montrent un homme aux cheveux longs jusqu’aux genoux et portant un pagne. Une équipe qui le suit affirme toutefois que la plus récente preuve de son existence remonte à mai dernier (2018), selon Radio-Canada.

Altair Algayer, coordonnateur de l’équipe de la FUNAI travaillant sur les tribus isolées, mentionne que la Fondation hésitait à diffuser la vidéo, puisqu’il était impossible de demander le consentement de l’indigène. M. Algayer estime toutefois que de telles images permettent de conscientiser la population à l’importance des obstacles que doivent surmonter ceux qui cherchent à demeurer éloignés de la civilisation occidentale. « Je crois qu’en diffusant ces images, cela montre d’abord que l’homme existe ; il y a plusieurs personnes, entre autres des politiciens régionaux, qui espèrent mettre la main sur ses terres pour en tirer de l’argent. »

« Dans les années 1980, la colonisation désordonnée, la construction de fermes et la coupe d’arbres illégale dans l’État de Rondonia (nord-ouest) ont entraîné des attaques répétées contre les peuples indigènes isolés qui y vivaient jusqu’à maintenant, dans le cadre d’un processus constant d’expulsion de leurs terres et de mort », a de son côté fait savoir la Fondation par voie de communiqué. L’agence estime que l’homme indigène, surnommé « l’Indien du trou » en raison de trous creusés pour la chasse, vit seul depuis qu’une attaque de fermiers, en 1995, a entraîné la mort des autres membres de son groupe de six personnes, le laissant seul survivant de sa tribu.

Le Brésil compte plusieurs peuples « isolés » dont les terres, comme la plupart de celles de groupes autochtones, sont de plus en plus menacées, dans un contexte où la course aux ressources de l’Amazonie se poursuit.

En 2017, 71 personnes ont été tuées dans des conflits territoriaux, du jamais vu depuis 2003, selon la Commission des terres pastorales, qui surveille les actes de violence.

Altair Algayer et son équipe continuent de surveiller l’indigène à distance. Ils lui ont entre autres récemment laissé des outils et des semences, qui ont ensuite été utilisés pour assurer la subsistance de cet homme isolé de tout.

Génocide

Des peuples non contactés entiers sont en train d’être anéantis par la violence génocidaire perpétrée par des intrus, qui volent leurs terres et leurs ressources, et par des maladies telles que la grippe et la rougeole, contre lesquelles ils n’ont aucune résistance.