Les actualités aux Amériques

Brésil, Guyane, Chili, Argentine, Bolivie, Venezuela, Surinam, Guyana, Colombie, Mexique, USA, Canada, Pérou… Antilles…

Les nazis voulaient créer une colonie en Amazonie dans les années 1930 !

C’est un épisode méconnu du Nord du Brésil. Plus précisément de l’État de l’Amapá. On peut encore voir un petit cimetière et surtout un monument étrange, de près de trois mètres de haut, flanqué d’une… croix gammée. Cet objet est visible depuis le fleuve, seule voie d’accès à cet endroit en pleine jungle. Le cimetière et ce monument incongrus sont les vestiges d’une expédition de l’Allemagne nazie dans la forêt amazonienne dans les années 1930. On peut encore lire en allemand sur le monument cette inscription : « Joseph Greiner est mort ici de la fièvre jaune le 2 janvier 1936 au service de la recherche allemande ». Selon les historiens, Greiner faisait partie de la délégation allemande qui, pendant près de deux années, travailla en Amazonie à l’établissement d’une colonie nazie qui, petit à petit se serait étendue aux trois Guyanes (le Guyana, le Suriname et la Guyane actuels). Ces nouveaux conquistadors étaient accompagnés de scientifiques chargés d’étudier la faune et la flore locales. Ces colons se seraient même alliés avec une tribu amérindienne (les Aparais).

Le cimetière aurait continué à être utilisé par les Amérindiens longtemps après la disparition des Allemands.

Le site est sur le Rio Jari, au sud de l’État de l’Amapá frontalier avec la Guyane française.

Selon les travaux de l’historien Edivaldo Nunes de l’UFA (Universidade Federal do Amapá) l’expédition se déroula sous l’égide de Hermann Göering. Elle débarqua au Brésil à l’été 1935, à Belém. Les Allemands prétendaient être en mission spéciale du gouvernement du Reich, ayant l’intention d’étudier la géographie, la faune et les peuples de la région Amazone. Les journaux de Rio de Janeiro ont rapporté l’arrivée des Allemands avec beaucoup de réserves, contestant le fait que les objectifs étaient pacifiques. Peu de gens croyaient que ces jeunes aviateurs très gradés pouvaient venir au Brésil à seules fins scientifiques. Toutefois, le chef officiel de l’expédition, Otto Schulz-Kampfhenkel, se rendit dans la capitale (Rio de Janeiro) et demanda une autorisation spéciale au gouvernement brésilien dirigé à l’époque par Getúlio Vargas. On ne sait pas dans quelle mesure Vargas aida les Allemands et s’il avait vraiment cru à une expédition pacifique.

L’endroit exact des restes de cette expédition est à proximité de la cascade de Santo Antônio, qui abrite aujourd’hui la centrale hydroélectrique éponyme.

Une colonie raciale au Paraguay: Nueva Germania

Il n’y a pas qu’au Brésil que les Allemands (avant, pendant et après la période nazie ont fondé des colonies). Notamment en Argentine et au Paraguay. En ce qui concerne ce dernier pays, Éric Gernez (@eric_gernez), un Français installé au Suriname, et @ArgenMedved (ArgenMedved) un Franco-Argentin, me signalent un article très intéressant écrit par Émilie Himeur sur le site Impact : Nueva Germania, les derniers Aryens du Paraguay. Il s’agissait du projet d’une colonie raciale. ArgenMedved précise qu’il y a toujours une radio en allemand à Fernheim (Filadelfia) pour toutes les colonies allemandes au Paraguay, en Argentine et au Brésil: Radio ZP30

« Le village allemand qui subsiste aujourd’hui au cœur de ce pays enclavé d’Amérique du Sud n’est que le vestige d’un projet à l’utopie raciste entrepris à la fin du XIXe siècle par un couple d’antisémites notoires : Elizabeth Förster-Nietzsche, sœur du célèbre philosophe Friedrich Nietzsche, et son époux Bernhard Förster… »

Intéressant et utile dans la compréhension du livre d’Olivier Guez, La disparition de Josef Mengele, note très justement un lecteur.

Lire l’article sur IMPACT.

Colombie : Vague migratoire venant du Venezuela

Selon le JRS (Jesuit Refugee Service) un nombre estimé à 50 000 personnes traverse quotidiennement la frontière entre le Venezuela et la Colombie. Depuis décembre 2017, selon les données de l’autorité centrale d’immigration de Colombie (Migracion Colombia) plus d’un demi-million de Vénézuéliens ont traversé la frontière. Ce nombre comprend environ 180 000 personnes qui ont émigré à travers des canaux légaux ou réguliers comme avec des permis spéciaux pour rester en Colombie, des cartes d’émigration frontalières, des visas de travail. Migracion Colombia estime que près de 400 000 migrants supplémentaires sont entrés en Colombie clandestinement, y compris environ 150 000 migrants qui sont présents avec un visa à durée périmée, et environ 226.000 qui sont entrés par des routes non autorisées. Toutefois, ces évaluations ne sont pas considérées comme précises parce qu’il n’y a que six entrées officielles en Colombie.

Le JRS explique que « sur les ponts frontaliers Simon Bolivar et Francisco de Paula Santander, qui sont des points de frontière officiels du Venezuela, on peut voir des centaines de personnes se rendant en Colombie, portant des bagages et accompagnés par leur famille. Du côté colombien de la frontière, on peut voir de longues queues devant les bureaux d’immigration dans lesquels est enregistrée l’entrée dans le pays. À partir de là, un grand nombre de personnes se rendent dans d’autres villes ou même d’autres pays de la région. En fait, près du Pont Simon Bolivar, des terminaux de transports internationaux ont été installés il y a quelques mois. De ces terminaux, il est possible de prendre des bus pour le Pérou, le Chili, l’Équateur, pour environ 350 dollars des États-Unis ».

Au cours de ces derniers mois, environ 500 personnes de la communauté indigène binationale Yupka vivent sous le pont Francisco de Paula Santander. Ils ont quitté leurs terres natales pour essayer d’obtenir des soins médicaux, des médicaments et de la nourriture.

Beaucoup d’émigrés sont malades. Ils sont surtout atteints de tuberculose et de maux du système digestif du fait de la malnutrition.  

Argentine : Quino pas d’accord avec le détournement de son personnage Mafalda par les anti-avortement

Le caricaturiste Joaquin Lavado, connu sous le nom de Quino, a rejeté l’utilisation de sa légendaire Mafalda par le mouvement anti-avortement en plein débat parlementaire. « Je ne l’ai pas autorisée, cela ne reflète pas ma position », a écrit le dessinateur de 86 ans.

Il a expliqué que « des images de Mafalda portant le foulard bleu symbolisant l’opposition à la loi sur l’interruption volontaire de grossesse [avaient] été diffusées. Je n’ai pas donné mon autorisation, cela ne reflète pas ma position et je demande qu’elles soient retirées ».

Survival International

Peuples non contactés

Regardez le film avec Gillian Anderson et Mark Rylance

Brésil: La FUNAI a repéré un Amérindien vivant seul dans la forêt depuis 22 années

Au Brésil, il existe une agence gouvernementale chargée des dossiers liés aux peuples autochtones (Amérindiens), la FUNAI (Fundação Nacional do Índio) dont, malheureusement, les moyens alloués ont considérablement baissé depuis que la droite est au pouvoir. Toutefois, ses fonctionnaires travaillent d’arrache-pied afin de protéger au mieux les derniers indigènes vivant essentiellement dans le nord du Brésil (Amazone, Maranhão, Amapá, Pará). La fondation a relancé le débat sur la protection de la forêt amazonienne et des tribus isolées en diffusant des images d’un homme qui vit en solitaire depuis la mort de ses proches, il y a 22 ans.

Des images montrent un homme aux cheveux longs jusqu’aux genoux et portant un pagne. Une équipe qui le suit affirme toutefois que la plus récente preuve de son existence remonte à mai dernier (2018), selon Radio-Canada.

Altair Algayer, coordonnateur de l’équipe de la FUNAI travaillant sur les tribus isolées, mentionne que la Fondation hésitait à diffuser la vidéo, puisqu’il était impossible de demander le consentement de l’indigène. M. Algayer estime toutefois que de telles images permettent de conscientiser la population à l’importance des obstacles que doivent surmonter ceux qui cherchent à demeurer éloignés de la civilisation occidentale. « Je crois qu’en diffusant ces images, cela montre d’abord que l’homme existe ; il y a plusieurs personnes, entre autres des politiciens régionaux, qui espèrent mettre la main sur ses terres pour en tirer de l’argent. »

« Dans les années 1980, la colonisation désordonnée, la construction de fermes et la coupe d’arbres illégale dans l’État de Rondonia (nord-ouest) ont entraîné des attaques répétées contre les peuples indigènes isolés qui y vivaient jusqu’à maintenant, dans le cadre d’un processus constant d’expulsion de leurs terres et de mort », a de son côté fait savoir la Fondation par voie de communiqué. L’agence estime que l’homme indigène, surnommé « l’Indien du trou » en raison de trous creusés pour la chasse, vit seul depuis qu’une attaque de fermiers, en 1995, a entraîné la mort des autres membres de son groupe de six personnes, le laissant seul survivant de sa tribu.

Le Brésil compte plusieurs peuples « isolés » dont les terres, comme la plupart de celles de groupes autochtones, sont de plus en plus menacées, dans un contexte où la course aux ressources de l’Amazonie se poursuit.

En 2017, 71 personnes ont été tuées dans des conflits territoriaux, du jamais vu depuis 2003, selon la Commission des terres pastorales, qui surveille les actes de violence.

Altair Algayer et son équipe continuent de surveiller l’indigène à distance. Ils lui ont entre autres récemment laissé des outils et des semences, qui ont ensuite été utilisés pour assurer la subsistance de cet homme isolé de tout.

Génocide

Des peuples non contactés entiers sont en train d’être anéantis par la violence génocidaire perpétrée par des intrus, qui volent leurs terres et leurs ressources, et par des maladies telles que la grippe et la rougeole, contre lesquelles ils n’ont aucune résistance.

Qui sont-ils?

Bolivie : Un poisson géant bouleverse l’économie du Rio Negro

Dans l’Amazonie bolivienne, la prolifération du plus grand poisson d’eau douce d’Amérique du Sud, le paiche, a bouleversé l’économie traditionnelle. Au risque de créer de nouveaux déséquilibres. Le paiche, ou Arapaima gigas, est le plus grand poisson de l’Amazone.

Ce géant d’eau douce atteint jusqu’à 2,50 m et pèse plus de 200 kilos. Il consomme tout ce qui est à portée de son énorme bouche. Il compte parmi les espèces menacées depuis que les Nations unies ont créé la Convention sur le commerce international des espèces menacées, en 1975.

Il est entré dans les eaux boliviennes vers le milieu des années 1970, quand des inondations avaient fait déborder une ferme piscicole du sud du Pérou. Depuis, le paiche a colonisé près du quart du gigantesque bassin hydrographique de l’Amazonie bolivienne.

Dans l’Amazonie bolivienne, sa prolifération a bouleversé l’économie traditionnelle. Au risque de créer de nouveaux déséquilibres. Il est devenu le centre de toute une nouvelle économie fournissant du travail toute l’année à une génération de jeunes gens.

Jusqu’à l’arrivée du paiche au Río Negro, personne à Las Peñitas ne pêchait pour vivre.

Les quelques familles du village gagnaient leur vie en vendant un peu de viande séchée, de fruits et quelques légumes aux négociants de passage. En dehors de cela, elles pratiquaient une pêche et un élevage vivriers. L’apparition du poisson géant a changé la vie de ces habitants.

Uruguay: Le Président invite Griezmann

Le président uruguayen Tabare Vazquez a invité Antoine Griezmann à lui rendre visite pour le remercier d’avoir arboré le drapeau uruguayen lors de la conférence de presse donnée à l’issue de la finale de la Coupe du monde. Dans une lettre adressée au président Macron, il a transmis ses « félicitations » au peuple français, aux joueurs et au sélectionneur. « Je ne vous remercierai jamais assez pour le geste que vous avez fait envers l’Uruguay lorsque vous avez arboré le drapeau de notre pays lors de la conférence de presse que vous avez donnée aux médias internationaux à Moscou ». Le joueur mâconnais avait revêtu les couleurs uruguayennes à la demande d’un photographe. Il l’avait ensuite conservé tout au long de la conférence de presse. Fan de la culture des joueurs de la Celeste, Antoine Griezmann n’est cependant jamais allé en Uruguay.

Argentine : L’avortement encore et toujours en débat

À deux semaines du vote définitif des sénateurs sur le projet de loi visant à légaliser l’avortement en Argentine, et détracteurs jettent leurs dernières forces dans la bataille pour tenter de convaincre les parlementaires. Dans les rues de Buenos Aires, depuis quelques jours on voit beaucoup de personnes arborant un foulard vert autour du cou ou noué à une bretelle de sac à dos, autour d’un rétroviseur ou d’une antenne. C’est le symbole de la lutte pour le droit à l’avortement. Le projet de loi légalisant l’avortement a été adopté le 14 juin par les députés et sera soumis au vote des sénateurs le 8 août.

Les pro-avortement ont choisi le vert comme couleur de ralliement et plus particulièrement le foulard. Le foulard vert a été créé en 2003, mais ce n’est qu’en 2018 qu’il s’est popularisé. Vert ? « C’était une couleur qui n’était utilisée par personne, et il avait comme point positif de représenter la vie », explique Victoria Tesoriero, membre de la Campagne pour le droit à l’avortement en sécurité, légal et gratuit.

Les ONG estiment que chaque année, 500 000 avortements clandestins sont pratiqués en Argentine. Côtés opposants à l’avortement légalisé, les conservateurs et l’Église avec, en particulier, l’évêque Alberto Bochatey, 62 ans, diplômé en théologie morale et en bioéthique.

Le débat fait donc rage partout en Argentine, pays catholique d’où est originaire l’actuel pape François. Le droit (ou non) à l’avortement a déjà été débattu sept fois ces deux dernières années devant les parlementaires.

L’an passé, à la même époque, le président Macri (droite) affirmait ne jamais vouloir dépénaliser l’avortement. Aujourd’hui, il dit que le débat sur cette question « est une preuve de maturité » de notre société.

Brésil : À l’approche des élections ont s’organise pour lutter contre les fake news.

Facebook est partie prenante

Des initiatives un peu partout dans le pays

Des médias regroupés autour d’un projet collaboratif de lutte contre les rumeurs infondées

La droite et l’extrême droite protestent : on veut avoir le droit de produire des fake news !

Non seulement on souhaite tirer les leçons de ce qu’il s’est passé aux États-Unis en 2017, mais à cela s’ajoute le contexte politique très spécial en ce moment au Brésil. À quelques mois de l’élection présidentielle au Brésil, la manipulation des électeurs via les réseaux sociaux inquiète. Facebook a dû s’engager à révéler les candidats et partis politiques qui le rémunèrent pour avoir une meilleure diffusion de leurs contenus…

La crainte est de voir opérer au Brésil les dérives de la dernière présidentielle aux États-Unis avec des électeurs sous influence de publicités ciblées. Après une période de tests de cette nouvelle fonctionnalité aux États-Unis, le Brésil sera le deuxième pays à en bénéficier. Elle a été mise en place par Facebook, suite aux multiples controverses. Contre les fake news, Facebook et Google signent un accord avec le Tribunal supérieur électoral. Facebook et Google ont ainsi signé le 28 juin un accord de coopération avec le Tribunal supérieur électoral en s’engageant contre la dissémination de fake news durant les prochaines élections. Cette initiative vise à « combattre la désinformation ».

Risque assumé d’annuler certains scrutins

La crainte est telle que le président du Tribunal a prévenu que si des fake news avaient un impact décisif sur les résultats, cela pourrait entraîner l’annulation de certains scrutins lors de ces élections générales (scrutins présidentiel, législatif et exécutifs locaux). Plusieurs groupes d’extrême droite ont accusé Facebook de « censure » et de limiter la liberté d’expression. Représentée par le candidat ultraconservateur Jair Bolsonaro, l’extrême droite est dans les starting-blocks à quelques semaines de l’élection présidentielle. Une vingtaine de médias s’est ainsi regroupée dans un collectif. Il s’agit d’un projet collaboratif baptisé Comprova (vérifié) dans le sens de vérifier les rumeurs et les informations diffusées en ligne. Le coup d’envoi du projet est prévu fin juillet début août.

Croisade contre les fausses informations dès l’école…

Dans plusieurs écoles pilotes, les enseignants et leurs élèves apprennent à jouer les Saint-Thomas. Plus sérieusement, il s’agit de former les enfants en âges d’aller sur les réseaux sociaux ou de consulter les sites d’actualité à vérifier et recouper les informations.

Par exemple, l’école publique Casa Blanca, en banlieue de São Paulo, fait partie du projet “Imprensa Jovem” (presse jeune en portugais), un réseau organisé comme une agence de presse qui rassemble les contenus de milliers d’élèves de plus de 100 établissements de la mégalopole brésilienne.

« Il est important d’apprendre aux élèves à repérer les fausses informations, c’est pour cela que cette matière fait partie du programme officiel », explique Leandro Beguoci, directeur éditorial de l’association Nova Escola (nouvelle école). À l’école Casa Blanca, les enseignants Lucilene Varandas et Hildenor Gomes disposent d’un cours par semaine pour apprendre à des enfants de 8 à 14 ans à ne pas croire forcément tout ce qu’ils lisent. « Quand je vois une information, je fais une recherche sur internet et je me demande si elle est vraie », affirme Helena Vital, 11 ans. Ses parents lisent peu la presse, mais elle dit avoir appris grâce au cours à regarder les médias. L’immensité du pays et la cherté des communications téléphoniques classiques font que les Brésiliens sont très présents sur les réseaux sociaux, notamment WatsApp (plus de 120 000 000 d’usagers), une application devenue un véhicule de rumeurs et fake news très prisé de tous les populistes et des évangéliques (notamment à l’extrême droite). « Le Brésil a compris que l’alphabétisation médiatique et technologique est presque aussi importante que l’alphabétisation classique », affirme le journaliste Leandro Beguoci.

L’extrême droite vent debout contre un quelconque outil de vérification des infos

L’outil de lutte contre les fausses informations lancé par Facebook et le projet a donc suscité de vives réactions à droite et à l’extrême droite. Certains journalistes des agences Lupa et Aos Fatos, partenaires de Facebook pour la vérification d’informations, ont même été menacés ainsi que leurs proches. « Les attaques personnelles, la diffamation et les menaces sont totalement intolérables », a déclaré lundi Cristina Tardáguila, directrice de l’agence Lupa, lors d’un entretien à la radio CBN. Facebook a déjà implanté son outil de lutte contre les fausses informations dans plusieurs pays, en nouant des partenariats avec des médias comme l’AFP en France ou l’agence américaine Associated Press aux États-Unis. Le réseau social collabore avec des médias membres du Réseau international de “fact-checking” (IFCN).

Les informations considérées comme fausses par les vérificateurs ne sont pas forcément supprimées de Facebook, mais leur présence y est réduite et tout utilisateur voulant les partager reçoit une alerte expliquant que leur véracité est mise en doute. Une mesure considérée comme de la censure par des groupes brésiliens d’extrême droite, comme le Mouvement Brésil Libre (MBL), qui a notamment participé à l’organisation de grandes manifestations réclamant le départ de l’ex-présidente de gauche Dilma Rousseff. Les leaders de droite et d’extrême droite protestent : « Le terme fake news est à présent attribué à tout ce qui ne plaît pas au système, qui est de gauche, progressiste, révolutionnaire et politiquement correct (Arthur do Val), « Ils veulent étrangler la droite » (Renan Santos)

La désinformation est un thème qui gagne plus en plus d’importance au Brésil à l’approche de la présidentielle d’octobre. Le député d’extrême droite Jair Bolsonaro, ouvertement nostalgique de la dictature militaire (1964-1985), se trouve en deuxième position des intentions de vote, derrière l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010). D’ailleurs, toute la campagne de Bolsonaro et de ses affidés est basée sur des… fake news !

Sources et pour approfondir le sujet : Lupa, Ausfatos.org, Exame, BBC News Brasil. Je vous conseille, si vous êtes lusophone tout particulièrement ausfatos.org, on pourrait se croire sur un Gorafi brésilien sauf que les faits rapportés sont tous des vraies fausses nouvelles, des fake news plus vrais que nature !

Brésil : Un artiste français assassiné près de Rio de Janeiro

Un artiste plasticien français résidant au Brésil a été retrouvé mort par balle à Paraty, près de Rio de Janeiro, et sa maison a été brûlée, a annoncé la police lundi. Le corps de Cedric Jaurgoyhen Madala, 33 ans, a été retrouvé vendredi « avec un impact de balle […] dans la ferme où il habitait, un lieu isolé et éloigné » du centre-ville, à Barra Grande, a expliqué la police de l’État de Rio dans un communiqué. L’assassinat « aurait eu lieu jeudi ou vendredi » et « l’enquête se poursuit pour élucider les circonstances du crime et le mobile ». Interrogé par l’AFP, le consulat de France à Rio de Janeiro n’a pas souhaité faire de commentaire à ce sujet.

Photographe, le trentenaire a également travaillé comme plasticien et artiste performatif. La sœur et plusieurs de ses amis se sont manifestés sur les réseaux sociaux pour lui rendre hommage. « Cédric n’est plus de ce monde, il vient d’être brutalement assassiné et on a brûlé sa maison dans la région de Paraty ». Cédric Jaurgoyhen Madala vivait depuis plusieurs années à Paraty, cité balnéaire et culturelle où le célèbre festival annuel de littérature Flip doit débuter le 25 juillet.

La victime a réalisé plusieurs expositions au Brésil, certaines comprenant des performances et des installations.

Sa sœur, Sophie Chauvet, a été la dernière personne a l’avoir vu en vie mercredi de la semaine dernière. Le corps de l’artiste français a été retrouvé par un maçon qui travaillait sur un chantier de construction voisin de la petite ferme incendiée occupée par la victime.

Ce crime non encore élucidé a particulièrement choqué les habitants de Paraty et les amis de Cédric Jaurgoyhen Madala. Parmi eux, la photographe française Claire Alice Jean, installée depuis plus de trois décennies à Rio : « Je ne puis m’habituer à tant de violence, très choquée par tant d’inhumanité. J’ai perdu un grand ami, un artiste qui était en train de construire son nid avec amour, dans un endroit paradisiaque. Il travaillait dur pour rendre son espace confortable. C’était une douce personne qui s’entendait bien avec tout le monde et qui voulait juste de l’amour ». Selon elle, il travaillait sur un gros projet mêlant photos, films, chants et artisanat. « Malheureusement, ils ont mis le feu à sa maison et tout a disparu ». Il écrivait également un livre sur son travail. « Nous travaillerons à rassembler des vidéos et des photos pour rendre hommage à cet artiste talentueux », ajoute Claire Alice Jean.

Nicaragua: l’ONU et des pays d’Amérique latine réclame la cessation des violences

Treize pays d’Amérique latine, dont le Brésil, l’Argentine, le Costa Rica et le Honduras, ont réclamé lundi dans une déclaration commune publiée à Bruxelles la cessation immédiate des actes de violence au Nicaragua.
Ces pays condamnent les violences qui ont causé plus de 300 morts et des centaines de blessés et la répression des autorités contre des étudiants et des civils, selon la déclaration commune rendue publique par l’ambassade du Brésil. Ils réclament le démantèlement de groupes paramilitairesPar ailleurs, le secrétaire général de l’ONU demande l’arrêt des violences et la reprise du dialogue.

Guyane : l’hôpital de Cayenne fonctionne au ralenti, car il ne paye pas ses fournisseurs dans les temps

 

L’hôpital de Cayenne (le Char – Centre Hospitalier Andrée Rosemon) s’apparente de plus en plus à un hôpital du tiers monde avec une gabegie financière hors du commun ! Entre les recadrages financiers et les missions inutiles, la situation ne cesse de se dégrader. Même les médecins sont désemparés au point d’avoir démissionné en masse. En effet, le 3 mai dernier, 17 médecins urgentistes déposaient leur démission pour protester contre des moyens insuffisants et un manque de personnel ! Une première dans un hôpital français. Au mois de juin, une marche de 200 personnes a été lancée afin de soutenir les 17 urgentistes démissionnaires. Les médecins urgentistes, au nombre de 25 initialement, estiment toujours qu’il y a besoin d’au moins 40 urgentistes. Alors que la France triomphait dimanche à Moscou, un communiqué sidérant et rapporté sur les réseaux sociaux tombait :

« Depuis cette nuit le centre hospitalier de Cayenne n’a plus la possibilité de réaliser un examen de laboratoire des plus courants à savoir la NFS numération de la formule sanguine […]. Comment cela est-ce possible ? Nous sommes face une nouvelle fois à des retards de paiement de la part de l’hôpital envers ses fournisseurs […] le manque de réactif rend l’examen de la NFS impossible ce qui met en grande difficulté les soignants ». Sanitaire 973 poursuit : « Quelle solution pour le patient avec de la fièvre aux urgences de Cayenne, pour le patient dont l’état s’aggrave dans un service de l’hôpital, quand on entend en boucle le fait que l’hôpital ne manque pas d’argent ? Qu’il vient d’obtenir plus de 40 millions d’euros et que l’on continue d’entendre ce n’est pas un problème d’argent ? »

Brésil : retour de la polio et de la rougeole ?

Dans les rues, au Brésil, les touristes sont souvent étonnés du nombre d’estropiés. La plupart sont des victimes de la polio. Il est courant de voir des handicapés (atrophie d’un membre) encore relativement jeunes. Des quinquagénaires voire des quadragénaires pour la plupart. La maladie grâce à la vaccination rendue obligatoire dans les années 80 a éradiqué la paralysie spinale infantile (la poliomyélite), mais voilà qu’elle revient ! Et ceci parce qu’il semble que l’on vaccine de moins en moins. Le Ministère fédéral de la Santé a lancé l’alerte il y a quelques jours. Dans plus de 300 municipalités, le nombre d’enfants de moins de cinq ans vaccinés ne dépasse pas… 50 %, alors qu’il était quasiment de 100 % à l’aube du XXIe siècle ! La rougeole, éradiquée officiellement en 2016 (seulement !) revient également en force, notamment dans les États amazoniens. Si pour la polio c’est surtout la négligence qui relance la maladie, dans le nord du pays la recrudescence de la rougeole serait une des conséquences de l’immigration vénézuélienne. Mais il y a une autre cause beaucoup plus insinue, c’est la rumeur. Elle circule sur les réseaux sociaux et notamment sur l’application WatsApp. Car, tout comme en Europe, il y a en Amérique latine une minorité agissante anti-vaccins. Elle surfe sur les cas extrêmement rares de personnes ayant été victimes de tel ou tel vaccin. Le gouvernement fédéral et les États vont lancer prochainement des campagnes d’information surtout en direction des parents ayant des enfants de moins de cinq ans. Par ailleurs, les centres de vaccinations vont être plus visibles et leurs horaires adaptés à ceux des travailleurs urbains.

Fièvre jaune Par ailleurs, des cas de fièvre jaune ont fait leur apparition début septembre 2017 dans l’État de São Paulo. Au moins 30 décès dus à la fièvre jaune seraient survenus depuis le mois de décembre dernier. Brasília a annoncé le lancement début février d’une campagne de vaccination contre la fièvre jaune d’environ vingt millions de personnes (soit 10 % de la population) à partir de mars 2018. Trois États sont concernés : Rio de Janeiro, São Paulo et Bahia. Des doses fractionnées (un cinquième de la dose habituelle) seront utilisées pour éviter le risque de pénurie.

Colombie : À la frontière avec le Venezuela 20 000 personnes ont fui un conflit pour le contrôle de la production de drogue

Des combats opposent les rebelles de l’Armée de libération nationale (ELN) à un autre groupe, « Los Pelusos », qui regroupe des éléments de la guérilla maoïste de l’EPL, Armée populaire de libération, un groupe de narcotrafiquants qui serait issu d’une guérilla maoïste. La population fuit les zones de combats : 20 000 personnes, à ce jour, ont dû quitter leur domicile.

Pour Gérard Gomez, responsable de l’OCHA en Colombie, ces combats ont lieu dans « un endroit totalement abandonné par l’État colombien. C’est là que l’on retrouve énormément de champs de coca qui sont d’un intérêt stratégique et économique pour ces groupes ». Un territoire traditionnellement marqué par la présence des groupes armés illégaux, selon Gérard Gomez et des groupes qui se battent entre eux pour son contrôle. Des « violations des droits de l’homme et des infractions au droit international », dénonce le bureau de l’ONU chargé des affaires humanitaires, l’OCHA, après que 15 000 à 20 000 personnes ont été déplacées par les combats pour le contrôle du trafic de drogue, selon l’OCHA.

La coca

Le Bureau national de contrôle de la drogue (ONDCP), aux États-Unis, a publié fin juin des chiffres montrant que la culture de coca en Colombie a atteint un niveau historique en 2017 avec 209 000 hectares, en hausse de 11 % sur un an. Sur la même période, la capacité de production de cocaïne pure a bondi de 19 %, passant de 772 à 921 tonnes en 2017, un autre record historique.

La Colombie est le deuxième pays avec le plus grand nombre de déplacés internes, avec 7,7 millions de personnes, derrière la Syrie (12 millions), selon le rapport annuel du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Brésil & Guyane

Trafic de migrants : un enfant récupéré à Oiapoque, un Guyanais arrêté

La police fédérale brésilienne a annoncé avoir récupéré un enfant haïtien âgé de sept ans victime d’un trafic de migrants. Elle a précisé qu’ un Guyanais faisant partie d’une bande opérant du sud du Brésil au nord, mais aussi au Guyana et au Suriname avait été arrêté. Ce serait le ressortissant français qui devait convoyer l’enfant pour le compte de commanditaires en se faisant passer auprès de la famille de la petite victime pour un passeur. La famille aurait payé l’homme 16 000 R$ (env. 3650 €), « un coyote » (passeur dans le langage du milieu), pour qu’il le conduise du Guyana au sud du Brésil après son arrivée depuis Haïti.

Le van du passeur aurait été dans un premier temps intercepté par la police française et la PF à Saint-Georges. L’enfant a été récupéré à Oiapoque (petite ville frontière entre le Brésil et la Guyane sur le fleuve éponyme) par les fédéraux alors que l’opération commençait à tourner en kidnapping puisque le prétendu passeur réclamait encore plus d’argent pour mener sa mission à bien ! Comme il n’arrivait pas à ses fins, il menaçait carrément d’abandonner le môme. D’ailleurs, il semble qu’il avait déjà obtenu plus d’argent en traversant le Suriname. Grâce à plusieurs renseignements échangés entre les pays concernés, dont la Guyane française que le coyote et l’enfant ont traversée, les policiers français et brésiliens ont pu reconstituer une partie du voyage mouvementé effectué par le gamin. Il a été remis à ses parents qui vivent légalement à Porto Alegre.

Bien que la plupart des faits aient eu lieu en dehors du Brésil, la police fédérale ouvre une enquête car, grâce aux renseigements fournis par le Suriname et la Guyane, et surtout aux photographies et aux messages découverts dans le smartphone du coyote, elle espère mettre la main sur tout un réseau.

Les trafiquants et passeurs sont désormais légion depuis les vagues migratoires dans la région avec notamment les Vénézuéliens, les Haïtiens et les Boliviens.

Ci-dessous le poste frontière d’Oiapoque entre le Brésil et la Guyane française (Photo Marco Zero Noticias)

Nicaragua : deux jeunes tués par les forces progouvernementales, dont un dans une église

 

Le Nicaragua se relèvera-t-il après la vague de violence qui s’abat sur le pays ? Y aura-t-il un après-Ortega ? Des questions qui, pour l’heure, restent sans réponse. Hier, samedi 14 juillet deux jeunes ont été abattus par les forces progouvernementales alors qu’avec 200 autres étudiants ils avaient trouvé refuge dans une église. Au total, plus de 270 personnes ont trouvé la mort et quelque 2 000 ont été blessées dans les violences qui secouent ce pays, le plus pauvre d’Amérique centrale, depuis trois mois, selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).

Les deux jeunes ont été tués d’une balle dans la tête, l’un à l’intérieur de l’église et l’autre sur une barricade, ont raconté des témoins. « On nous a dit qu’il y avait deux morts et plusieurs blessés », avait peu de temps avant ce dénouement annoncé le cardinal nicaraguayen Leopoldo Brenes à son arrivée aux abords de l’église encerclée depuis vendredi soir par des policiers et des paramilitaires pour tenter d’en faire sortir les étudiants. Le cardinal Leopoldo Brenes, le président de la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), a qualifié le gouvernement d’unique responsable de ces évènements.

« Ils tiraient pour tuer (…) ils avaient des armes de gros calibre », a dénoncé devant la presse, une fois arrivé en car à la cathédrale de Managua, un des étudiants évacués de l’église de la Divine Miséricorde. Celle-ci est située dans le sud-ouest de la capitale, près de l’Université nationale autonome (UNAN) où s’étaient réfugiés environ 200 étudiants participant aux manifestations contre le président Daniel Ortega. Pendant la nuit, un curé était sorti de l’église, portant le drapeau du Vatican, pour évacuer des blessés graves ainsi qu’un journaliste américain du Washington Post, Joshua Partlow.

Daniel Ortega, ancien sandiniste, se disant appartenir à la gauche révolutionnaire s’accroche au pouvoir depuis 2007 alors qu’il l’avait occupé de 1979 à 1990. Âgé de 72 ans, le despote a nommé son épouse vice-présidente. La population veut le voir partir accusant le couple et le clan Ortega de corruption et de népotisme. Le couple présidentiel est accusé d’avoir durement réprimé les manifestations et mis en place une dictature. Ses adversaires politiques et l’Église demandent des élections anticipées ou son départ.

Vendredi à Masaya, la ville la plus rebelle du pays située à une trentaine de kilomètres au sud de Managua, des partisans de Daniel Ortega ont tiré dans le quartier de Monimbo, tuant un policier et un manifestant, a affirmé Alvaro Leiva, un responsable de l’Association nicaraguayenne des droits de l’homme (ANPDH), selon l’AFP. Les témoins affirment que les miliciens utilisaient des armes de guerre.

Samedi, pour la troisième fois, des centaines d’opposants ont quant à eux formé une caravane de véhicules qui s’est étirée sur plusieurs centaines de mètres dans les rues de Managua. Une fois de plus, ils réclamaient la démocratie et la justice.

Haïti : le Premier ministre cède

Le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant a annoncé sa démission samedi, une semaine après des violences déclenchées par une tentative du gouvernement d’augmenter les prix des carburants. « Le président de la République a accepté ma démission et, comme je vous dis, je suis au service de la République », a déclaré Jack Guy Lafontant, devant la Chambre des députés.

Brésil : Lula acquitté dans une de ses procédures pénales

Sil reste en prison, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva a été acquitté jeudi dans une des six procédures pénales en cours. Il avait été accusé en 2016 d’avoir essayé d’acheter le silence de l’ex-directeur de l’entreprise d’État Petrobras Nestor Cervero. Le magistrat en charge du dossier a souligné le manque de preuves pour soutenir l’accusation. Lula, qui rejette toutes les accusations contre lui s’estime, sans doute à raison, victime d’un complot pour l’empêcher de revenir au pouvoir.

La République du Nicaragua est un petit pays d’Amérique centrale coincé entre le riche et prospère Costa Rica et le violent Honduras. À bâbord, le Pacifique, à tribord l’Atlantique. Sa capitale (et plus grande ville) est Managua. Le Nicaragua est membre de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques chère à J.L. Mélenchon (Alba) depuis 2007. Colonisé par l’Espagne puis occupé par les États-Unis, il gagne son « indépendance » avec le retrait des troupes américaines en 1925. De coups d’État en guérillas, le pays s’appauvrit et devient l’un des plus instable de tout le continent américain.

Anastasio Somoza García devient le premier dirigeant de la Garde Nationale. Avec le soutien des États-Unis, Somoza fait assassiner son principal opposant politique, Sandino, en février 1934 et prend le pouvoir en 1936. Il ordonne également le massacre des anciens guérilleros de Sandino et de leurs familles. Il instaure alors une dictature personnelle de 1936 à son assassinat en 1956. Ses fils, Luis et Anastasio, lui succèdent et le pays reste assujetti à la dictature. Les Somoza se posent comme anti-communistes et bénéficient de l’appui des États-Unis tout au long de la Guerre froide…. La suite sur Wikipedia.

Daniel Ortega Saavedra, né le 11 novembre 1945 à La Libertad, est un homme d’État nicaraguayen, membre du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) au sein duquel il participe au renversement de la dynastie des Somoza. Président de la Junte de gouvernement de reconstruction nationale durant la première période de la révolution sandiniste, de 1979 à 1985, il est président de la République de 1985 à 1990 et de nouveau depuis le 10 janvier 2007.

Rosario Murillo Zambrana, née le 22 juin 1951 à Managua, est une poétesse, révolutionnaire sandiniste et femme d’État Nicaraguayenne. Elle est l’épouse du président du Nicaragua Daniel Ortega et la vice-présidente du pays depuis le 10 janvier 2017.

Pour en savoir plus sur Daniel Ortega, voir ici. Sur son épouse, lire .

Brésil : l’enquête sur l’assassinat de Marielle Franco est quasi au point mort.

L’enquête sur l’assassinat de Marielle Franco piétine. C’est le moins que l’on puisse dire et Amnesty Internationale tire la sonnette d’alarme.

« Faute de solidarité internationale, nous craignons que l’assassinat tragique de Marielle ne soit jamais élucidé. Deux mois se sont depuis écoulés, et nous devons rester mobilisés pour montrer aux autorités brésiliennes que les gens ici et là à travers le monde ne se tairont pas tant que justice n’aura pas été rendue, a déclaré Jurema Werneck, directrice exécutive d’Amnesty International Brésil. Chaque jour qui passe sans que des avancées aient été réalisées incite davantage encore à douter de l’efficacité de l’enquête. Nous ne pouvons pas laisser cette affaire non élucidée. Qui a tué Marielle et Anderson, et qui a ordonné ces assassinats ? Ces questions ne doivent pas rester sans réponse », a déclaré la maman de Marielle. « Nous savons que l’enquête est menée avec sérieux et nous espérons qu’elle se poursuivra de cette façon jusqu’à ce que nous obtenions des réponses concrètes, et ce pas uniquement pour la famille, mais aussi pour le reste du monde. Nous devons continuer de nous battre », a ajouté la mère de Marielle, Marinete da Silva.

« L’absence de progrès dans l’enquête sur le meurtre de la défenseure des droits humains et conseillère de la ville de Rio de Janeiro Marielle Franco et de son chauffeur Anderson Gomes le 14 mars [lire sur ce site ICI] soulève des interrogations quant à la crédibilité de la justice pénale au Brésil » peut-on lire sur le site de l’ONG internationale. Les investigations doivent encore clarifier les informations parues dans les médias selon lesquelles les caméras de surveillance filmant le lieu du crime avaient été désactivées la veille des coups de feu et les balles tirées provenaient d’un lot acheté par la police fédérale brésilienne. L’arme du crime serait un pistolet-mitrailleur que seules les forces de sécurité utilisent et des armes du même modèle auraient disparu de l’arsenal de la police civile. En outre, le mode opératoire et la précision des tirs laissent à penser que certains des auteurs ont suivi une formation spécialisée.

Argentine : le fisc à la chasse aux supporters fraudeurs

S’il y en a qui ont très attentivement suivi l’équipe d’Argentine durant le Mondial ce sont bien les agents du fisc de ce pays. Mais ils ont surtout scruté les tribunes, épluché les réservations passées dans les agences de voyages, mais aussi la direction des migrations — qui gère les entrées et sorties du territoire — et les relevés des cartes de crédit pour visualiser les dépenses effectuées pendant l’événement sportif. Il s’agit pour l’Administration fédérale des recettes publiques (AFIP). Cette vaste enquête va en effet vérifier si le niveau de dépenses des Argentins ayant fait le voyage en Russie est cohérent avec leurs revenus déclarés aux impôts. Après le football, la fraude fiscale est le deuxième sport national en Argentine. Le responsable de l’AFIP, Leandro Cuccioli, estime qu’elle atteint 35 % en Argentine, alors que la moyenne est de 15 % dans les pays développés. La presse rapporte qu’une centaine de cas auraient déjà été détectés. Parmi eux, celui d’un supporter dont l’image avait circulé sur les réseaux sociaux parce qu’il avait posté une vidéo sur Facebook dans laquelle il se moquait des femmes russes. Cet Argentin n’a jamais fait de déclaration d’impôts. Il va sans doute la trouver saumâtre quand il sera face au comité d’accueil à son retour au pays.

Amazonie : bientôt des femmes prêtres catholiques ?

Comme le révèle Le Figaro, un document du Vatican ouvre la possibilité d’un « ministère officiel qui peut être conféré aux femmes » en Amazonie. Si le texte n’est pas plus précis, le quotidien croit savoir qu’il pourrait s’agir de femmes diacres. Ce projet, encore très flou, ne concernerait pas l’ensemble de l’Église catholique, mais seulement l’Amazonie, qui s’étend tout de même sur neuf pays : la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l’Équateur, le Guyana, le Pérou, le Suriname, le Venezuela et la Guyane française. Ce texte du Vatican est le document préparatoire au synode sur l’Amazonie, qui aura lieu en octobre 2019, précise Le Figaro : la mesure sera donc discutée pendant ce rendez-vous avant d’y être, peut-être, adoptée.

Québec : Airbus et Bombardier pour le nouvel A220

Le nouvel Airbus A220 sera en fait un avion développé par le canadien Bombardier. Airbus, qui vient de reprendre le programme en main, vise le marché des appareils de 100 à 150 places. L’avionneur européen espère vendre 3 000 avions de ce type dans les vingt prochaines années. Ils sont fabriqués au Québec, en Chine et en Irlande du Nord. Airbus et Bombardier avaient annoncé leur rapprochement en octobre dernier.

Brésil : Ouverture d’une enquête sur les juges impliqués dans le conflit pour ou contre la libération de Lula

Le Conseil National de Justice (CNJ) de Brésil a annoncé l’ouverture d’une enquête contre les 3 juges qui, ce dimanche 8 juillet, ont été impliqués dans le conflit judiciaire pour la libération de l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva. Selon le CNJ, il y a eu huit plaintes contre le juge du Tribunal Régional Fédéral 4 (TRF-4) Rogério Favreto et deux contre le juge Sergio Moro. Feuilleton interminable !

Argentine : découverte d’un dinosaure géant de plus de 200 millions d’années

RFI : En Argentine, une équipe de chercheurs a retrouvé les restes d’un dinosaure géant datant d’il y a plus de 200 millions d’années. Une découverte majeure dans le monde scientifique, puisque ce spécimen mesure trois fois la taille des autres dinosaures les plus grands de cette époque déjà découverts. Le dinosaure proviendrait de l’époque du Trias – celle qui s’étend de moins 200 à moins 250 millions d’années. Selon les spécialistes, ce nouveau spécimen, baptisé « Ingenia Prima », était assez jeune, il mesurait environ 7 mètres et pesait une dizaine de tonnes. Pour comparer, c’est à peu près le poids de trois éléphants. Les chercheurs ont une idée à peu près claire de ce à quoi ressemblait ce dinosaure puisqu’ils ont retrouvé des vertèbres s’étalant du cou à la queue, et une partie des os des pattes avant et arrière.

Chili : Santiago expulse d’un bâtiment municipal 42 familles haïtiennes et péruviennes

Au moins 42 familles haïtiennes et péruviennes seront expulsées par la municipalité de Santiago d’un bâtiment qui les abritait. Une partie du Cienfuegos 237 où vivaient ces familles a été complètement ravagée par un incendie le 18 mai dernier. Mais les migrants sont revenus sur les lieux, ne sachant où aller ailleurs. « Des gardes ont été chargés de sécuriser l’espace pour empêcher toute intrusion de ces immigrants de jour comme de nuit », a précisé le porte-parole d’un groupe d’appui chilien aux réfugiés et aux immigrés.

Source de la capture d’écran (photo)

Lula : « Je veux être candidat pour que le Brésil recouvre sa souveraineté »

Dans la note, publiée ce mardi (10/07), Lula a déclaré que le patrimoine national est bradé de façon irresponsable par Michel Temer (l’actuel président par intérim.

« Il est très triste que le patrimoine public, construit avec de grands sacrifices par le peuple brésilien à partir du milieu du XXe siècle, soit vendu de façon irresponsable, à des prix dérisoires, pour couvrir l’illégitimité du coup d’État [il y a deux ans, la droite et l’extrême droite évangélique avaient chassé du pouvoir Dilma Rousseff qui avait été élue en toute légitimité], ceci entraîne le renoncement à toute la souveraineté qu’un pays doit avoir ». Lula vise la vente à des compagnies étrangères de plusieurs fleurons brésiliens notamment dans l’aéronautique et la pétrochimie. Il a conclu sa note par ces mots : « Vous pouvez être sûr que je serai candidat pour, entre autres choses, récupérer la souveraineté du peuple brésilien ».

Cristiano Zanin coordinateur de la défense de l’ex-président garde toutefois bon espoir de faire libérer Lula au mois d’août. Il affirme que le juge Moro est de plus en plus hors les clous. Lundi et mardi, quasiment toute la presse s’est gaussée de l’imbroglio judiciaire autour de la vraie fausse libération de Luiz Inacio da Silva. Sepúlveda Pertence, juriste respecté, ancien membre du TSF [Cour suprême] a quant à lui déclaré qu’il n’avait jamais vu une « telle comédie judiciaire »

Argentine: des dizaines de milliers de personnes manifestent contre la rigueur et le FMI

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté lundi à Buenos Aires contre la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) et la politique de rigueur économique du président argentin Mauricio Macri.

Chili: Justice, enfin, pour le chanteur Víctor Jara

Cinq ans et demi après leur inculpation, neuf militaires chiliens ont été condamnés le 3 juillet 2018 à Santiago pour la mort du chanteur Víctor Jara, le 16 septembre 1973, dans les jours qui suivirent le coup d’Etat du général Augusto Pinochet. Huit écopent de 18 ans de détention, le dernier de 5 ans pour complicité. Il aura donc fallu 45 ans pour qu’aboutisse le procès de l’assassinat de celui qui fut, avec le président Salvador Allende, la victime la plus célèbre du putsch militaire. Lire l’article dans “Libération”.

Violences en Haïti et au Nicaragua avec le FMI en toile de fond

La contestation ne retombe pas en Haïti

Depuis le 6 juillet, les violences paralysent Haïti. Une décision du gouvernement sur les prix des carburants a provoqué le mécontentement des citoyens. En fait, l’augmentation sans précédent du prix des carburants (38 % pour l’essence, 47 % pour le diesel et 51 % pour le kérosène est due à la fin des subventions publiques sur les produits pétroliers réclamé par le FMI (le Fonds monétaire international). Un accord avait été signé à ce sujet entre le FMI et Port-au-Prince le 25 février. Cet accord, dit « SMP » pour Staff Monitored Program (programme surveillé par le personnel) aurait pour objectif de relancer la croissance économique et de réduire l’extrême pauvreté. Le programme s’étend de mars à août 2018.

Le FMI s’était félicité de cet accord comme « un signe important d’engagement à améliorer les conditions de vie et à augmenter les opportunités économiques du peuple haïtien ». Toutefois, les Haïtiens reprochent à leur gouvernement d’avoir céder trop rapidement aux exigences du FMI alors que leurs conditions de vie ne cessent de se dégrader.

Les barricades ont été déblayées, mais le calme est encore précaire en ce début de semaine. La population de la capitale se terre chez elle, quand les gens sortent s’est surtout pour essayer de s’approvisionner en eau potable.

La colère contre le pouvoir exécutif est intacte, car la très mauvaise gestion de la crise par le président Jovenel Moïse est grandissante même chez beaucoup de ses partisans. Les Haïtiens veulent désormais des mesures concrètes. De plus en plus de voix réclament le départ de Jovenel Moïse.

 Nicaragua : des membres de l’Église catholique agressés à Diriamba

L’escalade de la violence continue au Nicaragua. Le conflit entre le pouvoir (Ortega) et les opposants a déjà fait au moins 350 morts depuis le début du mois d’avril. Dix-sept nouvelles personnes sont mortes ce week-end dans l’est du pays. À Diriamba (sud-ouest) ce sont plusieurs membres de l’Église catholique qui ont été agressés par des groupes paramilitaires partisans du président Ortega. Ils ont fait irruption dans une basilique où des manifestants s’étaient réfugiés. Des prélats catholiques ont été molestés. Plusieurs journalistes nationaux et étrangers qui couvraient la visite ont également été attaqués et certains ont été dépouillés de leur matériel, notamment des reporters de l’AFP.

L’opposition et l’Église catholique avaient appelé le président Ortega, 72 ans, à organiser des élections générales anticipées. Mais Daniel Ortega, 72 ans, s’accroche au pouvoir. Début 2018, il mène une réforme des retraites visant à augmenter les contributions des employeurs comme des salariés et à baisser de 5 % le montant des retraites afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale, sur recommandation du Fonds monétaire international.

L’Église catholique fait office de médiatrice dans ce petit pays d’Amérique centrale bordé par l’Atlantique et le Pacifique. L’Église avait annoncé une reprise du dialogue lundi entre le gouvernement et l’opposition. Le pays est en proie à des violences depuis trois mois.

 

Brésil : Lula, prisonnier politique

 

La Fondation Internationale des Droits de l’Homme, basée en Espagne et présente dans une quinzaine de pays, a accordé à Lula le statut de prisonnier politique après sa vraie fausse libération. L’ordre du juge Rogerio Favreto dimanche 8 juillet, de libérer l’ex-président a été illégalement ignoré par la police fédérale. Le juge Sérgio Moro a mis tout son poids dans la balance pour que cette libération ne soit pas effective. Le magistrat a montré qu’il s’acharnait contre Lula et sa procédure est de plus en plus contestée même par des juristes n’ayant guère d’affinité avec le PT et la gauche. La partialité de ce magistrat parfois adulé dans les médias européens comme Le Monde est désormais dénoncée par 11 gouverneurs, un manifeste de 125 juristes, des centaines d’avocats.

Certains demandant même des poursuites contre le juge désormais controversé.

USA: le nombre de travailleurs de plus de 85 ans atteint un record

 Le nombre de personnes de plus de 85 ans qui occupent un emploi n’a cessé d’augmenter depuis dix ans aux États-Unis. Ils sont désormais 4,4 % de cette classe d’âge à travailler, contre 2,6 % en 2006, rapporte un article du Washington Post. Le phénomène qui touche de manière égale Blancs, Noirs et Latinos, et toutes les régions des États-Unis a commencé juste après la crise majeure de 2008 qui a frappé de plein fouet les plans épargne retraite des Américains. C’est dans le secteur agricole que la proportion de travailleurs très âgés est la plus importante.

Nicaragua : un raid de la police contre des opposants fait au moins 15 morts

A l’aube de ce dimanche 8 juillet, des agents de la police anti-émeute accompagnés d’hommes en civil, cagoulés et fortement armés, ont pénétré dans les villes de Diriamba et Jinotepe pour démanteler des barrages routiers. Ces nouvelles attaques ont provoqué des affrontements meurtriers entre les opposants au régime de Daniel Ortega et les forces de l’ordre. Le bilan serait entre 15 et 20 morts.

Dans ce contexte, dans une lettre d’appel au secours adressée à l’ex président progressiste uruguayen Pepe Mujica, le poète Ernesto Cardenal, figure historique de la révolution sandiniste, exhorte la gauche latino-américaine et mondiale à dénoncer la répression sanglante exercée par le sinistre couple présidentiel Daniel Ortega-Rosario Murillo contre le peuple nicaraguayen insurgé. Lire l’article de SAINTUPERY dans Mediapart.

Brésil. Dans un message par WhatsApp, le ministre de la Sécurité publique, Raul Jungmann, déclare que le président de la TRF-4, Carlos Eduardo Thompson Flores, a ordonné au surintendant de la police fédérale de ne pas libérer Lula.

(Dimanche 8 juillet, 19:20, heure locale)

Lire ci-dessous

Brésil

Lula libéré… ou pas ?

Le juge Moro mis en difficulté par un manifeste de 125 juristes

Nouvel imbroglio et surtout agitation judiciaire dominicale spectaculaire autour du « cas » Lula. Une cour d’appel brésilienne a ordonné ce dimanche, à la surprise générale, la libération de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré depuis début avril.

Quelques heures plus tard, un autre juge ordonnait l’annulation de la précédente décision. Tandis que les partisans de Lula commençaient déjà à fêter sa libération, le juge Joao Pedro Gebran Neto a décidé de le maintenir en prison. Gebran a ainsi annulé la décision d’un magistrat de la même cour d’appel, le TRF4 de Porto Alegre… Obéissant en cela au juge Moro qui, désormais, risque de voir toute sa procédure remise en cause par de nombreux magistrats. On sait que le juge Moro n’a jamais apporté une seule preuve matérielle contre des faits de corruption qui auraient permis à l’ex-président d’obtenir la jouissance d’un triplex en bord de mer.

Nouveau rebondissement en toute fin d’après-midi : Malgré la contre-offensive des juges Moro et Gebran, qui ont donc empêché la liberation immédiate de Lula, le juge Rogério Favretto vient d’ordonner la libération immédiate de Lula, sous peine de désobéissance. Par ailleurs, le manifeste de 125 juristes signale que Moro et Gebran ont agi en dehors de la loi et sont ainsi devenus à leur tour des suspects et qu’ils n’ont plus de légitimité pour poursuivre dans cette affaire ! Plusieurs magistrats vont même jusqu’à demander qu’une procédure judiciaire soit ordonnée contre le juge Moro !

(Mise à jour dimanche 8 juillet à 17 :30)

La décision du juge Rogério Favreto est arrivée à 17h52 à la police fédérale pour la libération de l’ancien président Lula. Selon la police, le délai d’une heure imposé par le juge Favreto compte à partir de ce moment.Ce qui se passe en ce moment est une véritable guerre des nerfs, dans laquelle les policiers tentent d’obtenir une décision du président de la TRF-4, Carlos Eduardo Thompson Flores, empêchant la liberté de Lula“, écrit www.brasil247.com 

Légalement, Thompson Flores n’a pas les pouvoirs de révoquer l’habeas corpus accordé par Favreto.

Mise à jour à 18:45 (23:45 à Paris)

Mexique : Victoire historique de la gauche

 C’est une victoire historique de la gauche mexicaine qui arrive au pouvoir pour la première fois après trois tentatives. Le Mexique, depuis le début du XXe siècle était dirigé par le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui, bien que membre de l’internationale socialiste a glissé à droite surtout après 1946. Le PRI s’est maintenu à la tête de l’exécutif quasiment sans interruption jusqu’aux années 2000.

Andrés Manuel Lopez Obrador obtiendrait plus de 53 pour cent des voix. Ce matin, l’Instituto Nacional Eleitoral donnait le chiffre de 53,75 ou 53,88 %. Cette troisième tentative aura donc été la bonne pour Lopez Obrador, surnommé Amlo (ses initiales). « Je suis très conscient de ma responsabilité historique (…) Je veux passer à l’histoire comme un bon président », a-t-il déclaré entouré de sa femme et de ses enfants, devant une foule de plusieurs milliers de sympathisants réunis sur la place du Zocalo, dans le centre de Mexico. “Je ne vous décevrai pas ! “, leur a promis l’ancien maire de la capitale, âgé aujourd’hui de 64 ans.

Le plus dur reste à faire pour le nouveau président dans un pays ravagé par la violence et la corruption. « C’est un jour historique, avait anticipé le futur président avant de voter, promettant de lutter contre la corruption et chasser la “mafia du pouvoir” incarnée par l’impopulaire président Enrique Peña Nieto ».

« Ce mal [la corruption] est la cause principale des inégalités sociales et économiques. C’est aussi à cause de la corruption qu’a éclaté la violence dans notre pays. Par conséquent, éradiquer la corruption et l’impunité sera la mission principale du nouveau gouvernement. » a également déclaré Amlo. Il a ajouté, à propos des États-Unis : « Nous chercherons une relation d’amitié et de coopération pour le développement, toujours basée sur le respect mutuel et la défense de nos compatriotes migrants qui vivent et travaillent honnêtement dans ce pays ».

D’autre part, Obrador devra renégocier l’accord de libre-échange américain avec le Canada et les États-Unis où arrivent 80 % des exportations mexicaines.

La campagne électorale a été très violente et meurtrière. Au moins 145 candidats ont été assassinés. Généralement des candidats à des mairies. Car ces élections n’étaient pas uniquement présidentielles, mais générales.

La violence est partout au Mexique. On parle de plus de 200 000 victimes depuis 2006 et le lancement de la guerre contre le narcotrafic à l’aide de l’armée.

Nicaragua: des milliers de personnes défilent contre le président Ortega

Plusieurs milliers de Nicaraguayens ont défilé samedi à Managua et à travers le pays pour exiger la démission du président Daniel Ortega et pour que justice soit faite après la mort d’une vingtaine de mineurs, parmi les 220 victimes de la répression de la vague de contestation

Le Nicaragua est secoué depuis le 18 avril par une violente vague de protestation. Les manifestants exigent le départ du président Daniel Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, accusés de confisquer le pouvoir, de brider les libertés et de corruption. Mercredi dernier, Ortega avait assuré qu’il resterait au pouvoir quoiqu’il arrive.

Brésil: Lula toujours candidat et favori à la présidentielle

L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré depuis le 7 avril, demeure le favori pour les élections présidentielles d’octobre prochain, selon un sondage publié jeudi par l’Institut brésilien des opinions et statistiques publiques (IBOPE).   Il est crédité de 33% d’intentions de vote au premier tour suivi par le candidat d’extrême-droite et ancien militaire Jair Bolsonaro (15%). Derrière, les autres candidats sont entre 2 et 7 %.

Nicaragua: l’arrivée de troupes étrangères (dont 230 militaires russes) dans le pays inquiète l’opposition

Le Parlement du Nicaragua a autorisé la venue dans le pays de militaires de plusieurs pays de juillet à décembre, officiellement pour des entrainements et manoeuvres contre les trafics de drogues.  La mesure intervient en pleine répression d’un mouvement de protestation anti gouvernemental qui a fait plus de 220 morts depuis mi-avril (voir colonne de gauche). Il s’agit de 230 soldats venus de Russie, mais aussi de 160 militaires du Mexique, du Venezuela et de Cuba ainsi que d’un nombre non précisé de soldats d’autres pays d’Amérique centrale, des Etats-Unis et de Taïwan. Le député de l’opposition Jimmy Blandon s’est élevé contre la venue de militaires du Venezuela, pays qui soutient le régime sandiniste du président Daniel Ortega. La vague de contestation a été déclenchée le 18 avril par une réforme de la sécurité sociale et par la volonté affirmée du président Ortega de rester au pouvoir.

Mexique : du sang dans les urnes…

La fraude dans tous les esprits

 

Un journaliste assassiné, le 6e depuis janvier

Un journaliste a été assassiné dans la nuit de vendredi à samedi dans l’État de Quintana dans l’est du Mexique à la veille de l’élection présidentielle où plusieurs dizaines de candidats ont également été abattus à travers tout le pays.

José Guadalupe Chan, 35 ans, se trouvait dans un bar de la communauté indigène de Felipe Carrillo Puerto lorsqu’il a été tué par balles. Il est le sixième journaliste à avoir été assassiné au Mexique depuis le mois de janvier. Le journaliste travaillait pour un hebdomadaire en ligne, Playa News, qui couvre l’actualité dans la Riviera Maya, la zone touristique voisine de la célèbre station balnéaire de Cancun. Il venait de signer un article à propos du meurtre d’un partisan du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI). Un témoin a confié à Playa News que l’agresseur était entré dans le bar, s’était approché de Chan et lui avait tiré dessus à trois reprises.

 136 candidats assassinés. Record battu !

Le Mexique est le pays d’Amérique latine le plus violent avec le Honduras et les Brésil. Complètement gangréné par les narcotrafiquants et la corruption, il s’apprêterait à tourner la page en élisant ce dimanche le candidat de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador (dit Amlo), le candidat du parti de gauche Morena.

La violence aura toujours été en toile de fond lors de la campagne électorale : 136 candidats ont été assassinés ! Comme Fernando Puron, candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) alors qu’il prenait un selfie dans la rue. Un homme adossé à un mur, coiffé d’une casquette, s’approche de lui par-derrière et lui tire une balle dans la tête. La campagne pour les élections générales de ce dimanche est la plus sanglante qu’ait connue le Mexique.

Fraude

Par ailleurs, lors de ces élections générales (on élit non seulement le président, mais également les députés et les représentants municipaux) la fraude s’invite aux premières loges, notamment de la part du pouvoir en place : « Malheureusement, la fraude, c’est quelque chose qui est ancré dans le Parti révolutionnaire institutionnel [droite]. Et on n’en est pas exempts, parce que pour eux, la tentation de rester au pouvoir est très grande. Et c’est une pratique qu’ils ont dans leurs gènes » a déclaré au micro de RFI un électeur.

Patrick John Buffe, le correspondant de la radio française rapporte également : Ces derniers jours, Morena, le parti d’Andrés Manuel Lopez Obrador qui fait figure de grand favori, a évoqué la possibilité d’une fraude. Sa présidente, Yeidckol Polevnsky, a mis en garde ses adversaires : « Qu’ils n’essaient pas de commettre une fraude, parce que oui, ils vont se retrouver avec le diable. Parce qu’on ne va pas le leur permettre. À aucun prix ».

Guyane: Non à la Montagne d’or !

Les autochtones et écolos se fédèrent contre la Montagne d’or

Catastrophe écologique et humaine en vue !

La multinationale Nordgold qui exploitera la Montagne d’or est connue pour l’exploitation des mines du Burkina Faso qui, selon plusieurs rapports, viole les droits humains et réduit la population locale à un quasi-esclavage. Pensez-vous que les Lois françaises qui ont déjà du mal à être appliquées à Cayenne le seront au fin fond de la forêt ?

Mexique

La gauche au pouvoir dès dimanche ?

 

Dimanche, l’élection présidentielle pourrait faire passer le Mexique à gauche. Événement rare ces dernières années en Amérique latine. Andrés Manuel Lopez Obrador, le candidat du parti de gauche Morena est le grand favori. On l’appelle par ses initiales : Amlo. Dans ce pays de plus de 124 000 000 d’habitants (dont 88 000 000 inscrits sur les listes électorales), gangrené par la violence et la corruption, ce serait une révolution après des décennies d’hégémonie du Parti révolutionnaire institutionnel (droite).

Manuel Lopez Obrador, 64 ans, qui a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, dispose de plus de 20 points d’avance sur son rival le plus proche (Ricardo Anaya).

Dimanche 1er juillet il s’agira aussi d’élire des élus locaux et c’est à ce niveau que la fin de la campagne est particulièrement violente. « Plus de 110 candidats et dirigeants politiques ont été assassinés durant ce processus électoral qui est le plus violent qu’ait jamais connu le Mexique. Il faut préciser que cette violence s’exerce surtout au niveau local, dans les zones où sont implantés les cartels de la drogue. Le plus préoccupant, c’est qu’à quelques jours des élections, on assiste à une recrudescence de cette violence. Un candidat aux élections de dimanche au Mexique a été tué par balle lundi avec quatre autres personnes alors qu’ils se rendaient à un meeting de campagne, ont annoncé les autorités de l’État d’Oaxaca (sud). Autre incident, le vol, hier encore, de plus de 10 000 bulletins de vote dans l’État de Tabasco », écrit le correspondant de RFI à Mexico.

Amlo promet de pacifier le Mexique.

« C’est un homme honnête, déterminé à éradiquer les structures du régime corporatiste et clientéliste du Parti révolutionnaire institutionnel [au pouvoir pratiquement sans discontinuer depuis… 1929 !] », explique Irma Sandoval, spécialiste de la corruption à l’Université autonome du Mexique (UNAM).

Amlo n’est pas un débutant en politique. Il a été chef du gouvernement du District Fédéral (Mexico) de 2000 à 2005 et a déjà participé aux présidentielles de 2006 et 2012 où à chaque fois il a fini en deuxième position.

Mexique : Tous les policiers d’une même ville arrêtés après l’assassinat d’un candidat à la mairie !

Le correspondant de l’AFP au Mexique rapporte que les autorités de l’État du Michoacán (l’un des plus violents du pays), ont arrêté dimanche l’ensemble des agents de la police municipale d’Ocampo, une petite localité où un candidat a été abattu jeudi 21 juin. Ils sont soupçonnés d’avoir un lien avec ce meurtre. Il écrit : « La violence et la corruption sont omniprésentes dans la société mexicaine ». Près de 90 millions de Mexicains sont appelés à voter pour des élections générales : présidentielles, législatives et pour des postes locaux. Le tout ce dimanche 1er juillet.

Venezuela: la vice-présidente Delcy Rodriguez parmi les 11 personnalités sanctionnées par l’UE

La vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez, un ministre et deux hauts responsables du conseil national électoral sont parmi les 11 dignitaires vénézuéliens sanctionnés lundi par l’Union Européenne. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis à Luxembourg, ont ajouté les noms de onze responsables du régime sur la liste des Vénézuéliens interdits de visas et dont les avoirs dans l’UE seront gelés.

Caracas prétend que ces “mesures prétendument restrictives” sont “contraires au droit international”. Ex-ministre, ancienne présidente de l’Assemblée constituante, Mme Rodriguez avait été nommée vice-présidente le 15 juin par Nicolas Maduro dont elle est une proche. L’Union européenne avait déjà sanctionné en janvier sept responsables vénézuéliens accusés d’être responsables de graves violations des droits de l’homme.

Outre D. Rodriguez figurent dans cette nouvelle liste le ministre de l’Education Elias Jaua Milano, la vice-présidente du conseil national électoral Sandra Oblitas et son secrétaire général Xavier Antonio Moreno Reyes. Les sanctions imposées par les 28 sont le gel des avoirs et une interdiction de visas pour entrer sur le territoire de l’Union européenne. L’UE a en outre imposé un embargo sur les livraisons d’armes et sur les matériaux et moyens techniques pouvant servir à la répression interne.

Venezuela : l’ONU demande une enquête internationale

Des milliers de Vénézuéliens fuient la « révolution » bolivarienne qui est désormais une vaste escroquerie intellectuelle et surtout économique au seul profit du clan Maduro !

 

 « Quand une boîte de pilules contre l’hypertension coûte plus cher que le salaire minimum mensuel et le lait en poudre pour bébé plus de deux mois de salaire, mais que manifester contre une telle situation peut vous mener en prison, l’injustice extrême de tout cela est flagrante » a déclaré le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme ce vendredi 22 juin 2018, à Genève en rendant un nouveau rapport sur la situation dans le pays. « La situation des droits de l’homme au Venezuela est lamentable », a-t-il ajouté tout en appelant à créer une commission d’enquête internationale, et à un « engagement accru » de la Cour pénale internationale (CPI).

Usage de la force excessive, détentions arbitraires, tortures et mauvais traitements se poursuivent selon le Haut-Commissariat, qui souligne que cette répression menée par les autorités de l’État a commencé en 2014. Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès du pays aux experts de l’ONU, Le HCDH a chargé une équipe de spécialistes des droits de l’homme d’interviewer à distance quelque 150 personnes, dont des victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats et des médecins notamment. En conclusion, « compte tenu de l’ampleur et de la portée des violations », le rapport juge que « les États membres du Conseil des droits de l’homme devraient créer une commission d’enquête internationale ». « Étant donné que l’État ne semble ni capable ni disposé à poursuivre les auteurs de violations graves des droits de l’Homme, il y a de solides raisons de demander un engagement accru de la Cour pénale internationale », a également souligné le Haut-Commissaire.

D’après le rapport de l’ONU, les méthodes pour « intimider et réprimer l’opposition politique ou toute personne perçue comme étant une menace au gouvernement » se poursuivent, mais « ces détentions sont devenues plus sélectives que durant la période des manifestations », visant des activistes, des étudiants, des défenseurs des droits de l’Homme, des travailleurs des médias et des membres des forces armées.

Ce nouveau rapport accuse par ailleurs diverses forces de sécurité vénézuéliennes d’avoir procédé depuis 2015 à des centaines d’exécutions extrajudiciaires, visant surtout des jeunes dans les quartiers pauvres, dans le cadre d’opérations de lutte contre la criminalité. Plus de 500 exécutions extrajudiciaires auraient ainsi été menées entre juillet 2015 et mars 2017, selon le rapport qui s’appuie sur des statistiques de l’ancien procureur général, désormais en exil.

Au moins 12 320 personnes ont été détenues dans le pays entre janvier 2014 et avril 2018, et plus de 7 000 d’entre elles ont été libérées avec comme condition de respecter un certain nombre de mesures limitant leurs libertés. Au moins 570 personnes, dont 35 enfants, ont été détenues depuis bientôt un an.

Exécutions extrajudiciaires, détentions arbitraires et torture avec des violences sexuelles, etc. font désormais partie de l’arsenal répressif du clan Maduro.

Maduro peut rester au pouvoir jusqu’en 2025 suite aux dernières élections très critiquées par la communauté internationale. Il est président depuis 2013.

Par ailleurs, l’émigration vénézuélienne ne cesse d’augmenter. Les chiffres, toujours non officiels, et les projections montrent que la société perd des citoyens. L’estimation de quatre millions d’expatriés équivaut à 20 % du registre électoral expliquent Alexandra Sucre et Victor Amaya dans les colonnes de Clímax. La Colombie, le Brésil, les États-Unis et l’Espagne sont les principales destinations de ceux qui fuient la révolution bolivarienne. En Colombie, par exemple, les observateurs estiment que 35 000 personnes entrent dans le pays quotidiennement. Dans le nord du Brésil, des milliers de personnes traversent la frontière pour essayer de se procurer des médicaments et des produits alimentaires et hygiéniques de base.

On estime à au moins un million de Vénézuéliens ayant quitté leur pays au cours de dix-huit derniers mois.

Séparation enfants/parents aux USA: le gouverneur de New York veut poursuivre Trump en justice

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, un opposant politique au président américain Donald Trump, a déclaré mardi que l’Etat poursuivrait l’administration Trump pour avoir séparé les enfants des immigrants de leurs parents lorsqu’ils ont été appréhendés en traversant illégalement la frontière américaine. 

Andrew Mark Cuomo, la soixantaine est membre du Parti démocrate. Il fut secrétaire au Logement et au Développement urbain entre 1997 et 2001 dans l’administration du président Bill Clinton puis gouverneur de l’État de New York depuis le 1er janvier 2011.

Nouvelle flambée de violence dans les favelas de Rio

 Sept personnes, dont un adolescent, ont été tuées lors de fusillades entre narcotrafiquants et policiers. L’adolescent de 14 ans se rendait à l’école. Il a été atteint par une balle perdue.

L’intervention de l’armée (1800 soldats) dans les favelas de Rio de Janeiro n’a pas permis de diminuer la criminalité, ni l’insécurité, qui atteint désormais tous les quartiers de la ville.

Brésil. Annulation d’une loi qui censure les satires politiques

La Cour suprême du Brésil (STF) a annulé définitivement jeudi une loi qui interdisait les émissions satiriques sur des candidats à la radio et à la télévision pendant les scrutins, à quatre mois des élections générales. Les 11 juges de la plus haute juridiction du Brésil ont déterminé à l’unanimité l’invalidation d’amendements à la législation électorale datant de 2009 qui prévoyaient l’interdiction des satires politiques dans l’audiovisuel pendant les trois mois qui précèdent les élections. Cette loi n’avait jamais été appliquée de fait, un juge du STF l’ayant déjà suspendue provisoirement en 2010, avant que l’ensemble des magistrats ne l’invalide définitivement jeudi en séance plénière.

« Les gens qui ne veulent pas être caricaturés restent chez eux, ils ne se présentent pas pour occuper des fonctions politiques », a affirmé lors de son vote le juge Alexandre de Moraes. « Vouloir éviter (les dessins satiriques) par le biais d’une intervention illégitime de l’État contre la liberté d’expression est totalement inconstitutionnel », a-t-il insisté.

Une cinquantaine de migrants haïtiens bloqués dans une ville au Brésil

Selon la Pastorale de la mobilité humaine, au moins 200 immigrés haïtiens ont traversé la ville et chaque jour, des groupes entrent par la frontière avec la Bolivie. Le Bureau de la protection sociale indique qu’il a déjà accueilli 316 immigrés haïtiens cette année à Casa de Passagem, un endroit qui ne compte que 20 places. L’année précédente, il y en avait 186. Le conseil municipal a déclaré avoir mis sur pied un comité afin étudier un plan de prise en charge de cette population qui pourrait rester plus de six mois dans ce camp d’hébergement. La plupart viendrait du Chili où ils ne veulent pas rester. Ils ont souvent transité par La Paz.

Venezuela: la Constituante change de président

Au Venezuela, l’homme fort du parti chaviste au pouvoir, Diosdado Cabello, a été désigné à l’unanimité, mardi, nouveau président de la Constituante, cette assemblée « plénipotentiaire » élue le 30 juillet dernier et formée exclusivement de partisans pro-gouvernementaux. Il succède à Delcy Rodriguez, nommée par le président Nicolas Maduro la semaine dernière au poste de vice-présidente de la République.

Lire l’article de Julien Gonzalez sur RFI  (

Brésil  La présidente du Parti des Travailleurs Gleisi Hoffmann renaît de ses cendres

Ancienne cheffe du gouvernement de Dilma Rousseff et actuelle patronne du Parti des travailleurs (PT), la sénatrice Gleisi Hoffmann, n’avait cessé de dénoncer le « haut degré de politisation » de son procès. Elle vient d’être blanchie. Son mari, l’ancien ministre Paulo Bernardo, a également été acquitté. En cas d’empêchement définitif de Lula, elle pourrait se présenter à sa place aux élections présidentielles d’octobre.

La Norwegian confirme sa venue aux Antilles-Guyane et ses tarifs (bas)

Après les Etats-Unis, la compagnie low-cost Norwegian Air Shuttle a annoncé l’ouverture de nouvelles lignes vers la Guyane et le Canada au départ de la Guadeloupe et de la Martinique. 169 € pour un aller simple vers Cayenne depuis les Antilles françaises. “Cayenne, ce sera quatre fois par semaine. Les Antilles-New-York, ce sera tous les jours sauf le samedi. Et pour le Canada, ce sera trois fois par semaine” a indiqué le PDG de la compagnie Bjørn Kjos.

L’Uruguay: un pays de football qui affiche une réussite économique insolente

Des résultats économiques sans précédent

En 2017, l’Uruguay affichait une croissance de 2,7 %. C’est bien simple, depuis 15 ans le pays n’a cessé de connaître la croissance. Il faut remonter 16 ans en arrière pour trouver les prémices de cette réussite économique. A l’époque, l’Argentine est en faillite. Les ménages et les entreprises argentins décident alors de retirer leur argent des banques uruguayennes. Le pays est au bord de la banqueroute et ne doit son salut qu’à un plan de sauvetage du FMI.

Lire l’article complet de Thomas Lecloux sur le site de la Libre Belgique

Brésil : le Pain de sucre de Rio fermé

L’accès par le périphérique au site touristique suspendu après une… fusillade

La police militaire de Rio a confirmé dans un communiqué qu’une opération avait débuté dans la matinée dans des favelas sur les hauteurs du quartier de Leme, zone touristique du sud de la ville, où de nombreuses fusillades ont été recensées ces derniers jours, près de la célèbre plage de Copacabana.

Une fusillade a éclaté et un policier a été blessé sans gravité à la jambe.

En fin d’après-midi, un hélicoptère survolait la zone et des policiers étaient à la recherche des suspects en mer à bord de motos aquatiques, a constaté un photographe de l’AFP. 

Chili : La révolte des femmes

Depuis un mois, le Chili vibre au rythme de manifestations exceptionnelles: les Chiliennes se mobilisent par milliers pour dénoncer le machisme et les violences subies. Des abus visant plusieurs universitaires ont déclenché une colère nationale, également portée par les hommes.

« Alerte machiste, que tout le territoire devienne féministe » est devenu le nouvel hymne chilien. Depuis un mois, les rues de Santiago – et de nombreuses autres villes – vivent au rythme de manifestations dont les participantes revêtent des airs de Femen. Seins nus, inscriptions féministes sur le corps et le visage cagoulé, les Chiliennes dénoncent le machisme ambiant ainsi que les violences subies par les femmes, plus particulièrement par les étudiantes. En effet, de nombreuses plaintes d’abus visant des universitaires ont été recensées. Face à l’inaction des autorités, les facs ont rapidement été bloquées. « Il y a des dizaines de cas d’agressions, de harcèlement sexuel à l’université, mais on n’a pas de texte satisfaisant pour protéger les victimes et sanctionner les agresseurs. On est tellement en colère qu’on n’avait pas d’autre choix que de se mobiliser » explique Constanza Quinteros, étudiante en gestion à l’université du Chili.  Sources: RTL, NEON

Corruption : le Premier ministre suédois entendu sur la vente du chasseur Gripen au Brésil

Le Premier ministre suédois Stefan Löfven a été entendu vendredi à Stockholm, à la demande de la justice brésilienne, sur les soupçons de corruption entourant la vente au Brésil de chasseurs Jas Gripen aux dépens du Rafale. L’ancien président brésilien Lula est poursuivi dans cette enquête pour blanchiment d’argent et trafic d’influence, les procureurs l’accusant d’avoir reçu 2,25 millions de réais (l’équivalent de 1,04 million de dollars au cours actuel).

Ces sommes lui auraient été versées à travers une entreprise de son fils Luis Claudio aux fins d’influencer Dilma Rousseff, qui lui a succédé à la tête du pays en 2011, dans l’achat du Gripen produit par l’avionneur Saab. A son arrivée vendredi matin au tribunal, où il était entendu sous le simple statut de témoin, Stefan Löfven a nié toute connaissance de pots-de-vin liés au contrat d’armement signé en 2013 mais a admis avoir œuvré à promouvoir l’avion suédois alors qu’il n’était pas encore chef du gouvernement.

“Je suis un ouvrier, il est évident que j’aide une entreprise suédoise pour créer des emplois en Suède”, a dit cet ancien soudeur au quotidien Aftonbladet. Devant le juge, il a nié avoir rencontré Lula et Dilma Rousseff en Afrique du Sud en marge de l’hommage rendu au président défunt Nelson Mandela en décembre 2013. Il a également nié connaître Mauro Marcondes, intermédiaire présumé entre Saab et Lula. L’audition a duré moins de cinq minutes, croit savoir Aftonbladet.

Au Brésil: Les routiers ont fait reculer le Président de la République et fait tomber le patron de Petrobras

Il l’a précisé lui-même : « ma décision est ferme et irrévocable ». Pedro Parente, 65 ans, ex-ingénieur, a jeté l’éponge vendredi (1er juin) face à la fronde des routiers et aux divers reculs et nombreuses hésitations du gouvernement.

« Pedro Parente a demandé à quitter ses fonctions de président de l’entreprise ce matin », a annoncé le groupe basé à Rio de Janeiro dans un communiqué, précisant que le conseil d’administration allait nommer un patron intérimaire.

De son côté, le coordinateur de la Fédération unique des travailleurs du pétrole (FUP), José Maria Rangel, s’est félicité de démission « Les manifestations des camionneurs et des pétroliers ont réussi à remettre en cause la réputation de bon manager de Pedro Parente, il a été la cause d’un blocage qui a gravement endommagé la population brésilienne ».

Cela faisait exactement deux ans que Parente était en charge de Petrobras.

Dans une lettre adressée au président Michel Temer, avec lequel il s’est entretenu juste avant sa démission, Pedro Parente affirme que la grève des camionneurs et « leurs graves conséquences sur la vie du pays » ont déclenché un débat « intense et parfois émotionnel ».

Photos dont le montage en haut: Brasil 247

Pedro Parente né le 21 février 1953 à Rio de Janeiro. Chef de cabinet du président de la République fédérative du Brésil 1999-2003, puis Ministre de la Planification, du Développement et de la Gestion. Il est nommé à la tête de l’entreprise d’État brésilienne Petrobras 31 mai 2016. Membre du PSDB

Les actions — préférentielles et ordinaires — de Petrobras ont chuté de quelque 16 % puis de 20 % à la Bourse de Sao Paulo en mi-journée, en réaction à l’annonce de la démission de M. Parente. Le groupe avait déjà vu sa capitalisation boursière s’effondrer d’environ 40 % ces deux dernières semaines en raison d’un conflit national. Les transporteurs routiers qui ont paralysé le Brésil avec des barrages exigeaient une baisse des prix du gazole. Le gouvernement d’extrême droite du président Michel Temer a fini par céder aux revendications des grévistes, leur garantissant des prix plus bas pour les deux mois à venir, en contradiction totale avec la volonté, depuis 2016, d’accorder une forte autonomie à la société d’État, notamment en matière tarifaire. Après la grève de neuf jours des camionneurs, un Michel Temer très fragilisé avait laissé entendre qu’il pourrait retirer l’autonomie de Petrobras en matière de fixation de sa politique tarifaire, avant de reculer sur cette question.

En fait, les travailleurs du secteur pétrolier s’étaient mis en grève il y a cinq jours, emboîtant le pas aux camionneurs. Ils réclamaient une réduction des prix des carburants et du gaz de ville, la fin de la politique de vente d’actifs de Petrobras et la démission de Pedro Parente.

Venezuela

Crimes contre l’Humanité ?

Probable selon l’Organisation des Etats américains (OEA)

 Selon les experts mandatés par l’Organisation des États américains (OEA), il existe des éléments de preuves sur de possibles crimes contre l’humanité au Venezuela. « Il existe des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l’humanité ont été commis au Venezuela depuis au moins le 12 février 2014 ».  Ces « experts internationaux indépendants », désignés par le secrétaire général de l’OEA Luis Almagro, ont appelé à soumettre les éléments rassemblés à la Cour pénale internationale (CPI).

Le rapport, dont la première partie a été rédigée par le secrétariat général de l’OEA, porte notamment sur 26 récits de témoins qui se sont exprimés lors d’audiences publiques organisées en septembre, octobre et novembre 2017 ainsi que « des dizaines de témoignages de victimes, de familles de victimes et autres parties ». Le secrétaire général devrait inviter les États signataires du Traité de Rome à « appeler à l’ouverture d’une enquête sur les crimes contre l’humanité présentés dans ce rapport », selon le texte.  « 131 meurtres pendant les manifestations de 2014 et 2017. Les victimes ont été exécutées par des membres des forces de sécurité de l’État ou des colectivos » (groupes armés progouvernementaux, NDLR). « 8292 exécutions extrajudiciaires » ont été enregistrées depuis 2015 ! selon le rapport.

Par ailleurs au minimum 12 000 Vénézuéliens ont été détenus ou emprisonnés « de manière arbitraire » depuis la présidentielle de 2013.

 Un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme avait déjà dénoncé les excès du régime de Nicolas Maduro dès l’été 2017 : « Il existe au Venezuela une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations ».

 

Le 28 mai, réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union européenne ont annoncé vouloir « sanctionner les nombreuses irrégularités constatées lors de l’élection présidentielle remportée par Nicolas Maduro [en] affichant une volonté de ne pas nuire à la population vénézuélienne, dont l’Union européenne souhaite atténuer les souffrances ». Il s’agirait de sanctions ciblées et réversibles.

L’OEA

Les objectifs l’organisation sont de défendre la démocratie et les droits de l’Homme, de renforcer la sécurité du territoire, de lutter contre les trafics de drogue et la corruption, ainsi que d’aider aux échanges entre les différents pays de l’Amérique.      Si à un moment Cuba n’en fit pas partie, aujourd’hui, tous les pays du continent américain sont membres de l’Organisation des États américains (Organization of American States, Organización de los Estados Americanos, Organização dos Estados Americanos). Elle a été fondée en 1948. Le Conseil permanent, composé d’ambassadeurs nommés par les États membres, se réunit régulièrement au siège à Washington. La présidence du Conseil permanent est tournante : tous les trois mois, selon l’ordre alphabétique du nom des pays (en espagnol). Chaque État membre a une voix égale, la plupart des décisions se prennent par consensus. L’OEA a accordé le statut d’observateur permanent à 69 États (dont la France représentée par l’ambassadeur M. Michel Pinard) ainsi qu’à l’Union européenne. L’actuel président de l’organisation est Luis Leonardo Almagro Lemes, 55 ans, il est un avocat, diplomate et homme politique uruguayen. Il a notamment été ministre des Affaires étrangères de ce pays. Le Brésil, membre permanent de plein exercice est représenté depuis 2015 par M. José Luiz Machado (ancien ambassadeur du Brésil en Haïti).

Brésil: rejet d’un projet pétrolier de Total à l’embouchure de l’Amazone

L’Institut brésilien pour l’environnement (Ibama) a rejeté ce 29 mai 2018 le projet du groupe pétrolier français Total, qui souhaitait exploiter le pétrole et le gaz à l’embouchure du fleuve Amazone, les études d’impact environnemental ayant été considérées comme insuffisantes. Le pétrolier français qui s’est associé à d’autres sociétés – comme le britannique BP et le brésilien Queiroz Galvao – pour acquérir des zones d’exploration à l’embouchure de l’Amazone, n’a donc pour le moment pas obtenu la permission des autorités, nécessaire pour commencer les travaux. L’embouchure de l’Amazone est tapissée d’un vaste récif corallien  “fondamental pour l’équilibre environnemental car c’est un lieu de reproduction, une source de nourriture et le berceau de diverses espèces marines“, avait averti un procureur local, opposé à toute nouvelle licence d’exploration avant d’être complètement fixé sur l’impact que l’exploitation du pétrole brut peut avoir sur le lieu. Greenpeace avait lors de plusieurs campagnes au Brésil et en Guyane attiré l’attention sur le risque écologique couru par une exploitation pétrolière: “On sait depuis les années 50 qu’il y a des coraux au large de l’embouchure de l’Amazone (…) En cas de marée noire, le récif, mais aussi les côtes guyanaises pourraient être touchés”.

De son côté, Total communique: “ Les nouvelles observations formulées par l’Ibama sur notre projet d’exploration dans l’embouchure de l’Amazone ne constituent en aucun cas un rejet de celui-ci. Ces échanges réguliers font partie du processus préalable à l’attribution par les autorités locales du permis nécessaire pour engager toute opération. Total va analyser les besoins d’informations complémentaires demandées par l’IBAMA concernant l’étude d’impact environnemental du projet et y répondra.

La décision tombe juste après que Greenpeace a mené une campagne au large des côtes de la Guyane, pour observer le massif coralien qui s’étend face aux côtes brésiliennes. Cette expédition, menée avec des scientifiques sur son bateau, l’Esperanza, a permis de revoir à la hausse la taille du récif et son extension jusque dans les eaux françaises, où Total a également des projets de forage.

Au Brésil, le président Temer lâche du lest face aux camionneurs

Dans une nouvelle tentative de mettre fin à la grève des routiers qui paralyse le Brésil depuis le 21 mai, Michel Temer (extrême droite) a annoncé qu’il acceptait plusieurs revendications des grévistes. Heureusement qu ela fin de son mandat est proche car il est de plus en plus fragilisé !

Pour la presse brésilienne, le gouvernement a perdu son bras de fer contre les routiers : “Le gouvernement cède aux grévistes”, mais n’évite pas le chaos dans de nombreux secteurs de l’économie. Dans le même temps, le patron de la compagnie nationale Petrobras, Pedro Parente est de plus en plus contesté.

États-Unis : 1475 enfants migrants disparus des radars !

C’est une des conséquences catastrophiques de la politique inhumaine de Trump

Steven Wagner, haut responsable du département de la Santé US, a affirmé devant les sénateurs que les services chargés du placement des enfants de migrants non accompagnés dans des familles d’accueil ont perdu, durant les trois derniers mois de l’année 2017, toute information concernant 1475 enfants ! C’est ce l’on vient d’apprendre, notamment à la lecture du magazine Mother Jones (MoJo).

Ces enfants de migrants sont parfois entrés aux États-Unis seuls, mais souvent ils ont été séparés de leurs parents par les autorités américaines et ont été placés dans des familles d’accueil. Des placements qui se font en général auprès d’un membre de la famille de l’enfant, a expliqué Steven Wagner au Sénat, et si cela n’est pas possible, il se fait auprès de personnes qui se présentent comme des bénévoles. Le problème est que durant leurs placements, leurs parents sont poursuivis et il faut attendre les décisions judiciaires avant de statuer sur les enfants. Mais la plupart de ces enfants viennent d’Amérique centrale et ont été reconnus comme étant non accompagnés. Auparavant, les services sociaux et policiers enquêtaient pour retrouver un proche pouvant s’occuper d’eux, mais avec les nouvelles dispositions scélérates prises par l’Administration Trump, il n’y a plus d’enquêtes et, si de plus en plus de mineurs arrivent avec un ou des adultes, ils sont systématiquement séparés d’eux. Il y a bien une agence fédérale, Office of Refugee Resettlement, mais elle est totalement inefficace faute de moyens. Elle a vu ses budgets drastiquement amputés… À tel point que les services fédéraux chargés du suivi de ces enfants sont incapables de récolter la moindre information sur leur devenir !

Certains sénateurs républicains ont publiquement reconnu qu’il n’y avait aucun moyen de savoir si ces enfants « disparus des radars » sont entre des mains d’adultes malveillants, abusifs ou pire encore. Désormais, l’administration Trump a pour politique de systématiquement séparer les enfants de migrants des adultes (parents ou tuteurs). Et ce, dès la frontière avec le Mexique. Cette pratique inhumaine a pour conséquence immédiate de jeter à la rue des centaines d’enfants faute de suivi. L’ORR est impuissante. Elle n’a plus de moyens. C’est d’une cruauté sans nom selon Noah Lanard (journaliste). L’Administration fédérale américaine a donc perdu la trace de 1475 enfants et adolescents pour la plupart venant de pays d’Amérique centrale. Ils fuyaient la misère et la violence…

Brésil

Finalement l’intervention de l’armée n’a pas effrayé les grévistes de la route

La grève des camionneurs continue

Le mouvement de grève des transporteurs routiers continuait de paralyser le Brésil samedi, malgré l’appel du gouvernement à l’armée pour dégager les routes et celui d’un des principaux syndicats à lever les barrages.
Vendredi soir (25/05), peu après l’annonce du président Michel Temer du recours aux “forces de sécurité fédérales”, les militaires ont commencé à escorter des camions-citernes pour qu’ils aient accès aux raffineries

Le syndicat des distributeurs d’essence de Sao Paulo (Sindipetro) a indiqué que 99% des stations-services de la capitale économique du Brésil n’avaient plus de carburant et que la situation prendrait 5 à 7 jours pour revenir à la normale une fois que la grève serait terminée. Le ministère de la Défense a indiqué samedi matin que 132 des 519 barrages recensés vendredi avaient été levés. Le syndicat des distributeurs d’essence de Sao Paulo affirme que 99% des stations-services de la capitale économique du pays n’ont plus de carburant pour ce week-end. La situation pourrait perdurer toute la semaine prochaine. Toutefois, l’armée semble assurer l’avitaillement des aéroports en kérozène.

Anecdotique: pénurie également pour les livres de Philip Roth

La chaîne de librairies Travessa s’est même plaint de ne pas avoir pu renflouer son stock de livres de Philip Roth pour faire face à l’augmentation de commandes d’ouvrages de l’auteur américain décédé mardi à l’âge de 85 ans à Manhattan ! Le secteur de la press est également durement touché. De nombreux journaux n’ont pas pu être livrés.

Dans son éditorial de samedi, le journal Estado De Sao Paulo a pointé du doigt “l’irresponsabilité généralisée”, tant des grévistes que du gouvernement, qui a agi avec une “lenteur excessive”.

La plupart des leaders syndicaux ont critiqué la décision du gouvernement d’employer l’armée “comme instrument de répression”.
Amnesty International a considéré cette décision “inadmissible”. Pour l’ONG internationale le rôle de l’armée n’est pas de “mettre un terme à des manifestations ou des grèves”.

24 Etats, dont le District fédéral, sont impactés par cette grève (sur 27). La grève trouve son origine dans l’augmentation des carburants durant ces dernières semaines. C’est donc la politique de tarification de Petrobras qui est remise en cause. Selon l’Agence Nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants les prix du diesel ont augmenté de 8 à 15 % selon les Etats depuis le début de l’année.

Venezuela

Crise sanitaire sans précédent

Plus personne, même les partisans de Maduro (il y en a encore, notamment au sein de la gauche radicale française et à…Moscou), ne peut nier les conséquences catastrophiques de la crise économique notamment dans le domaine de la santé. La crise sanitaire est telle qu’une pénurie de médicaments et de personnels soignants sans précédent provoque le retour de maladies disparues comme la diphtérie, la polio ou la rougeole. Les vaccins sont désormais quasiment introuvables ou alors à des prix prohibitifs du fait de la corruption.

Patrick Bèle, envoyé spécial du Figaro au Venezuela rapporte : Le docteur Martín Carballo, chef du service d’infectiologie de l’hôpital de l’Université centrale du Venezuela à Caracas, peste en découvrant le message qu’il vient de recevoir. Il s’agit de la liste des médicaments qui viennent d’être livrés. « Encore une livraison qui ne sert à rien ! Nous n’avons plus d’antirétroviraux et il ne nous reste que deux antibiotiques : amikacine et gentamicine. Autant dire que nous n’avons plus de médicaments. Si je donne ça tout seul, non seulement ça n’a aucun effet, mais en plus les malades vont développer des résistances ».

Explosion des cas de paludisme

En un an les cas de paludisme ont augmenté de 70 %, une situation qui inquiète l’OMS. Les migrants vénézuéliens qui échappent à la crise du pays véhiculent, par ailleurs, la maladie au Brésil et dans d’autres régions d’Amérique latine, a déclaré l’agence des Nations Unies, appelant les autorités à proposer des traitements gratuits indépendamment du statut juridique des Vénézuéliens malades afin d’éviter toute propagation.

Épidémie de diphtérie au Venezuela

Alors que le Venezuela avait éradiqué la diphtérie il y a plus de 20 ans, cette maladie est revenue depuis au moins 2016. Selon le Bulletin du Centre épidémiologique international, 39 cas ont été notifiés au cours des deux premiers mois de l’année 2017 et 47 cas sont survenus au cours des deux mois suivants.

Parmi les 86 cas déclarés, au moins deux décès ont été constatés en 2018. La diphtérie est une maladie infectieuse due à une corynébactérie du complexe diphtheriae (Corynebacterium diphtheriae, Corynebacterium ulcerans et Corynebacterium pseudotuberculosis). Ces trois espèces bactériennes sont capables de produire la toxine diphtérique.

Cette toxine est à l’origine des manifestations cliniques de la diphtérie, indique Claude Hengy, membre de la Société de médecine des voyages et formateur en vaccinologie et médecine des voyages.

Les animaux aussi

La crise alimentaire au Venezuela affecte non seulement les gens, mais aussi les animaux. Dans le zoo de Zulia, un état du Venezuela, environ un millier d’animaux souffrent d’une pénurie de nourriture, selon le journal local Panorama. Dans le zoo de Zulia, plus de mille animaux souffrent d’une pénurie de nourriture. Le lion, le puma, le tigre et deux condors ne mangent qu’une fois par semaine, alors qu’ils boivent à peine de l’eau. Beaucoup de carnivores et de charognards meurent dans leurs cages. Parfois, un animal est sacrifié pour nourrir les autres, ajoute Panorama et B.S Amhil dans Mediapart.

Les enfants premières victimes

Brahim Salaheddine Amhil écrit par ailleurs dans Mediapart : « Les enfants sont parmi les plus touchés par cette situation [crise sanitaire]. Trois enfants sur 4 âgés de 3 à 17 ans parmi les plus démunis ont cessé d’aller à l’école faute de nourriture. En effet, un nombre croissant d’enfants souffrent de malnutrition au Venezuela en raison de la crise économique prolongée qui touche le pays, avait averti fin janvier le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Bien que des chiffres précis ne soient pas disponibles en raison de données officielles limitées sur la santé ou la nutrition, il existe des signes évidents que la crise limite l’accès des enfants aux services de santé, aux médicaments et aux aliments de qualité, affirme l’agence onusienne.

Les hôpitaux ne peuvent plus fonctionner

Désormais très peu d’hôpitaux sont fonctionnels faute de médicaments, de matériels, mais aussi de personnels (beaucoup de médecins, d’infirmières et d’administratifs de la santé ont quitté le pays). Les rares établissements qui fonctionnent encore aujourd’hui le font à 80 % sans approvisionnement régulier en eau, à plus de 90 % sans nourrir leurs patients, avec à 80 % un déficit flagrant en matériel. Quant aux matériels disponibles (appareils respiratoires, radiologie, etc.) il est quasi inutilisable à cause de pannes récurrentes. Les pièces détachées n’arrivent plus et les techniciens ne viennent plus travailler. Dans les dispensaires près de 90 % des médicaments nécessaires au traitement des cancers ne sont plus disponibles.

Brésil

Il y a exactement un an, la police exécutait froidement dix paysans « sans terre ».

L’enquête avance lentement…

Au Brésil, l’extrême droite évangélique au pouvoir ferme les yeux sur les exactions des gros propriétaires pour s’approprier des milliers d’hectares dans les États amazoniens du Pará, de l’Amapá et du Maranhão. Non seulement le gouvernement ne fait rien, mais par sa proximité avec les propriétaires fonciers et des multinationales agroalimentaires, il donne le sentiment d’encourager de nombreux assassinats ciblés sur des paysans « sans terre » ou des écologistes. A tel point que les latifundistes n’hésitent plus (comme sous la dictature dans les années 70), à s’adjoindre des policiers civils et militaires. L’année dernière, ce sont des policiers en tenue et en exercice qui n’ont pas hésité à exécuter une dizaine de personnes. Cette tragédie a eu lieu dans une petite municipalité.

On parle du massacre de Pau d’Arco.

Brésil. Le massacre de Pau D’Arco ne doit pas rester impuni !

 C’est ce que clame Amnesty International : « Les autorités brésiliennes doivent résoudre l’affaire des 10 militants des droits à la terre assassinés par les forces de police civiles et militaires dans la ville de Pau d’Arco, un an après le massacre. Les familles des victimes attendent toujours que justice soit rendue, tandis que le nombre d’assassinats dans le cadre de conflits liés à la terre est monté en flèche en 2017, l’impunité alimentant le cycle de la violence ».

Le 24 mai 2017, 10 travailleurs ruraux sans terre — une femme et neuf hommes — ont été assassinés par des policiers civils et militaires aux abords de la ferme de Santa Lúcia, sur la municipalité de Pau d’Arco, au sud-est d’État amazonien du Pará.

Selon les témoignages de survivants publiés par l’agence d’informations Repórter Brasil, les policiers militaires sont arrivés à l’aube dans le campement tenu par de petits agriculteurs. Munis d’une ordonnance judiciaire d’expulsion, les policiers ont débarqué en tirant et en menaçant les paysans. Ces derniers se sont cachés dans la forêt. Mais les policiers les ont rapidement retrouvés. Après les voir insultés, battus et humiliés, ils les ont froidement exécutés par balles.

« Cette journée, l’une des plus sanglantes pour les ouvriers agricoles depuis des décennies, a marqué le début de l’escalade de la violence imputable à des représentants de l’État. Au cours de l’année écoulée au Brésil, au moins 70 personnes ont été assassinées dans le cadre de conflits liés à la terre », affirme désormais Jurema Werneck, directrice exécutive d’Amnesty International Brésil.

La propriété de Santa Lúcia était occupée par 150 familles de paysans sans terre depuis le mois de mai 2015. Elles demandaient que cette grande propriété leur soit redistribuée à des fins de réforme agraire. « Ceux qui ont ordonné le massacre de Pau d’Arco n’ont toujours pas été identifiés et les survivants comme les proches des victimes continuent d’être menacés et harcelés. Nous joignons notre voix aux leurs pour réclamer justice pour ces crimes. Il est du devoir des autorités brésiliennes de protéger les travailleurs agricoles et de garantir justice, vérité et réparations à ceux qui ont survécu et aux familles des victimes ». José Vargas Junior, avocat des victimes et des familles, a déclaré : « Les forces de sécurité brésiliennes ont une perception faussée, convaincues qu’un groupe exposé de personnes peut être assassiné sans aucune conséquence légale, enquête ni sanction ». Selon l’avocat de la Commission pastorale de la Terre (CPT), José Batista Afonso, les crimes perpétrés par la Police militaire présentent de nombreuses ressemblances avec le massacre de 19 travailleurs sans terre à Eldorado de Carajás, dans le même État du Pará, le 17 avril 1996.

La Commission pastorale de la Terre, dans son dernier rapport sur la violence et les conflits pour la terre au Brésil, pointe la recrudescence des violences et des morts liées aux conflits pour la terre au Brésil. En 2016, 61 militants paysans ont été assassinés dans le cadre de tels conflits !

Dans le seul État de Pará, de janvier à mai 2017, 18 paysans ont été assassinés, soit le triple de l’année précédente, pour la même période. Le président par intérim (après le coup d’État institutionnel qui a chassé du pouvoir Dilma Rousseff) Michel Temer n’a jamais fait publiquement la moindre allusion à cette vague d’assassinats. Son ministre de la Justice, Osmar Serraglio, a simplement indiqué que la Police fédérale « s’occupe de cette affaire », sans plus de détails.

Dix-sept policiers ont effectivement été arrêtés, le tribunal d’État en a libéré quinze qui se trouvaient en détention provisoire depuis trois mois, mais la Cour a ordonné qu’ils retournent en prison. Un commissaire et un inspecteur de police ayant participé à l’opération ont été libérés sous caution, après avoir accepté de coopérer avec le ministère public ils bénéficient (eux !) d’une protection de l’État. D’autre part, des fermiers locaux seraient impliqués. De plus, selon Jurema Werneck, les retards dans la mise en œuvre de mesures permettant d’assurer la sécurité de ceux qui ont survécu et des travailleurs agricoles actuellement menacés ont déjà causé la mort d’une autre personne : le dirigeant communautaire Rosenildo Pereira de Almeida en juillet dernier. Pire : Les familles des victimes et les survivants sont constamment menacés et n’ont reçu aucune réparation ni protection de la part de l’État !

Toutefois, la police fédérale a délivré une douzaine de mandats de perquisition la semaine dernière.

Le vice-président du Conseil national des droits de l’homme, Darci Frigo, est allé deux fois pour recueillir des informations. Pour lui, il ne fait aucun doute que la police n’a pas agi seule. « Nous attendons des enquêteurs fédéraux qu’ils trouvent des preuves et des témoignages expliquant la raison absurde de ce massacre ».

Dans une déclaration commune, le Mouvement des Sans Terre (MST), le syndicat des travailleurs agricoles de l’État du Pará, la CPT et la Centrale Unique des Travailleurs (CUT) ont dénoncé l’appropriation illégale de terres, la concentration des terres ainsi que le climat politico-institutionnel propice aux latifundistes « ouvert par le coup d’État parlementaire de 2016. Ce dernier a encouragé politiquement les élites agraires de l’Amazonie et les a tacitement autorisées à employer la violence comme principal mode d’appropriation des terres ».

Les avocats José Vargas Junior et Rivelino Zarpellon, qui défendent les familles et mènent leurs propres investigations, ont reçu des menaces. Elles sont montées en puissance dès la fin de l’année 2017 et ont pris une telle ampleur que, tous les deux, ont été contraints de quitter la région il y a deux semaines.

Brésil

Grève paralysante des routiers à cause de l’augmentation du prix des carburants

 

Le Brésil était au bord de la paralysie jeudi au quatrième jour d’une grève nationale des camionneurs avec des barrages routiers dans quasiment tous les Etats qui perturbaient les approvisionnements, alimentaires et de carburant notamment. A moins de cinq mois de la présidentielle, cette grève, lancée en protestation contre la hausse des prix du diesel, a été maintenue en dépit de concessions du pouvoir la veille et met à l’épreuve le gouvernement d’extrême droite du président Michel Temer.

Le plus grand d’Amérique latine, le port de Santos, près de (Sao Paulo) n’a pratiquement plus enregistré d’arrivées et de sorties de poids lourds depuis trois jours.

Pour faire baisser la pression, la compagnie d’Etat Petrobras a annoncé mercredi soir une réduction de 10% du prix du diesel pendant 15 jours.

Mise à jour, vendredi 25 mai, 20:30 heure locale

L’armée mobilisée, le syndicat Abcam recule

“L’Abcam, inquiète de la sécurité des chauffeurs, demande la levée des barrages” et “que les manifestations se poursuivent de façon pacifique, sans obstruer les voies”, explique ce syndicat, qui revendique 600.000 routiers indépendants. Le ministre de la Défense Joaquim Silva e Luna venait d’affirmer que l’armée agirait “de façon rapide, coordonnée et énergique. 

Le gouvernement a affirmé vendredi en fin de journée que 419 barrages ont été levés (sur 938). « La Police Routière Fédérale avait recensé 938 barrages, mais il n’en reste que 519 », a assuré le ministre de la Sécurité publique Raul Jungmann. Toutefois, la situation reste délicate après cinq jours de grève. de nombreux vols ont été annulés faute d’avitaillement en kérozène, beaucoup de supermarchés sont à court de produits frais et ne seront pas ravitaillés avant lundi ou mardi quant aux stations services les files d’attente sont interminables.

“Nous avons déjà montré notre force au gouvernement, qui nous a considéré comme une minorité. Nous avons réussi à paralyser 25 Etats brésiliens avec plus de 504 barrages”, rappelle dans son communiqué l’Abcam, qui souligne qu’il n’a “toujours pas signé le moindre accord avec le gouvernement”.

Le terrible exode des Vénézuéliennes qui accouchent au Brésil

Dans sa dernière édition électronique, le JDD publie un reportage qui en dit long sur la situation des réfugiés vénézuéliens au Brésil. Le reportage s’intéresse plus particulièrement aux Vénézuéliennes qui accouchent au Brésil. En effet, de nombreuses femmes fuient pour accoucher au Brésil. Pour donner la vie, elles risquent la mort.

Anny Alfonso s’est posé la question existentielle qui hante beaucoup de futures mamans au Venezuela : « Quelles sont les chances de survie de mon bébé ? » À sept mois de grossesse, elle s’est décidée. Elle a pris le risque de parcourir plus de 1.000 kilomètres pour accoucher au Brésil. Son bébé vient de naître et elle remercie le ciel. Les complications à la naissance ont, en effet, nécessité une césarienne en urgence et un traitement antibiotique pour son nouveau-né. Rien que de très bénin au Brésil, mais potentiellement fatal au Venezuela. « Il n’y avait rien dans mon hôpital, pas d’antibiotiques, d’analgésiques, d’antiseptiques, rien. Mon nourrisson serait probablement mort si j’étais restée là-bas » s’émeut la jeune femme sur son lit de la maternité publique de Boa Vista.  (…)

Afflux incessant de migrants à Boa Vista

La jeune femme a de la chance. Né au Brésil, son nouveau-né est devenu automatiquement brésilien. Elle peut ainsi obtenir elle-même un permis de résidence permanent grâce à la politique migratoire généreuse du plus grand pays d’Amérique latine. La plupart des mères rencontrées à Boa Vista se disent pourtant déchirées car elles ont souvent laissé un ou plusieurs enfants, voire des parents, au Venezuela, et doivent envoyer de l’argent pour les aider à survivre. Les familles sont souvent éclatées entre plusieurs pays de la région. Arrivée récemment dans l’un des huit camps de réfugiés mis en place par l’armée brésilienne et gérés par le HCR, Genesis del Carmen Castro Perelta, 20 ans, attend patiemment la naissance de son bébé prévue dans deux mois, mais elle est tiraillée entre le désir de recommencer tout à zéro au Brésil avec son mari et celui de retourner au secours de ses parents, restés à 1.650 kilomètres de là. La réélection de Nicolás Maduro, “ce meurtrier qui tue son peuple à petit feu”, désespère cette fille d’ex-chavistes.

 Lire le reportage complet d’Adèle Smith, à Boa Vista, Etat du Roraima (Brésil)

Nicaragua les évêques suspendent le dialogue gouvernement-opposition

La Conférence épiscopale du Nicaragua a suspendu mercredi le dialogue national destiné à mettre fin à la crise politique qui a déjà fait 76 morts depuis mi-avril, faute d’accord entre le gouvernement et les opposants sur la démocratisation du régime.

Venezuela: les chiffres du Groupe de Lima à propos des élections du 20 mai

Resultados Reales  20-05-18 (REP):   20.750.809 Votos Validos:   3.590.040 = 17,3%

Nicolas Maduro:     1.811.220 =   8,73%

Henri Falcón: 1.436.861 = 6,4%

Bertucci:  327.749 =   1,58%

Reinaldo Quijada: 14.210 =   0,0%

Abstención: 82,70%

Les résultats du scrutin du 20 mai au Venezuela selon le Groupe de Lima:

Taux de participation: 17,3 %

Maduro: 8,73 %

Abstention: 82,70 %

 

Venezuela

Quatre tués lors d’affrontements entre deux agences d’Etat !

Dans la foulée des élections présidentielles, mardi soir (22 mai) une confrontation armée a eu lieu entre des agents de la SEBIN (Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional – police secrète et contre-espionnage) et la GNB (Guardia Nacional Bolivariana). Selon plusieurs témoins une fusillade a laissé quatre morts. Les faits relatés, notamment par deux journalistes présents, ont eu lieu dans le secteur Est de la capitale, Caracas (Petare).

Petare est le plus important bidonville de Caracas, situé sur la municipalité de Sucre. Cette « favela » est aujourd’hui peuplée d’environ 600 000 personnes quasiment toutes dans une situation d’extrême pauvreté. Ce quartier s’est rendu célèbre en 1954 par l’apparition d’extraterrestres [lire ICI].

Ce n’est pas la première fois que les hommes de la SEBIN et de la GNB s’affrontent sur fond (notamment) de trafics de drogue. En décembre 2017, la GNB avait intercepté deux véhicules de la SEBIN transportant 500 kg de cocaïne.

VENEZUELA

Le clan Maduro : des mafieux !

 Les politiques menées par les chavistes et Maduro n’ont rien à voir avec le socialisme, mais tout à voir avec la corruption.

 Ce qu’une partie de la gauche européenne n’a pas compris est que la crise au Venezuela n’a strictement rien à voir avec le socialisme ou une quelconque politique progressiste ou anti-libérale. Non, rien de tout cela. Le clan Maduro pratique un capitalisme débridé. Il est plus royaliste que le roi question libéralisme. Ce sont Maduro et ses proches qui ont poursuivi le pillage du pays entamé en partie par la clan Chavez.

Il est absurde de considérer que le régime vénézuélien est une expérience socialiste tout comme il est absurde de prétendre, comme les droits, que l’exemple du Venezuela montre que le socialisme mène à la ruine…

Certes le pays est ruiné, la pénurie prive les citoyens de soins, de nourriture, d’éducation et de sécurité. Mais comme l’écrit Manuel Sutherland : « Ce sinistre panorama fait du Venezuela le meilleur “argument” pour les droites les plus rétrogrades. Dans la sphère médiatique, ils sont nombreux à exploiter la situation vénézuélienne pour faire peur à leurs compatriotes avec des questions du genre : « Vous voulez le socialisme ? Allez au Venezuela et regardez-y la misère ! ». « Vous aspirez au changement ? Regardez comment une autre révolution a détruit un pays prospère ! ». Ces pseudo analystes affirment que les politiques socialistes ont ruiné le pays et que la solution est un changement de cap ultralibéral .

Il explique que les politiques entreprises au Venezuela par des pseudo socialistes, mais vrais mafiosi peuvent se synthétiser ainsi :

  • Les nationalisations ont été en général de juteuses affaires pour la bourgeoisie locale.
  • La fragmentation du capital dans des dizaines d’institutions financières sous-capitalisées à l’inefficacité notable est une autre politique bien éloignée du socialisme.
  • Pour résumer rapidement, on constate qu’il ne s’agit pas ici de mesures économiques inspirées des textes de Marx ou de la Révolution russe. En analysant certains aspects, on constate que la politique économique bolivarienne n’a rien à voir avec un changement révolutionnaire anticapitaliste ni avec une métamorphose des relations sociales de production.

Sutherland ajoute : « La gauche au niveau mondial n’a pas à se taire ni à développer des arguments loufoques et ataviques pour se défendre afin de “ne pas imiter la droite” dans une analyse rigoureuse du processus national d’accumulation de capital au Venezuela. La gauche doit critiquer les gouvernements progressistes avec la même sagacité et acuité que des régimes ouvertement de droite et anti-ouvriers. Il n’y pas de raison d’ignorer l’importance des problèmes qui se posent dans ces pays. Elle ne doit pas hésiter à faire des propositions astucieuses et cela passe objectivement par l’analyse et la critique dialectique et pas par des discours. Si le Titanic a coulé, il ne faut pas nier le naufrage au nom de la solidarité et de l’anti-impérialisme ».

Manuel Sutherland est économiste et chercheur au Centre de Recherche et de Formation Ouvrière (CIFO-ALEM) de Caracas, Venezuela.

Les extraits publiés ici sont tirés de son article publié en français sur le site  Barril Info.

Main basse militaire sur l’entreprise pétrolière au Venezuela

Au cours d’une opération éclair de quatre mois, la hiérarchie militaire a pris le contrôle de l’entreprise publique qui donne à manger au Venezuela, le joyau de la couronne républicaine depuis 1976 : PDVSA.

Par Fabiola Zerpa. Lire l’article complet  ICI

L’Union européenne dénonce un vote entaché d’irrégularités au Venezuela 

L’Union européenne a dénoncé mardi les nombreuses irrégularités signalées lors de l’élection présidentielle au Venezuela. “L’Union européenne envisage des sanctions”, a fait savoir la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué, dénonçant “des obstacles majeurs à la participation des partis politiques de l’opposition et de leurs dirigeants” et “de nombreuses irrégularités signalées le jour du scrutin, y compris l’achat de votes”.

Par ailleurs des manifestations sporadiques sont signalées dans plusieurs villes du Venezuela, notamment dans la nuit du 21 au 22 mai et ce mardi 22 mai au soir.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé mardi l’expulsion du chargé d’affaires américain à Caracas, plus haut représentant diplomatique des Etats-Unis, après l’imposition de nouvelles sanctions économiques par Washington au lendemain de sa réélection controversée dimanche.
“J’ai déclaré persona non grata le chargé d’affaires des Etats-Unis (Todd Robinson, ndlr), et j’annonce son départ dans les 48 heures”, a déclaré le président dans un discours au Conseil national électoral (CNE), répliquant ainsi au décret signé lundi par son homologue américain Donald Trump visant à réduire la capacité de Caracas à vendre ses actifs.

Depuis 20 ans, elle vient en aide à des centaines d’enfants sourds au Brésil

Christine Dagain honore 20 ans de mission au Brésil, où cette audioprothésiste à la retraite appareille des enfants sourds dans une région pauvre du pays.

Connue à Foix en tant que présidente du club Soroptimist ainsi que pour ses nombreuses distinctions, dont celle d’officier de la Légion d’honneur, Christine Dagain mène également un autre combat depuis maintenant 20 ans. Aujourd’hui à la retraite, cette audioprothésiste de profession se rend chaque année dans une région pauvre du Brésil, les valises chargées d’appareils auditifs.

L’aventure a commencé en 1998. Marie-Thérèse Eychenne, connue pour son engagement au Secours catholique et au Clic à Saverdun, revient d’un séjour à Itapissuma, une ville de 18 000 habitants au nord de Recife, dans l’est du pays, où elle était partie fêter les 50 ans de sacerdoce du Père Servat, un prêtre ariégeois. Là-bas, elle découvre une école pour enfants sourds, et en parle à Christine Dagain. «Les enfants n’étaient évidemment pas appareillés. Ils n’apprenaient que le langage gestuel», explique Christine Dagain…

Lire la suite de l’article de Mathieu Fontaine sur le site de La Dépêche

Venezuela: dans le quartier de Petare, la crise fait plus parler que le scrutin

Sur le petit marché, à l’entrée de Petare, les étals sont bien remplies. Mangues, bananes, manioc, courgettes, tomates… le choix est plutôt large. Le problème, ce sont les prix, nous explique Dina qui fait ses courses pour le week-end :

« Je voulais acheter des tomates mais je me suis rendu compte que le kilo est déjà à 1 million de Bolivars. Je me dis : quoi, 1 million ? Mardi dernier, il était à 400 000, imaginez-vous ! »

Dans les commerces, l’argent liquide se fait rare. Les Vénézuéliens payent de plus en plus avec des cartes bancaires. José revient de la boucherie où il va une fois par mois. « J’essaie de survivre », confie-t-il.

Lire l’article complet de Achim Lippold sur le site de RFI

Des migrants africains secourus au large des côtes brésiliennes

Un bateau de pêche à la dérive avec à son bord une vingtaine de migrants venus d’Afrique, a été secouru le 20 mai 2018 au large de l’Etat du Maranhão (nord-est du Brésil). C’est un chalutier qui a pris à son bord les 27 passagers (25 Africains et 2 Brésiliens). Les Africains venaient essentiellement du Sénégal soit une traversée d’au moins 1850 miles nautiques (3400 km !)

Les deux Brésiliens ont été arrêtés pour trafic d‘êtres humains, car ces Africains auraient versé de l’argent pour être transportés illégalement au Brésil, écrit un quotidien de Sao Paulo.

Temer renonce à être candidat à la présidentielle

Le président brésilien, Michel Temer, annonce qu’il renonce à briguer sa réélection lors de la présidentielle des 7 et 28 octobre prochains. L’actuel ministre des Finances, Henrique Meirelles, sera le candidat du parti conservateur, le MDB (Mouvement démocratique brésilien). Les Brésiliens renouvelleront aussi le parlement et les gouverneurs d’Etats lors des élections générales d’octobre. Ce n’est pas une surprise. Jamais élu, au plus bas dans les sondages (3 %), le président par intérim depuis le coup d’Etat constitutionnel fomenté par la droite et les évangéliques est en plus empêtré dans une longue et compliquée affaire de corruption.

Enfin élucidée, l’origine de la patate douce éclaire l’histoire des Hommes

La patate douce, ce savoureux tubercule tropical consommé de par le monde, nourrit autant les débats que les estomacs. Originaire d’Amérique, elle a colonisé la Polynésie bien avant les grandes explorations européennes, ce qui a poussé les historiens à supposer que les austronésiens auraient rapporté eux-mêmes la plante sur leurs îles durant l’époque précolombienne. De plus, l’ascendance et l’évolution de la patate douce restent bien énigmatiques : certains chercheurs lui trouvent de multiples ancêtres, d’autres un seul. Or, en se penchant à leur tour sur ces questions, Pablo Muñoz-Rodriguez et ses collègues à l’université d’Oxford, à l’université d’Oregon et au Centre international de la pomme de terre de Lima au Pérou, ont trouvé des résultats qui pourraient changer la donne. En effet, les chercheurs ont conduit une étude phylogénétique extensive sur la patate douce et toutes les apparentées, et lui ont découvert une origine unique : elle descend d’une plante d’Amérique centrale et des Caraïbes appelée Ipomoea trifida.

Lire l’article complet de Floriane Boyer

Présidentielle en Colombie: le boulet vénézuélien au pied du candidat Petro

Deux candidats sont favoris dans les sondages en vue du scrutin : celui de la droite dure Ivan Duque – qui rêve de l’emporter dès le premier tour – et celui de la gauche indépendante Gustavo Petro. Le Venezuela et la Colombie partagent 2 200 kilomètres de frontière commune et des relations souvent tendues depuis qu’Hugo Chavez est arrivé au pouvoir en 1999.  Des relations qui rejaillissent dans la campagne colombienne.

Depuis des moisla droite colombienne brandit la menace du « castro-chavisme » pour tenter de dissuader les électeurs de voter Gustavo Petro. Le candidat de la gauche indépendante a été guérillero dans sa jeunesse et il a longtemps manifesté sa sympathie pour la révolution bolivarienne d’Hugo Chavez.

Mais Gustavo Petro qui a été maire de Bogota a ensuite pris ses distances avec Hugo Chavez et il a traité Nicolas Maduro de dictateur. Cela ne suffit pas évidemment à rassurer les « anti-pétristes ».

Lire la suite sur le site de RFI

Une ONG veut sculpter le visage de Trump sur un iceberg et filmer sa fonte !

Afin de tenter de faire changer d’avis le dirigeant américain sur le réchauffement climatique, une ONG finlandaise a décidé de lancer le projet Trumpmore. Celui-ci vise à sculpter la tête de Donald Trump sur un iceberg afin d’en filmer la fonte et d’en retransmettre un direct à destination du public.

L’ONG finlandaise Melting Ice désire faire passer un message à Donald Trump et d’une manière plus générale à l’intégralité des climatosceptiques du monde. C’est ainsi qu’est né le projet Trumpmore, dont le but est de sculpter le visage du président américain sur un iceberg.

Dans un communiqué de presse (PDF en anglais 2 pages) publié le 26 avril 2018, Melting Ice affirme vouloir réunir un demi-million de dollars afin de financer la sculpture et le dispositif visant à retransmettre en direct la fonte de l’iceberg en question. 
Sources: Mashable – Le Point

Venezuela : comment le chaviste Maduro a patiemment bâti le « madurisme »

Lire l’article de J. B Mouttet initialement publié sur le site de Mediapart et repris sur Barril Info

Elections au Venezuela : des courtisans plutôt que des observateurs

C’est une revendication récurrente de l’opposition au gouvernement de Nicolas Maduro : le retour de véritables missions d’observation électorale internationale dans le pays. Le gouvernement préfère quant à lui un simple accompagnement. Les deux impliquent la participation de délégations étrangères mais leurs tâches ne sont pas les mêmes.

Délibérée ou pas, c’est une erreur qui revient élection après élection. Des partisans du gouvernement vénézuélien surtout, des journalistes parfois rendent systématiquement compte des conclusions des « observateurs » internationaux pour légitimer les résultats d’un scrutin.

 Le problème, c’est qu’il n’y a plus de mission d’observation internationale indépendante des élections au Venezuela depuis presque douze ans !

Dans les premières années du gouvernement d’Hugo Chávez, plusieurs missions de l’Organisation des Etats américains (OEA), du Centre Carter, du nom de l’ancien président états-unien, et de l’Union européenne (UE) ont été soigneusement organisées. En 1998, lors de la première victoire électorale d’Hugo Chávez. En 2000, lors du renouvellement de tous les pouvoirs après l’adoption d’une nouvelle Constitution. Ou encore en 2004, lors du référendum révocatoire gagné haut la main par le président vénézuélien. En 2005, à l’occasion des élections législatives que l’opposition décida de boycotter « par manque de garanties », la tension monte entre les autorités et les observateurs internationaux. Ceux-ci valident le résultat, louent le système automatisé mais émettent aussi certains recommandations et critiques – c’est leur rôle ! – sur le déséquilibre médiatique, l’omniprésence de la propagande gouvernementale ou l’implication de fonctionnaires publics dans la campagne. En février 2006, la présentation de leur rapport est mal digérée par un Hugo Chávez qui qualifie alors celui de l’OEA de « sale » et accuse la mission européenne d’être « en phase avec l’Empire et les partis européens d’extrême droite  ». Cela n’empêche pas dix mois plus tard le retour de l’OEA pour valider la réélection triomphale du président défunt. Ce fut là la dernière mission d’observation internationale.

Lire la suite de l’article de Frédéric Lévêque sur le site de Barril Info

BRÉSIL : MEURTRE D’UNE MILITANTE ENGAGÉE AUPRÈS DES PLUS FAIBLES ET CONTRE LA VIOLENCE ET LA CORRUPTION !

Meu nome é Marielle Franco.

Sou mulher, negra, mãe e cria da favela da Maré

Elle a été exécutée le 14 mars 2018 à Rio de Janeiro, Brésil

Oui, au Brésil, on a la gâchette facile. Surtout contre les agriculteurs sans terre, les Amérindiens et écologistes régulièrement abattus par les grands propriétaires encouragés parfois par certains sénateurs… Il y a aussi les règlements de comptes quotidiens entre petits caïds et autres trafiquants de drogue. Des journalistes sont aussi parfois froidement abattus et, au passage, quelques politiques. On ne s’en émeut plus guère.

Mais l’assassinat de Marielle Franco a réellement bouleversé le Brésil.

Qui était cette jeune femme ?

C’était avant tout une militante des droits de l’Homme. Diplômée en sciences sociales de l’université pontificale catholique de Rio de Janeiro (PCU-Rio), elle a dû longuement travailler pour financer ses études. Marielle venait de la favéla. C’est au sein du Complexo da Maré que la future élue municipale de Rio a vu mourir sous ses yeux une amie victime d’une balle perdue lors d’une fusillade impliquant la police et les trafiquants de drogue comme cela arrive encore trop souvent.

Devenue sociologue, elle adhère au Parti socialisme et liberté (PSOL). C’est un parti issu d’une scission de l’aile gauche du PT en 2004. En 2016, Marielle Franco est élue conseillère à la Chambre municipale de la ville de Rio de Janeiro pour la coalition Mudar é possível (une alliance ponctuelle entre le PSOL et le Parti communiste). À cette occasion, elle fut la cinquième candidate à recevoir le plus de voix.

Elle voulait faire de son mandat un lieu de débat sociétal. Elle avait eu le temps de déposer 116 propositions et 16 projets de loi concernant la petite enfance, l’avortement, les femmes… Elle était d’ailleurs la présidente de la Commission de Défense de la Femme.

Très présente sur le terrain féministe elle était aussi connue pour ses critiques contre la violence de la police militaire de Rio de Janeiro. Elle s’était également publiquement opposée à la nouvelle militarisation de la sécurité voulue par le Président Temer. Elle était toujours très active dans sa favela d’origine se consacrant à de nombreuses associations caritatives et d’éducation. On a souvent dit d’elle qu’elle était une activiste. Oui, mais non violente.

Ce chroniqueur qui lui aussi parle de “milices extrémistes” s’indigne que José Bolsonaro, cadidat à la présidentielle d’octobre 2018, reste silencieux. Il demeure la seule personnalité politique a ne pas avoir déploré ce crime. Bolsonaro est d’extrême droite !

Elle a été abattue dans sa voiture alors qu’elle sortait d’une énième réunion. Son chauffeur a également été tué. L’auto et les corps étaient criblés de balles selon les témoins. L’acte a eu lieu en soirée et en ville. On a relevé pas moins de treize impacts sur le véhicule de la conseillère. Une dénonciation anonyme a permis à la police de retrouver la voiture du ou des tueurs à 315 km au nord de Rio. Mais aux dernières nouvelles elle n’aurait été qu’une auto accompagnante.

Pourquoi cette jeune femme d’a peine 38 ans a-t-elle été exécutée ?

Elle était noire, de gauche, elle défendait les faibles, elle accusait la police d’être trop violente et toujours avec les jeunes à la peau sombre. Elle était pour l’avortement, luttait contre la corruption. Maman et lesbienne. Alors quand j’ai écrit que le Brésil est bouleversé, c’est surtout celui des favelas et des quartiers pauvres, car de nombreux politiciens blancs, corrompus ne sont pas loin de se frotter les mains.

Jean-Mathieu Albertini écrit ici (Mediapart, accès abonnés) que dans la favéla une habitante a dit : « [Marielle] a été tuée parce qu’elle a donné des noms de miliciens issus des rangs de la police. À Rio, tu ne dois jamais nommer spécifiquement des gens puissants. »

Les balles qui ont tué Marielle, son chauffeur et blessé son assistant sont d’origine policière. Elles font partie du lot utilisé en 2015 lors du massacre de 23 personnes commis par des policiers à São Paulo.

Ce qui renforce la thèse d’une vengeance de la police pour une bonne partie des Brésiliens. Ou plus exactement de milices policières.

Plus que partout ailleurs au Brésil, la ville de Rio est plongée dans un véritable chaos provoqué par les violences (celles des trafiquants de drogue et celles des policiers militaires), la corruption, l’inaction des services sociaux quand ils existent encore, etc.

Non seulement la police est violente, mais les enquêteurs sont incompétents et largement dépassés par les évènements au point qu’à peine 12 % des homicides volontaires sont élucidés.

Marielle Franco était menacée. Son assistant qui a survécu à l’attaque a révélé que moins d’une dizaine de jours avant le crime, un employé municipal avait été abordé par un homme agressif qui lui a brutalement demandé s’il travaillait avec la conseillère Marielle.

Ils étaient des dizaines de milliers à assister aux obsèques de Marielle Franco et dans les jours qui ont suivi, de nombreux hommages populaires lui furent rendus dans tout le pays.

Lula condamné, mais Lula candidat !

 

La direction nationale du parti de gauche (PT) s’est réuni à Sao Paulo au siège de la CUT, le plus grand syndicat du Brésil, en fin de matinée pour adouber Luiz Inacio Lula da Silva comme son candidat à un scrutin dont il est le grand favori, alors même que l’ex-président a perdu son appel mercredi. “Nous sommes ici pour réaffirmer la candidature de Lula. Il sera notre candidat”, a annoncé la présidente du PT Gleisi Hoffmann.

Brésil: 24 janvier & octobre 2018, les échéances…

“Ma tranquillité, c’est la tranquillité des innocents”, a affirmé Lula devant des milliers de manifestants venus le soutenir à Porto Alegre, hier mardi. C’est aujourd’hui, 24 janvier que l’ex-président va être fixé sur son sort judiciaire. Trois juges de la Cour d’appel de Porto Alegre vont donc en décider.
Les autorités de l’Etat de Rio Grande do Sul, dont Porto Alegre est la capitale, ont annoncé un dispositif spécial de sécurité, avec le soutien d’hélicoptères et d’importantes forces de maintien de l’ordre.
Je ne suis pas venu ici pour parler de mon procès, j’ai des avocats compétents qui ont déjà prouvé mon innocence. Je suis venu parler du Brésil“, a-t-il lancé. La décision de la cour d’appel pourrait compromettre sa candidature à la présidentielle d’octobre, pour laquelle les sondages le donnent grand favori.
“Ils ont peur que je revienne ? Ils ont peur des bonnes choses que nous avons faites !”, a-t-il ajouté. 

Les organisateurs de la manifestation ont revendiqué la présence de plus de 70.000 personnes au “Carrefour démocratique”, ensemble de rues piétonnes du centre-ville.
“Je lutterai jusqu’à ma mort pour une société plus juste. Quel que soit le résultat du jugement, je lutterai pour la dignité du peuple de ce pays”, a-t-il encore affirmé. À la mi-journée (mardi), un rassemblement de femmes en faveur de la candidature de Lula a eu lieu devant l’Assemblée législative de Porto Alegre.
Dilma Rousseff
“Nous sommes ici pour faire acte de résistance démocratique”, a déclaré Dilma Rousseff, qui avait succédé à Lula en 2011. Destituée par le Parlement en 2016, elle a dénoncé un “coup d’Etat” orchestré “pour détruire notre parti (PT, Parti des travailleurs), mais surtout pour détruire notre leader, Lula”.
“La démocratie de notre pays est malade”, a affirmé au téléphone à l’AFP Gleisi Hoffmann, la présidente du PT, qui avait causé une vaste polémique la semaine dernière en affirmant qu’il faudrait “tuer des gens” pour mettre Lula en prison.  “Le PT est hautement mobilisé dans toutes les régions du pays”, a-t-elle ajouté.  Dans la matinée, cinq routes ont été bloquées par des militants du Mouvement des paysans Sans-Terre (MST) à Bahia (nord-est) où Lula est très populaire — par des pneus et autres objets incendiés, a dit à l’AFP la Police Routière Fédérale (PRF).
Inquiet du risque d’affrontements avec le mouvement anti-Lula, le maire de la ville avait demandé la soutien de l’armée pour ce procès qui est suivi par quelque 300 journalistes – brésiliens et étrangers. Les alentours du tribunal, qui se trouve au coeur d’un parc, ont été totalement bouclés.

Lula : « J’exige de ceux qui m’accusent qu’ils présentent des preuves matérielles que cet appartement m’appartient »

« Ceux qui m’accusent sont plus inquiets que moi. Ils savent qu’ils ont menti »

Un pôle de journalistes a été reçu par Lula (le New York Times, El País, La Nación, Die Zeit, le Guardian et Libération), au siège de l’institut qui porte son nom, à São Paulo. Extraits.

À propos de sa condamnation : « Si je ne faisais pas confiance à la justice, je ne serais pas un démocrate. Or ce procès est fondé sur un article mensonger du journal O Globo affirmant que cet appartement m’appartient, puis sur une enquête de la police fédérale, et enfin une accusation du ministère public qui le sont tout autant. Plus grave encore, cette accusation mensongère a été jugée recevable par le juge Moro. Cela me fait supposer qu’il y a des arrière-pensées politiques, parfois mêlées à de la haine ». « J’exige de ceux qui m’accusent qu’ils présentent des preuves matérielles que cet appartement m’appartient. Si leur objectif est de m’empêcher de disputer la présidentielle, l’existence de preuves me discréditerait totalement envers le peuple… »

À noter qu’effectivement aucune preuve matérielle n’a été apportée. Ce prochain 24 janvier sera déterminant car trois juges vont accepter ou rejeter l’appel de Lula de sa condamnation à plus de neuf ans de prison.

Tout ce qui était réservé aux 35 % de Brésiliens les plus aisés devenait soudain à la portée de tous ou presque… Ils veulent tenter d’éviter que le peuple soit le juge ultime.

« Ce n’est pas Lula qui est jugé, mais bien notre gouvernement. Je me bats pour prouver mon innocence. Je ne cherche pas à disputer la présidentielle pour échapper à une condamnation » (…) « il y a une “judiciarisation” de la politique, une politisation de certains membres de la justice. C’est pour dénoncer cela que je vais parcourir le pays ».

« L’ascension d’une part significative des pauvres pendant les douze ans de pouvoir du PT a déplu à beaucoup de monde. Nous avons transformé ces pauvres en citoyens. Ils ont pu aller au restaurant, prendre l’avion, acheter des voitures, des ordinateurs et des téléphones portables modernes. Tout ce qui était réservé aux 35 % de Brésiliens les plus aisés devenait soudain à la portée de tous ou presque… La haine a également été attisée par les médias dans leur couverture des accusations de corruption. Dans notre cas, 50 centimes ont un poids beaucoup plus grand que les millions au profit de la droite ».

« Susciter une procédure judiciaire pour éliminer une candidature est peu démocratique. Si j’avais 1 % d’intentions de vote, personne ne chercherait à m’empêcher d’être candidat. Ils veulent tenter d’éviter que le peuple soit le juge ultime ».

« Nous avons augmenté les salaires douze années de suite et créé 22 millions d’emplois sans provoquer d’inflation. C’est l’entrée des pauvres sur le marché consommateur qui a boosté la croissance et je suis sûr que nous pouvons réenclencher la dynamique. Si nous l’emportons, la gauche pourrait même gagner à nouveau dans d’autres pays de la région ».

« Ils [ses adversaires] essaient de vendre l’idée que Lula serait devenu plus radical, mais ce n’est pas le cas. Je suis juste plus mûr, plus expérimenté. Nous devons défendre notre bilan, mais aussi dire ce que nous voulons pour l’avenir. Ma candidature n’aurait de sens que si je peux mener une politique différente. Les réformes du gouvernement de Michel Temer [refonte du code du travail et des retraites, plafonnement des dépenses sur vingt ans via un amendement constitutionnel] ont été menées pour répondre aux seuls intérêts du marché. Des acquis sociaux ont été perdus. Si on ne discute pas d’un référendum révocatoire de ces réformes, le Brésil redeviendra un pays pour les 35 % de citoyens aisés ».

Dilma Rousseff, ancienne présidente du Brésil, a accordé un entretien à France 24 depuis Porto Alegre. Elle revient notamment sur sa destitution en août 2016, qu’elle qualifie de “coup d’État parlementaire”.

L’ancienne présidente du Brésil Dilma Rousseff affirme également que Luiz Inácio Lula da Silva, icône de la gauche qui a été condamné à neuf ans et demi de prison pour corruption et dont le procès en appel doit se tenir mercredi 24 janvier, est “clairement innocent” et dénonce un procès “truffé d’erreurs”. Selon elle, le Brésil sera ingouvernable s’il est empêché de se représenter à la présidentielle d’octobre.

Le Brésil se prépare aux élections d’octobre 2018

 

En tête dans les sondages pour l’élection présidentielle d’octobre de cette année, Lula [Luiz Inacio Lula da Silva, 72 ans, ancien syndicaliste, à la tête de l’État de 2003 à 2010] mobilise les foules notamment dans le Nord et le Nordeste du pays où il multiplie les meetings souvent entourés d’artistes et d’intellectuels. Toutefois il pourrait ne pas pouvoir se présenter à cause d’une condamnation pour corruption. Verdict le 24 janvier 2018. La justice le soupçonne de s’être fait offrir un triplex en bord de mer par le groupe de BTP OAS en échange de faveurs pour l’obtention de marchés publics du géant pétrolier Petrobras. Le fondateur du Parti des travailleurs (PT) avait été condamné en première instance en juillet 2017 à neuf ans et six mois de prison sur cette base par le juge Sergio Moro. Sans aucune preuve.

Lula est crédité de 32 à 36 % d’intentions de vote au premier tour. Ses deux mandats présidentiels ont été marqués par de nombreux programmes sociaux qui ont permis d’extraire plusieurs dizaines de millions de Brésiliens de la pauvreté.

Lula dénonce le « processus de criminalisation du PT » et veut séduire ses électeurs avec la même stratégie utilisée lors de son premier mandat : « aider les plus pauvres » pour redynamiser l’économie, notamment « avec une politique de microfinancement ».

L’actuel président Temer, qui n’a jamais été élu au suffrage universel puisqu’il a succédé à Dilma Rousseff lors du coup d’État constitutionnel d’août 2016 ne se représente pas. Il soutient Geraldo Ackmin de centre droit, gouverneur de São Paulo et déjà candidat en 2006. Il est aujourd’hui crédité de 7 %. Il n’est pas du tout sûr que le soutien de Temer lui serve beaucoup, car ce dernier bat des records d’impopularité.

Au cas où Lula est empêché, il est à craindre l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en la personne de Jair Bolsonaro, une sorte de Trump brésilien. « C’est un candidat d’un nouveau genre dans le paysage politique brésilien : député de l’État de Rio de Janeiro, il multiplie les déclarations provocantes en faveur de l’ancienne dictature militaire, contre les femmes, les minorités indigènes ou encore les homosexuels. Il est donc régulièrement présenté par les médias étrangers comme le “Trump brésilien. Il a effectivement bénéficié de l’élection de Donald Trump aux États-Unis, qui lui a permis d’attirer l’œil des médias et des analystes politiques, et se dépeint lui aussi en candidat antisystème.

Jair Bolsonaro est pourtant lui aussi l’objet de soupçons. Il a fait entrer trois de ses fils en politique et il est propriétaire avec eux de 13 biens immobiliers d’une valeur d’environ 15 millions de réaux brésiliens (soit un peu moins de 4 millions d’euros) » [lire l’excellent article de Tony Livet sur le site Le Vent se Lève]. D’abord considéré comme une bizarrerie, le surgissement de Jair Bolsonaro, 62 ans, est désormais pris très au sérieux. Le mois dernier, The Economist s’inquiétait même de la possible arrivée au pouvoir d’un « Trump brésilien ».

Cet ancien capitaine de l’armée de terre, entré en politique dès 1988, s’est particulièrement fait remarquer l’an dernier lors de la destitution de Dilma Rousseff, procédure pour laquelle il a voté en dédiant publiquement son vote « à la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra ». « Or ce colonel, mort en 2015, était le chef de la police politique durant la dictature (1964-1985) et l’un des principaux tortionnaires du régime. Régime durant lequel Dilma Rousseff, alors jeune guerillera marxiste, a elle-même été emprisonnée et torturée ». [Slate]

On parle également d’une éventuelle candidature de Joaquim Barbosa. Il a été le premier et seul Noir à siéger puis à présider la Cour suprême de 2003 à 2014. Répété incorruptible, cet homme de 63 ans est très populaire dans un pays où la corruption est la première préoccupation de la population. On dit que dans le cas où il se lancerait il ferait équipe avec Marina Silva l’égérie écologiste légèrement folle de Dieu et plutôt brouillonne.

Dilma Rousseff à l’AFP: le Brésil ingouvernable si Lula est disqualifié

Le Brésil sera ingouvernable si Lula est empêché de se représenter à la présidentielle d’octobre, a estimé vendredi 19 janvier l’ex-présidente Dilma Rousseff, qui lui avait succédé avant d’être brutalement destituée, dans une interview à l’AFP.

Venezuela : stop aux idées reçues, on réfléchit !

L’Amérique latine c’est compliqué

La gauche latino-américaine vue de Paris c’est simpliste !

L’Amérique latine, à travers le Venezuela et, dans une moindre mesure le Brésil, déchaîne les passions notamment en France. Ce qui est frappant, c’est la grande méconnaissance de celles et ceux qui prennent des positions tranchées aussi bien à droite qu’à gauche. Toutefois, il est vrai que les discours les plus caricaturaux viennent essentiellement de la part des Insoumis à travers les houkas lancés par certains amis de J.L. Mélenchon comme l’ineffable Danielle Simonnet ou les deux sergents Garcia de l’ancien sénateur socialiste, Alexis Corbière et Eric Coqueret. À droite et même au PS, on se croit revenu au temps de la guerre froide où l’enjeu vénézuélien serait non plus balloté entre l’URSS et les USA, mais entre Trump et Castro.

Première contre-vérité (souvent avancée par la droite) Lula et Chávez ont mené la même politique, le Parti des Travailleurs est proche et soutient les chavistes. C’est faux. D’abord parce que le PT a mené une politique sociale démocrate et pas du tout socialiste. D’ailleurs, à propos de l’intégration régionale en Amérique du Sud, Andrès Serbin écrivait en 2009, dans les colonnes de Nueva Sociedad, dans un article intitulé A América do Sul em um mundo multipolar : « Deux leaders jouent un rôle clé en Amérique du Sud et définissent deux visions différentes de l’intégration régionale. D’un côté, Hugo Chávez, avec un aspect géostratégique et militaire ; d’autre part, une diplomatie prudente basée sur le développement de l’économie et du commerce axée sur le Brésil [de Lula], dont la formulation la plus ambitieuse est l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) ».

Le sous-continent américain est complexe. Aussi compliqué dans son approche que l’Europe. Trop souvent on simplifie, on caricature, on parle de la gauche sud-américaine. Elle n’existe pas. On parle des révolutions sud-américaines. Elles n’existent pas. Aucun point comment entre la gauche au pouvoir en Uruguay et Maduro au Venezuela. Dilma Rousseff au Brésil a mené une politique sociale libérale lors de son second mandat (écourté) alors que Lula, tout en préservant la grande industrie, a réussi à tirer des millions de gens de la misère extrême en s’appuyant sur la même politique que celle de Mitterrand en France entre 1981 et 1983 (politique économique de la demande).

Pour une partie de la gauche, les USA veulent toujours faire des l’Amérique latine leur chasse gardée. Oui et non. Oui quand l’opportunité se présente. C’est ce qui se passe plus ou moins au Brésil, c’est ce qui se passe carrément au Venezuela. Mais, il s’agit bien d’opportunités non pas d’une politique de déstabilisation et de conquête longuement préméditée comme ce fut le cas au Chili en 1973 ou au Brésil en 1964 par exemple.

Au Brésil, ce fut d’abord un sauve-qui-peut des parlementaires corrompus qui craignaient pour leur liberté. En effet, quasiment tous les sénateurs et les députés étaient et sont toujours corrompus. Michel Temer en premier. Il leur fallait a tout pris empêcher la justice de remonter jusqu’à eux. Car, c’est à mettre au crédit de Dilma Rousseff, la police fédérale et la justice se sont vu octroyer les moyens d’œuvrer en toute liberté. Le coup d’État constitutionnel dont a été victime la présidente légitimement élue à la succession de Lula n’a pas du tout été l’œuvre d’un complot étasunien (Obama avait bien d’autres chats à fouetter) mais bien d’une manipulation interne. Alors bien sûr, les conservateurs US ont ensuite poussé à la roue notamment en aidant le juge Moro qui aujourd’hui fait tout pour empêcher Lula de se présenter en 2018, mais à l’origine la crise a été purement interne. Naturellement les néo-cons au pouvoir à Washington sont très satisfaits de Michel Temer, ce président corrompu, sans aucune volonté, qui vient de brader une grande partie de l’Amazonie aux orpailleurs (tout comme d’ailleurs s’apprête à le faire le gouvernement français et les élus locaux à propos de l’Amazonie guyanaise).

Au Venezuela, dans un premier temps, profitant de la manne pétrolière, Chávez a effectivement réussi a améliorer les conditions de vie des plus pauvres. Il a modernisé le pays. Mais il n’a pas su diversifier l’économie (pas suffisamment d’investissements dans les services publics et les infrastructures) et lutter contre la corruption. Pire, la classe dirigeante chaviste a elle-même été emportée par la corruption, la propre fille d’Hugo Chávez étant aujourd’hui une des personnes les plus riches de tout le continent américain, nord compris ! Tant que le cours du pétrole était élevé Chávez pouvait donner le change. Mais son décès, la baisse du cours du pétrole et l’arrivée au pouvoir de l’incompétent et passablement demeuré Maduro a précipité le Venezuela dans la chaos sans que les USA n‘aient eu besoin de lever le petit doigt. Il suffisait, pour les conservateurs trumpistes, d’attendre que le bel édifice s’effondre. Ce ne fut pas long. A eux aujourd’hui le beau rôle, mais ils restent prudents car le Venezuela de Chávez demeure un important fournisseur pétrolier de l’Amérique du Nord et Trump ne veut pas d’une hausse brutale du prix des carburants à la pompe, conséquence d’un effondrement total du régime ou d’une guerre civile…

Pour autant, au Venezuela, comme au Brésil, la droite n’est-elle pour rien dans les violences, les déséquilibres économiques, les injustices ? Si, bien sûr. Encore qu’au Brésil, une partie de la droite que l’on pourrait dire centriste commence à prendre ses distances avec Michel Temer. Mais il est vrai qu’elle a largement contribué au renversement de Dilma Rousseff, car s’il y a une chose qui demeure en Amérique latine et qui du coup est commune à tous ses pays c’est bien la lutte des classes. Quand Lula disait que la droite criminalise l’ascension sociale, il avait tout à fait raison et c’est une caractéristique primordiale à prendre en compte en Amérique du Sud. Celle-ci est restée dans un cadre colonial. Et du coup l’organisation sociale est toujours basée sur les inégalités au profit des classes dirigeantes et, bien sûr, au désavantage des travailleurs dont beaucoup sont demeurés dans un statut forcé de paupérisation affligeant. Aujourd’hui, au Venezuela tout comme au Brésil, la bourgeoisie (la haute, mais aussi les membres des classes moyennes supérieures) ne supporte pas l’émancipation donc ne tolère pas les Lula, Chávez, Mujica et autres Correa. C’est un fait. Prenez l’avion sur une ligne intérieure brésilienne et observez les moues de dégoût des Blancs en costume et bijoux quand montent à bord des Noirs ou des Morènes en sandales ! Mais bon an mal an, grâce aux taux de croissance des années 2000, la société brésilienne reste stable pour le moment. Alors pourquoi tout s’effondre au Venezuela ?

Un peu d’histoire et tour d’horizon sur la situation vénézuélienne pour essayer de répondre en appelant à témoigner Natalia Brandler, Maurice Lemoine, Luisa Ortega Diaz, Eduardo Galeano, Andrès Serbin (déjà cité), Patrick Le Hyaric et Pablo Stefanoni.

Natalia Brandler (@nataliabrandler) : Universitaire (docteur en sciences politiques directrice du Groupe d’études politiques sur l’Amérique latine (en France) et de l’Asociación Civil CAUCE (au Venezuela), spécialistes des systèmes électoraux et des études d’opinions.

Ce qu’elle dit :

« Les Insoumis bâtissent souvent leur discours à partir de trois erreurs :

1) Ils qualifient de «socialiste» une alliance entre militaires et politiciens corrompus utilisant le drapeau socialiste afin de s’attirer la sympathie de la gauche internationale.

2) Ils accusent «l’extrême droite et l’oligarchie financière» d’avoir détruit le pays, alors qu’en réalité, l’opposition réunit des partis de centre droit, de gauche et des sociaux-démocrates, la seule oligarchie étant la «boli-bourgeoisie» chaviste. Ils devraient s’informer sur les investigations en cours à propos des milliards de dollars déposés par cette dernière dans des banques étrangères.

3) Ils attribuent la crise à la baisse des prix du pétrole alors que la cause de cet échec est une gestion publique qui a détourné 850  milliards de dollars de revenus pétroliers et qui, prenant comme alibi un soi-disant collectivisme, a détruit l’industrie et l’agriculture ».

Elle précise : « Bien que le chavisme ait organisé des scrutins au cours des seize dernières années, depuis décembre 2015, il est évident qu’il accepte de convoquer des élections seulement quand il est sûr de les gagner. A partir de cette date, le président Maduro s’est servi du Tribunal suprême de justice (TSJ), dont les membres, nommés illégalement, sont liés au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV, au pouvoir), pour annuler les décisions de la nouvelle Assemblée nationale (AN) » et Natalia Brandler d’ajouter : « Le Conseil national électoral, arbitre sous influence du gouvernement, déclara un chiffre de votants de 8 millions, quantité exagérée selon l’entreprise Smartmatic, chargée du comptage des votes, pour qui la fraude s’élèverait au moins à 1  million de votes. Cette fraude a été commise pour dépasser le chiffre obtenu par la MUD lors du plébiscite convoqué les 16 et 17 juillet contre l’ANC, ce qui fait planer un doute sur la transparence des processus électoraux antérieurs validés par le CNE.

L’ANC (Constituante) s’est installée en prenant d’assaut le palais législatif où se réunit l’AN. Dans un deuxième temps, elle destitue la procureure générale Luisa Ortega et émet un ordre d’arrestation. Celle-ci fuit vers la Colombie, puis le Brésil, et assure posséder des preuves de corruption de fonctionnaires. On peut se demander pourquoi une partie de la gauche française incluant, La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, ne s’est pas encore prononcée sur ces faits ».

Maurice Lemoine : Journaliste et voyageur engagé, rédacteur en chef de La Chronique d’Amnesty International de 1993 à 1996, avant de rejoindre le Monde diplomatique dont il a également été le rédacteur en chef. Lire la suite sur sa fiche Wikipedia ICI.

Pour lui : « On a au Venezuela une alliance de la droite et de l’extrême droite », d’autre part, le journaliste qui connaît très bien le Venezuela où il est allé de nombreuses fois, explique : « Le secteur privé du pays n’a jamais également accepté le role prépondérant de l’Etat dans l’économie depuis l’arrivée de Hugo Chávez au pouvoir, selon Maurice Lemoine. Le Venezuela est le onzième producteur mondial de pétrole. Hugo Chávez et Nicolas Maduro n’ont pas réussi à sortir le pays de sa dépendance aux pétro-dollars qui représentent 96 % des revenus du pays selon l’OPEP pour l’année 2016 ». « On oublie que lors de l’arrivée au pouvoir de Hugo Chávez, le baril était également au plus bas et il n y’avait pas de queues devant les magazins. Nous sommes aujourd’hui dans une opération de destabilisation économique. Le secteur privé se retourne vers l’Etat pour changer ses bolivar en devises pour pouvoir importer. L’industrie pharmaceutique en 2004 a reçu 608 millions de dollars en 2004 pour pouvoir acheter des médicaments de l’étranger. Il n’y avait pas à l’époque une pénurie de médicaments. En 2014, le secteur a reçu 2,4 milliards de dollars et pourtant il y a une vrai pénurie de médicaments aujourd’hui”, indique l’ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique. “Il y a un sabotage des reseaux de distribution par le secteur privé (…) proche idéologiquement de l’opposition », ajoute Maurice Lemoine.

Luisa Ortega Diaz (@lortegadiaz) : L’ancienne procureur général fut très proche d’Hugo Chávez. Discidente, elle accuse Maduro de corruption. Elle est sous le coup d’un mandat international. Elle a fui le Venezuela avec son mari (juge anti-corruption) par la Colombie. Elle est actuellement au Brésil. Sa fiche Wikipedia ICI. Elle affirme détenir les preuves de la corruption de Maduro et de sa famille. Elle réclame une intervention de l’ONU, affirmant qu’il « existe au venezuela une violation flagrante et systématique des droits de l’Homme ». Pour l’ancienne chaviste l’ANC (Asamblea Nacional Constituyente) est totalement illégale. Lors de la 22e réunion des procureurs généraux (les Ministères publics) du Mercosul au Brésil la semaine dernière, elle a déclaré : « Cet événement me permettra de montrer au monde les preuves qui incriminent Nicolás Maduro et son entourage dans de graves crimes de corruption ». selon elle : « Les Vénézuéliens sont aujourd’hui persécutés, emprisonnés pour penser différemment du régime du dictateur Nicolás Maduro et de son entourage complètement corrompu ».

Eduardo Galeano : Écrivain, journaliste, dramaturge uruguayen [né à Montevideo en 1940]. Son œuvre la plus connue, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine, est un acte d’accusation contre l’exploitation de l’Amérique latine par les puissances étrangères depuis le XVe siècle. Il participe à des forums sociaux mondiaux de l’altermondialisme [2001-2005], et fait partie des dix-neuf personnalités qui ont proposé et signé le manifeste de Porto Alegre. Il est membre du comité de parrainage du tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009. Galeano a toujours dénoncé la main mise des USA sur les pays d’Amérique du Sud, combattant sans cesse la moindre velléité émancipation. Il a écrivait en 2015: « Hugo Chávez est un démon. Pourquoi? Parce qu’il a tiré de la misère deux millions de vénézuéliens qui ne savaient et ne pouvaient ni lire ni écrire, même en vivant dans un pays qui détient la richesse naturelle la plus importante au monde : le pétrole. Je vivais dans ce pays depuis quelques années et je savais très bien ce qu’il en était. On l’a appelé le “Venezuela saoudien” à cause du pétrole. Il y avait alors deux millions d’enfants qui étaient déscolarisés (…) c’est la preuve que Chávez est un méchant [aux yeux des impérialistes]. Il veut aider les pays sud-américains, Cuba envoie des médecins, il les paie. Mais les médecins ont également été une source de scandale, les médecins vénézuéliens étaient furieux de la présence de ces intrus travaillant dans les quartiers les plus pauvres, alors que je vivais là-bas en tant que correspondant de Prensa Latina… »

Andrès Serbin : Anthropologue et docteur en sciences politiques, professeur titulaire à la Facultad de Ciencias Económicas y Sociales de la Universidad Central de Venezuela. Président exécutif de la Coordinadora Regional de Investigaciones Económicas y Sociales (CRIES), un réseau très actif en Amérique latine et dans les Caraïbes dont le siège est à Buenos Aires. Il a travaillé au sein de plusieurs universités européennes dont Marseille-Aix et la Sorbonne III. Selon lui : « Hugo Chávez [avait] une vision géostratégique et militaire, chargée d’éléments idéologiques, illustrée par sa politique étrangère. Grâce à une diplomatie proactive qui utilisait les ressources énergétiques Chávez a cherché à renforcer son leadership en Amérique latine et, d’autre part, à jouer un rôle mondial plus pertinent grâce à des alliances avec l’Iran, la Russie et la Chine et par l’utilisation de Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en tant que forum mondial. La crise financière et son impact sur les prix du pétrole, ainsi que la fragilité croissante des accords internes qui définissent la capacité de Chávez de gouverner son pays et de maintenir des politiques sociales cohérentes, menacent à court terme cette stratégie, dont la Construction d’un monde multipolaire pour contrer l’unilatéralisme et l’hégémonie américaine, dans une rhétorique fortement anti-impérialiste ». Ce que n’a jamais su faire Maduro.

Patrick Le Hyaric : Journaliste et homme politique français, président et directeur du groupe L’Humanité (L’Humanité, L’Humanité Dimanche, l’humanité.fr, Pif Gadget, le réseau La Cerise, la Fête de l’Humanité). Fils d’agriculteurs, aide familial puis technicien agricole, Patrick Le Hyaric commence sa carrière de journaliste à La Terre, dont il est directeur général depuis 1989. En 2000, il succède à Pierre Zarka comme directeur du journal L’Humanité. Il est par ailleurs président de l’Association pour le pluralisme de la presse. Elu député européen de la circonscription d’Île-de-France depuis 2009, il est également conseiller municipal à Aubervilliers : « Je suis personnellement lié au Venezuela et à nombre de ses dirigeants de multiples manières. J’ai répondu à toutes les demandes de collaboration et d’aides notamment sur le développement agricole. J’avais même, à la demande de H. Chávez, travaillé sur les médias et un projet de journal. C’est parce que je suis cet ami que je permets d’être critique. On aurait tort de nier le fait qu’il aurait fallu depuis longtemps changer de modèle économique et sortir du quasi “tout pétrole”. On aurait tort de nier ou de vouloir cacher la corruption. D’autre part, on ne peut avoir trente six discours variables selon la posture qu’on défend : l’un ici qui dit que le parlement est premier, et l’autre ailleurs qui explique que parce que le parti du président a perdu les élections législatives, le primat revient au président. On ne peut pas ici regarder la côte de popularité du président et dire que là-bas il ne faut pas le faire parce qu’il est en deçà des 20%. On ne peut pas avoir adoré hier des personnalités, d’anciens ministres ou encore Mme Luisa Ortega Diaz (procureure générale qui a toujours été fidèle à la constitution et à la révolution) et les vouer aujourd’hui aux gémonies parce qu’ils émettent des réserves et des critiques sur l’objet de la constituante et sur son processus. Un processus où une commune de quatre milles habitants a la même représentation qu’une autre de huit cent mille habitants. Ceci combiné avec une représentation par corporation dont personne ne peut dire comment on été construites les listes électorales. Où est ici le principe « un homme / femme, une voix » ? Pourquoi vanter tant le référendum révocatoire et ne pas s’y soumettre quand les conditions constitutionnelles sont pourtant réunies ? »

Pablo Stefanoni (@PabloAStefanoni) : Économiste et journaliste. Rédacteur en chef de « Nueva Sociedad », ancien directeur du « Monde diplomatique » – édition bolivienne, coauteur de « Debatir Bolivia. Perspectivas de un proceso de descolonización » (2010), membre du conseil éditorial d’Alternatives Sud (CETRI). Il écrit dans un article intitulé El retroceso « nacional-estalinista » publié ICI il y a quelques jours : « La gauche latino-américaine et européenne devrait préférer le débat sur le sens de la démocratie plutôt que de se barricader dans une défense aveugle du chavisme qui ouvre la porte à la droite. En 1920, à l’issue d’un voyage dans la Russie révolutionnaire avec un groupe de syndicalistes ouvriers, l’intellectuel britannique Bertrand Russell écrivit un petit livre (Théorie et pratique du bolchévisme) dans lequel il retranscrivit ses impressions sur la récente révolution bolchévique. Il y abordait, avec simplicité et sens de l’anticipation, quelques-uns des problèmes liés à la concentration des pouvoirs et aux risques de bâtir une nouvelle religion d’État. Dans un texte fortement empathique avec la charge colossale reposant sur les épaules des bolchéviques, il soutenait que le prix de leurs méthodes serait très élevé et que, même en payant ce prix, le résultat était incertain. Dans ce raisonnement, on retrouve la plupart des difficultés du socialisme soviétique et de ce qu’il est devenu au cours du XXe siècle.

Cent ans après ce manifeste libertaire, il n’est pas inutile de revenir sur ces problèmes. Surtout parce que la tension entre démocratie et révolution demeure d’actualité bien que, en général, elle se manifeste plus comme une farce que comme une tragédie, du moins dans certaines analyses de la conjoncture latino-américaine. Le cas vénézuélien est le plus dramatique, car il s’agit de la première expérience autoqualifiée de socialiste et victorieuse depuis la révolution sandiniste de 1979. Ne serait-ce que pour cela, elle mérite qu’on y prête attention. De surcroît, il est possible que son échec ait des conséquences similaires à celles de la défaite sandiniste de 1990, voire pire. Cependant, les analyses font souvent défaut et sont généralement remplacées par des discours pamphlétaires qui ne sont rien d’autre que le miroir inversé de ceux de la droite régionale… La convocation d’une incertaine Assemblée constituante s’apparente à une fuite en avant du gouvernement de Nicolás Maduro, dont le soutien populaire s’effrite dans les urnes comme dans la rue.

(…) On supprime la démocratie avec le libéralisme. Ce n’est pas un hasard non plus si une grande partie de la gauche qui célèbre la “mère de toutes les batailles” vénézuélienne admire Kadhafi et son Livre vert. En Libye, le “chef spirituel” a poussé à l’extrême le remplacement de la démocratie libérale par un État de masse (la Yamahiriya) fondé sur son pouvoir personnel et sur une police secrète efficace qui a éradiqué le problème de la dissidence…

Il s’agit d’une gauche que l’on pourrait dénommer “nationale-stalinienne”. Une appellation idéale, qui permet de définir un espace rassemblant le populisme latino-américain et la nostalgie stalinienne (des éléments qui, par le passé, se conjuguaient mal). De ce mélange se dégage une sorte de “structure de sentiment” qui combine la rhétorique hyperbolique, une analyse sociale et politique étroite, un binarisme appauvrissant et une vision moralisatrice (à défaut d’analystes marxistes de l’impérialisme, on y trouve des moralisateurs enthousiasmés par les avantages des nouveaux pouvoirs comme la Chine ou le retour de la Russie, sans parler des sympathies avec Bachar al-Assad et d’autres héros de l’anti-impérialisme). Dans la mesure où la marée rose latino-américaine se retire, le populisme démocratique qui expliquait la vague de gauche dans la région perd de sa force, et cette sensibilité nationale-stalinienne gagne en visibilité et en influence au sein des gouvernements en déclin ou parmi les gauches affaiblies. Le national-stalinisme est une espèce de populisme minoritaire qui, lorsqu’il gouverne, agit comme s’il résistait depuis l’opposition. C’est pour cela qu’il gouverne si mal ».

Mégane De Amorim : Journaliste à Libération. Voici des extraits de son article (2016) consacré à Lorent Saleh, étudiant et activiste de 27 ans enfermé depuis près de trois ans dans une prison souterraine de Caracas :

« Lorent Saleh a été emprisonné en septembre 2014, accusé par le régime de préparer un attentat terroriste contre le Venezuela. Il est depuis enfermé dans la “Tombe”, une prison souterraine de Caracas, que les ONG dénoncent comme le haut-lieu de la torture des opposants politiques. Il y a des jours où il va bien, des jours où ça ne va pas, raconte à Libération la mère de Lorent Saleh, Yamile Saleh Rojas. Quand il est arrivé dans la “Tombe”, on lui a coupé les cheveux, on lui a mis l’uniforme. On l’a enfermé vingt mètres sous terre, dans des cellules construites pour être les coffres-forts d’une banque. Pendant huit mois, il n’a pas pu voir le soleil. Ils lui mettaient la lumière dans sa cellule, de jour comme de nuit, il n’avait plus la notion du temps. Ils ne le frappent pas dans la “Tombe”, mais tout est fait pour le détruire. Ils mettent des températures tellement basses que le lit est gelé. Lorent est malade, il a de graves problèmes de santé, des problèmes urinaires et ils ne le soignent pas. Ça fait un an et demi qu’on demande son transfert en hôpital et il n’a encore jamais vu de médecin. C’est de la torture. Je veux que tout le monde sache qu’au Venezuela, ils torturent les jeunes (…) Pour le régime vénézuélien, Lorent Saleh est un terroriste soutenu par la droite colombienne, en particulier par l’ex-président colombien Alvaro Uribe. Suspecté de préparer un attentat, il est accusé de “conspiration de rébellion”. Le ministre de l’Intérieur, Miguel Rodriguez Torres, diffusait juste après son arrestation une vidéo accablant Lorent Saleh. Elle apporterait la preuve que l’étudiant prévoyait des attentats au Venezuela. La vidéo, visiblement coupée au montage à de multiples reprises, présente Lorent en pleine conversation par webcam. L’image est en partie assombrie, ne laissant apparaître qu’un rond, au centre. Le mois dernier, 400 opposants au régime, qui manifestaient contre la politique de Nicolas Maduro, ont été également arrêtés. Pour Natalia Brandler, directrice du Groupe d’études politiques sur l’Amérique latine, “le référendum révocatoire est maintenant la seule solution pour éviter un bain de sang au Venezuela”. L’article complet, publié dans Libération le 21 juin 2016 est à lire ICI.

Ces témognages et ces analyses ne sont pas exhaustifs. Il y en a beaucoup d’autres. Mais j’ai pensé qu’il serait utile de les rassembler afin d’avoir une vision démarquée des prises de position trop tranchées lues ici ou là. Personellement je retiendrais ces mots de Patrick Le Hyaric à propos de la situation vénézuélienne : « On aurait tort de nier le fait qu’il aurait fallu depuis longtemps changer de modèle économique et sortir du quasi “tout pétrole”. On aurait tort de nier ou de vouloir cacher la corruption. D’autre part, on ne peut avoir trente six discours variables selon la posture qu’on défend : l’un ici qui dit que le parlement est premier, et l’autre ailleurs qui explique que parce que le parti du président a perdu les élections législatives, le primat revient au présiden».

En attendant, il est clair que la solution doit passer par les urnes sous un contrôle international. Enfin, ce qui est indéfendable chez Hugo Chávez puis Nicolás Maduro est la corruption. Je suis de ceux qui disent que la corruption doit être considérée comme crime contre l’Humanité. Elle fait des victimes. Elle prive les enfants d’école, les malades de soins, les femmes et les hommes de l’émancipation à laquelle ils ont droit ! La corruption détruit tout ce que le chavisme aurait pu avoir de positif.

NB : J’ai la prétention de bien connaître l’Amérique du Sud. Je vis au Brésil et séjourne en Guyane française régulièrement. Ces dix dernières années je suis allé quatre ou cinq fois à Caracas et dans le sud du Venezuela. Dernièrement j’ai pu constater à Manaus et Bélem (Amazonie brésilienne) l’arrivée de réfugiés vénézuéliens (mai et juin 2017). J’ai surtout vu des Amérindiens (quand les Amérindiens fuient ce n’ait vraiment pas bon signe) et des gens soucieux de se procurer  des médicaments. La corruption plus le vraissemblable blocus intérieur fait que des malades ne peuvent plus se soigner. La situation au Vénézuéla destabilise la région et est avant tout une crise sanitaire.

Venezuela

La tentation du national-stalinisme

Dans un article publié le 8 août 2017 dans les colonnes de Mediapart, l’ancien directeur de l’édition bolivienne du Monde diplomatique, Pablo Stefanoni écrit : « La gauche latino-américaine et européenne devrait préférer le débat sur le sens de la démocratie plutôt que de se barricader dans une défense aveugle du chavisme qui ouvre la porte à la droite ».
Et c’est bien l’enjeu : le retour d’une droite régressive et revancharde après le fiasco de l’épisode Maduro !
Pour le journaliste, observateur avisé des évènements latino-américains, Maduro s’enfonce et une partie de la gauche avec lui :  « La convocation d’une incertaine Assemblée constituante s’apparente à une fuite en avant du gouvernement de Nicolás Maduro, dont le soutien populaire s’effrite dans les urnes comme dans la rue. Il est certain que les manifestations contre le gouvernement sont plus ou moins véhémentes selon les régions, mais l’affirmation selon laquelle il n’y a que les riches d’Altamira ou de l’est de Caracas qui s’opposent au gouvernement est démentie par la défaite écrasante du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) aux élections législatives de 2015. Pour cette raison, il n’y a pas eu d’élections régionales (ni syndicales) ensuite. Pour cette raison encore, la Constituante a été façonnée de manière à ce qu’elle combine le vote citoyen avec le vote territorial et celui des entreprises, par le biais d’une entourloupe maquillée de principes révolutionnaires ».
Il souligne : « Il est important que la gauche se différencie de l’antipopulisme — avec ses aspects élitistes, revanchistes et souvent autoritaires. Mais mépriser la perspective d’une radicalisation démocratique, en accusant les libéraux qui pointent les déficits démocratiques glissant vers un néo-autoritarisme décadent, ne fait que favoriser les nouvelles droites régionales. Au lieu de se battre pour le sens de la démocratie contre les visions qui la réduisent à la liberté du marché, à la postpolitique ou au républicanisme conservateur, les nationaux-staliniens l’abandonnent et se barricadent dans une “résistance” incapable de régénérer la prééminence que la gauche avait conquise en Amérique latine lors de la “décennie gagnée”. Ce qui était défendable au nom du “socialisme au XXIe siècle” est devenu une parodie des années 70 ».
Et Pablo Stefanoni de conclure : « Malheureusement, sans une gauche plus active et créative au sujet du Venezuela, l’initiative régionale reste aux mains de la droite. Examinons ces processus de manière critique et faisons tout notre possible pour que Caracas ne soit pas notre mur de Berlin du XXIe siècle ».

Ce article a été traduit de l’espagnol par Thomas Cantaloube
Version complète pour les abonnés de Mediapart ICI

14-Juillet

Communiqué du Consulat général de France à Recife

A l’occasion de la fête nationale française, le vendredi 14 Juillet 2017, le Consulat Général de France à Recife pour le Nordeste organise une soirée à caractère culturel au Museu de Arte Moderna Aloisio Magalhães (MAMAM) et en partenariat avec lui.

 Cette célébration de la fête nationale française est plus particulièrement placée sous le signe du partenariat et de l’amitié entre les peuples.

 La soirée ambitionne de réunir de nombreux partenaires de la France dans le Nordeste dans les domaines  économique, de l’enseignement et de la recherche ou de la création culturelle.

 Le Consulat Général de France est également heureux d’inviter quelques compatriotes à cette soirée. A cet effet il met  à leur disposition des invitations qu’il convient de venir retirer en personne au Consulat général. Le nombre d’invitations étant nécessairement limité, il est recommandé de se présenter au Consulat général le plus tôt possible la semaine prochaine.  L’invitation est nominative et valable pour une seule personne. Une seule invitation sera remise par personne.

 Merci de formuler votre demande au préalable par voie de courriel à l’adresse suivante : admin-francais.recife-fslt@diplomatie.gouv.fr . Cette précaution est prise pour vous éviter un déplacement inutile.

Brésil : Le sénat approuve la Loi Travail (très controversée)

Le Sénat a approuvé mardi une réforme du Code du travail très contestée par les syndicats. Le projet de loi avait déjà été approuvé par la chambre des députés en avril. Réclamée par les milieux d’affaires, cette réforme est considérée comme vitale par le gouvernement du président Temer.

La réforme s’inscrit dans une série de mesures d’austérité en corollaire avec la réforme en cours d’examen par le parlement, et elle aussi très contestée. La nouvelle loi travail prévoit notamment la création de contrats de travail plus flexibles, et met fin aux cotisations syndicales obligatoires. Selon un sondage de l’institut Datafolha, 58 % des Brésiliens y sont opposés.

M. Temer a salué le vote du Sénat : « Je crois que nous avons approuvé une des réformes les plus ambitieuses des trente dernières années », a-t-il dit.

L’adoption du texte par le Sénat a été retardée mardi pendant un long moment par trois sénatrices de l’opposition qui ont empêché le président du Sénat Eunicio Oliveira de s’asseoir à son pupitre. Le président du Sénat a alors décidé de suspendre les débats et demandé de couper les micros et la lumière. L’hémicycle a été plongé dans l’obscurité. Les trois sénatrices de gauche qui ont occupé le pupitre ont ensuite été rejointes par d’autres parlementaires, qui ont retransmis leur action en direct sur les réseaux sociaux à l’aide de leurs téléphones mobiles.

Guyane

Encore une élue mise en examen (la maire de Saint-Elie)

L’alliance de la Bible et du fusil-mitrailleur : ces figures montantes de l’extrême-droite brésilienne

par Mathilde Dorcadie

Secoué par les scandales de corruption et les intrigues, le Brésil vit actuellement une restructuration complète de son paysage politique, dominé pendant une décennie par le Parti des Travailleurs (PT) et sa figure emblématique, l’ancien syndicaliste Lula. En deux ans, les courants conservateurs et réactionnaires, proches des paramilitaires et des églises évangélistes, ont conquis un espace médiatique sans précédent et infusent lentement leurs idées dans une société qui a perdu confiance dans ses dirigeants. Dans la perspective d’élections anticipées, et dans un contexte de violence politique croissante, Basta ! propose un tour d’horizon des nouvelles droites au Brésil.

Brésil : grève générale

Élections anticipées ?

La journée de protestation contre le gouvernement Temer au Brésil (vendredi 30 juin 2017) n’a guère mobilisé en dehors des grandes métropoles du littéral (São Paulo, Rio de Janeiro, Porto Alegre). Dans le Norte et le Nordeste les activités commerciales et me parfois bancaires ont été très peu perturbées. Par contre, partout, les transports en commun étaient à l’arrêt (Teresina, Fortaleza, Brasília, Imperatriz, Cuiaba…)

La circulation a notamment été désorganisée vendredi matin par des manifestants qui avaient placé des barricades pour bloquer des routes, notamment à Rio de Janeiro, où des incidents entre policiers et manifestants se sont prolongés jusque dans la nuit. Des pneus ont été brûlés sur les principales voies d’accès à la ville, provoquant des embouteillages monstres atteignant 70 km à l’heure de pointe. À Sao Paulo, capitale économique du pays, un groupe d’une vingtaine de personnes a installé des barricades pour bloquer une route du centre-ville, avant d’être dispersé par les forces de l’ordre à l’aide de grenades assourdissantes (AFP).

Les principales revendications portent sur l’assouplissement des règles du travail et la réforme libérale des régimes de retraite. Tout ça dans un contexte de crise politique sans fin. Le président Temer est clairement accusé de corruption. Il est sur un siège éjectable. Lula demande des élections anticipées.

Brésil : Le naufrage du président Temer

Arrivé au pouvoir il y a un an à peine, dans la foulée de la destitution de la présidente Dilma Rousseff, Michel Temer est aujourd’hui en bien mauvaise posture.

« Homme froid et cérémonieux, profondément impopulaire auprès des Brésiliens, Temer est arrivé en affichant une seule et unique préoccupation : la dure crise économique que le Brésil traverse depuis 2014 », rappelle El País Brasil. Mais il s’est avéré incapable d’imposer les réformes économiques drastiques qu’il voulait mettre sur pied. Temer est également aux prises avec la justice, notamment pour des soupçons de corruption. Quant à sa popularité, elle est estimée à moins de 9 %, rapporte O Globo.

À lire dans Courrier International 

Tout savoir, ou presque sur la situation économique du Brésil par les services économiques à l’étranger du Ministère de l’économie (Direction du Trésor)

Guyane: de scandale(s) en scandale(s)

En Guyane française, l’histoire se répète depuis des décennies. Cadres dirigeants, élus, institutions font encore et toujours la une des médias et généralement pas à leur avantage.

Les élus notamment sont sur la sellette : la maire de Cayenne, Mme Marie-Laure Phinéra Horth et l’ancien maire de Matoury sont soupçonnés de détournement de fonds publics. La maire de la capitale a même été placée en garde à vue. Tous les deux nient farouchement. En ce qui concerne M. Jean-Pierre Roumillac l’ancien maire de Matoury de 1989 à 2014, il se voit accusé par l’actuel maire (M. Gabriel Serville qui a sauvé son siège de député) qui affirme vouloir déposer une plainte dès lundi (3 juillet). Ces accusions sont dans l’air depuis au moins… deux ans. Certains observateurs s’interrogent à propos de l’opportunité d’engager des poursuites aujourd’hui.

Au chapitre des élections, justement, les deux députés de Guyane font l’objet d’un recours. Davy Rimane, syndicaliste (éclairage, mais ce n’est pas forcément une lumière !) contre Lénaïck Adam dans la deuxième circonscription (Ouest). Dans la première circonscription (Cayenne et Est) on ne connaît pas l’identité de celle ou celui qui a déposé un recours contre M. Serville (député sortant, réélu).

À part ça le scandale Léon Bertrand perdure. Condamné à de la prison ferme, il est toujours en liberté et surtout… maire de Saint-Laurent-du-Maroni ! [voir mon papier dans Mediapart ou sur ce site un peu plus bas].

Autre affaire cocasse (ou dramatique, c’est selon), celle de l’ineffable Bertrand Moukin un des leaders du mouvement d’avril-mai. On l’a surnommé M. Barrages, tout un symbole. Cet homme, par ailleurs vent debout contre l’immigration clandestine a finalement reconnu avoir participé à un vaste trafic de… faux visas ! L’affaire concerne également deux fonctionnaires de la préfecture, une dirigeante d’entreprise et un transporteur. Troublant : le préfet était-il au courant lors de négociations folkloriques avec les 500 frères et autres collectifs ?

Autre affaire : le procès de l’ancien président de la Chambre des métiers et de l’artisanat, M. Harry Contout pour favoritisme conjointement avec un chef d’entreprise. Voir Guyaweb sur les développements de cette sombre histoire où, comme toujours en Guyane, trafic d’influence, corruption, abus de confiance sont étroitement liés avec les pouvoirs économiques et politiques !

Pendant ce temps-là, le lycée agricole de Matiti est bloqué. L’établissement est en cessation de paiement fautes de subventions, notamment de la part Collectivité locale… Naturellement, on parlemente, on s’énerve, on bloque et débloque, mais rien n’avance.

Wait and see !

Selon les autorités, la cagoule n’est plus à la mode en Guyane !

Cet article a été publié sur mon blog, site de Mediapart, le 7 juin 2017 à 13:10 (Paris: 18:10)

La justice garde un œil sur les cagoulés de Guyane. Les 500 frères ont voulu remettre le couvert, le procureur a tapé du poing sur la table ! Des questions demeurent.

Les 500 cagoulés bas du front ont repris du service le 6 juin en voulant bloquer le centre des impôts de Cayenne. Mais, contrairement à il y a quatre mois, comme nous le soulignions dans notre article du 17 février 2017, la justice a réagi. En effet, par un communiqué de presse, le procureur de la République (près le TGI de Cayenne, M. Eric Vaillant) a justifié l’interpellation de plusieurs leaders des collectifs dits des 500 frères et de Trop Violans en ces termes :
« … six personnes ont été interpellées et placées en garde à vue au commissariat de Cayenne (…) pour les motifs suivants : dégradation de biens publics, entrave à la circulation, entrave à la liberté de travailler, dissimulation de visage lors d’une manifestation et pour l’un d’entre eux, en plus : port d’arme de catégorie D (poing américain et menaces) ».
Les gardes à vue ont été relativement courtes (un peu plus de cinq heures), mais « l’enquête se poursuit ».
Une question évidente se pose : pourquoi ces interpellations n’ont-elles pas eu lieu le 15 février dernier puis les semaines suivantes où on a quand même laissé librement circuler des cagoulés, bloquer la Guyane, dégrader la préfecture et parfois commettre des actes « musclés » en tenant des propos racistes ?
Pourquoi a-t-il semblé normal pour les élus et les autorités de Guyane qu’une poignée d’énergumènes bloquent pour la seconde fois le consulat du Surinam ?
Pourquoi a-t-on vu des gradés de la gendarmerie « cul et chemise » avec des cagoulés ?
Pourquoi le préfet s’est-il laissé déborder par des gens complètement hors-sol et irresponsables ?

Pourquoi ce qui était autorisé avec une certaine bienveillance ne l’est-il plus aujourd’hui ?
Certains avancent l’explication suivante : il fallait éviter à tout prix une explosion bien plus grave à la Guyane. Sans doute, mais nous évoquons les premiers jours. C’est-à-dire les premiers défilés des cagoulés à la mi-février. À ce moment-là, il était tout à fait possible de désamorcer ce qui en fait n’aura été qu’une suite d’événements néfastes n’ayant apporté à la Guyane quasiment aucun autre bénéfice que ceux proposés dans un certain Contrat d’avenir. Celui-ci, à défaut de construire l’avenir, a surtout fait couler beaucoup d’encre et de salive du côté de la CTG (Collectivité territoriale de Guyane). Ah si : il y a l’effacement de certaines (grosses) dettes dues à des incompétences purement locales ! Tout ça pour ça…

Au fait, un sondage circule : désormais, il n’y a plus que 15 % des Guyanais pour approuver l’action des 500 cagoulés. Mais bon, ce n’est qu’un sondage…

Brésil: le président Michel Temer plus que jamais sur la sellette


On le surnommait l’homme à la valise. Rodrigo Rocha Loures ce proche du président Temer avait été filmé en train de recevoir une valise de billets de banque (150 000 €). Il a été emprisonné. L’incarcération de ce proche conseiller du président Temer fragilise encore un peu plus le gouvernement brésilien. Enième rebondissement qui arrive au moment où le président pourrait voir son mandat cassé par le Tribunal supérieur électoral qui siège à partir de ce mardi 6 juin. Déjà accusé de corruption, M. Temer comparait aujourd’hui pour des irrégularités dans le financement de la campagne présidentielle de 2014 dans le ticket Dilma Rousseff présidente et Michel Temer à la vice-présidence. La position du président (non élu) devient franchement compliquée. Quant à son impopularité, elle bat des records ! « Le président affirme qu’il veut le bien du Brésil, en réalité il redoute la prison et sa résistance aggrave la crise a déclaré Paolo Baia, professeur de sciences politiques à l’Université fédérale de Rio de Janeiro ».

Quoi qu’il en soit, si le président est destitué le président de la Chambre des députés, Rodrigo Maia, assurera l’intérim pendant un mois, ensuite il y aura des élections indirectes (par le Congrès).

De plus en plus de voix s’élèvent (notamment dans la rue) pour réclamer des élections directes anticipées (au suffrage universel). Normalement la prochaine élection présidentielle doit avoir lieu en octobre 2018. Lula est candidat, pour l’instant, car la justice et tout particulièrement le juge Moro s’échinent à lui barrer la route.   Lors de la clôture du 6e congrès du Parti des travailleurs à Brasilia, ce dernier a déclaré : « J’ai appris aujourd’hui que le parquet demande ma condamnation, m’on incarcération. Je ne sais pas pourquoi. N’importe où dans le monde pour être condamné ou accusé il faut des preuves, ici au Brésil, non ! »

Gleisi Hoffmann, 2017

O PT vivenciou neste domingo mais um processo de eleições diretas para renovar suas direções. Milhares de filiados e filiadas foram às urnas partidárias. Esse processo é um compromisso histórico do PT com a democracia, que o diferencia de outras agremiações partidárias no País.

À l’ouverture de ce congrès, Lula avait demandé à la gauche de se préparer à revenir au pouvoir. Il a aussi critiqué l’infantilisme du parquet qui selon lui n’est pas parvenu « depuis deux ans a trouvé un dollar, un peso, un Real de pots-de-vin » à son encontre. Par ailleurs, ce Congrès a élu à la tête du Parti des Travailleurs la sénatrice Gleisi Hoffmann, avocate de 51 ans. Elle a été la chef de cabinet de la présidence de la République sous Dilma Rousseff. 

À propos de l’élection de G. Hoffmann, l’ex-président Lula da Silva déclaré : « Quand le PT était dirigé par des hommes il était bien et maintenant que c’est une femme qui en assure la responsabilité, ils vont voir comment le parti est plus audacieux, plus aguerri ». Quant à Michel Temer, il faut savoir que la plainte contre lui devant le Tribunal supérieur électoral a été déposée par une formation de droite, le parti de la social-démocratie brésilienne, qui avait perdu l’élection présidentielle de 2014. Ce parti est aussi… membre de la majorité présidentielle actuelle ! On voit mal désormais comment Michel Temer peut se maintenir au pouvoir, à moins que les juristes décident de jouer l’apaisement en le maintenant sous perfusions jusqu’à l’élection de 2018… histoire de ne pas rajouter une crise aux autres crises (politique, sociale, économique) qui secouent et affaiblissent le pays depuis plus de deux ans.

Législatives 2017. Français de l’étranger.

Fin de partie pour les deux députés sortants des première et deuxième circonscriptions de l’Amérique

Le continent américain compte deux circonscriptions pour les représentants des Français établis hors de France. La première (Nord, USA Canada), la deuxième (Amérique latine). Cette dernière comprend trente-trois pays pour une population d’environ 100 000 Français inscrits sur les registres consulaires. Le Brésil rassemble environ 22 000 ressortissants français (inscriptions consulaires).

Dans la 2e circonscription, Sergio Coronado a été le premier député à être élu (depuis la réforme de 2010) le 17 juin 2012 sous l’étiquette EELV. En 2017 il se représentait sous les couleurs de J.L. Mélenchon. Il serait en ballotage défavorable selon les premiers résultats partiels.

Selon les résultats publiés par l’embassade de France au Brésil Paula Forteza (LREM) arriverait en tête avec 50,64% des suffrages exprimés devant le député sortant, Sergio Coronado avec 22,18 %. (Résultats seulement sur les 10 bureaux du Brésil, pas sur l’ensemble de la 2e circonscription).

Même sort dans la première circonscription pour l’ancien sniper de Sarkozy, Frédéric Lefebvre (LR). Il serait battu par Pierre Lescure (LREM). 

Màj : 4 juin 2017 (22 h Brésil, 3 h le 5, Paris).

Paula Forteza (LREM)-Amérique latine

Sergio Coronado (FI)-Amérique latine

Frédéric Lefevbre (LR)-Amérique du nord

Roland Lescure (LREM)-Amérique du nord

Brésil : Après deux années de récession hausse du PIB de 1 %
Mais la crise politique et sociale est toujours prégnante

Certes c’est une bonne nouvelle, mais l’incertitude est toujours de mise tant la crise politique et sociale est profonde. Les inégalités s’accroissent, les mesures libérales du président Temer gèlent les acquis sociaux des plus pauvres et pénalisent aussi la classe moyenne notamment au registre des retraites.
D’ailleurs cette hausse de 1 % au premier trimestre 2017 ne doit pas masquer le fait que par rapport au 1er trimestre 2016, le PIB de la principale économie latino-américaine est cependant en retrait de 0,4 %, a précisé l’IBGE (Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística).
Pour rappel Le PIB du Brésil avait diminué de 3,6 % en 2016, après avoir déjà baissé de 3,8 % en 2015.
L’économie brésilienne, qui avait connu un taux de croissance record de 7,6 % en 2010, a été affaiblie par la baisse des cours des matières premières (produits agricoles et pétroliers), mais aussi par la crise politique qui secoue le pays.
L’analyste et ex-président de la Banque centrale Carlos Langoni maintient sa prévision d’une croissance autour de 0,5 % pour l’année en cours. Même si, a-t-il précisé « dans un scénario extrême d’approfondissement de la crise politique, il pourrait y avoir une croissance nulle du PIB, avec une stagnation économique ».
Par secteurs, c’est l’agriculture qui a connu la plus forte progression (13,4 %) grâce à un volume accru de récoltes et à la bonne résistance des prix des marchandises. L’industrie a progressé de 0,9 % et les services sont restés stables.

Reste que l’inflation passe en avril sous la cible de la Banque centrale (4,08 % contre 4,5 %), pour la première fois depuis 2009. Par ailleurs, toujours selon l’IBGE, les secteurs du commerce de détail voient leurs résultats baisser en mars en comparaison à février (quasi – 2 %).

Crise politique et sociale

D’autre part en dévoilant le programme d’investissement nommé « Avançar », destiné à remplacer la PAC (plan d’accélération de la croissance), le gouvernement fait l’impasse sur les politiques sociales d’éducation, de santé, de sport et d’accès à l’eau en y consacrant seulement 13 % du budget. Les priorités étant les transports et la défense. Curieux : la défense (23 % du programme) pour un pays qui n’est en guerre avec personne et dont aucune perspective belliqueuse n’est en vue.

Le président non élu Michel Temer, 76 ans

L’actuel président non élu, Michel Temer, 76 ans, est mis en cause par d’anciens cadres du groupe de BTP Odebrecht, dans l’enquête sur l’énorme scandale de corruption impliquant la plus grande entreprise du pays, le groupe pétrolier Petrobras. M.Temer aurait demandé à Odebrecht quelque 10 millions de reais (3 millions d’euros) pour la campagne de son parti (PMDB). Pour une fois, les juges détiendraient des preuves. Contrairement au sujet des accusations portées contre Lula soupçonné d’enrichissement personnel par le juge Moro qui ne désespère pas d’empêcher l’ancien président, toujours populaire (notamment dans les régions pauvres du Norte et du Nordeste), d’être candidat à la présidentielle d’octobre 2018.

[M. Temer est président par intérim après le coup d’État constitutionnel mené par la droite et l’extrême droite qui a mené à la destitution de Dilma Rousseff qui avait été élue démocratiquement pour un second mandat].

Qual o nome completo de Michel Temer ?

Filho de imigrantes libaneses que chegaram ao Brasil, na década de 1920, Michel Temer nasceu e foi criado no interior paulista. Em 1963, graduou-se em direito pela Universidade de São Paulo (USP), onde atuou ativamente na política estudantil. O nome completo de Michel Temer é Michel Miguel Elias Temer Lulia .

Le témoignage d’un lanceur de projets entrepreneuriaux en Guyane

Après la publication d’un article sur le blog de Mediapart ICI concernant la Guyane, Maurice B. nous a envoyé un courriel. Il souhaite témoigner sur les difficultés qu’il rencontre auprès des élus et des administrations en Guyane. Il travaille dans le secteur fluvio-maritime (création et fabrication d’embarcations originales comme des house-boats ou des petits sous-marins de loisir). Il reproche surtout aux élus et aux administrations guyanaises de ne pas prendre en compte les projets créateurs d’emplois proposés par les citoyens.
« Personnellement, je pense que les élus tous confondus, non rien a faire du peuple, seul les intéresse de se faire élire avec leur parti ou de faire des alliances pour garder leur place.
Nous avons présenté un projet à madame Marie-Laure Phinéra-Horth, maire de la ville de Cayenne. [Ce projet peut créer] 50 emplois en moins de trois ans [puis] 100 emplois.
Sans compter du travail pour 4 sous-traitants en direct, il faut savoir que nous aurions apporté toutes les formations aux personnes que nous aurions employées, et cela sans demander d’assistance à quiconque.
Notre seule exigence était d’avoir une assistance financière soit sous forme de caution bancaire ou de subventions remboursables avec intérêts ou d’être parrainés par une grosse société locale le temps de notre mise en place ».

Passe-droits ? Belles paroles ? Des formations pour quoi faire ?

« [les collectivités] interviennent avec des millions d’euros, voire des milliards pour certains, il se monte des SEM [sociétés d’économie mixte] où elles sont majoritaires à plus de 70 % ».
Notre témoin sous-entend que beaucoup de ces SEM sont créées au bénéfice d’amis d’élus…
Il poursuit : « … à ce jour c’est lettre morte [les démarches effectuées pour la création de cette entreprise], il est vrai qu’une start-up, c’est pas très crédible, il vaut mieux donner [c’est Maurice qui souligne] de l’argent sans contrepartie a des grosses multinationales connues, que d’aider une jeune entreprise avec un projet innovant et porteur d’emplois. Quand tout le monde parle de créer des emplois c’est du leurre et des belles paroles, ils [les élus] n’en pensent pas un mot, il parle de faire de la formation, c’est très bien, mais de la formation quand il n’y pas de travail… »
Notre témoin dit que lui et son équipe peuvent vraiment créer des emplois : « Nous, nous amenons du travail réel pas des chiffres ou des belles paroles ».
Il insiste : « ça va faire plus d’un an qu’on nous promène [d’administration en administration]. Après on vous explique qu’il n’y a pas d’argent ou que ça ne dépend pas de leur budget, il y a toujours une explication sordide, pour vous dire sans vous le dire, que ça ne les intéresse pas… ».
Maurice prétend que s’il était connu, médiatisé ou proche d’un élu il n’en rencontrerait pas tous les obstacles qu’il nous décrit.
Et, avec humour, il cite Coluche : « quand la personne ayant perdu ses papiers va à la police qui l’écoute bien et après on lui demande s’il a ses papiers ! »

contact@diogenedarc.com

 

Les conséquences au Brésil de la crise vénézuélienne
L’appel d’universitaires et d’intellectuels

Alors que des militants de la société civile, des universitaires et des intellectuels latino-américains et européens viennent de publier un appel international « pour stopper la montée de la violence au Venezuela », la situation s’aggrave à Manaus (capitale de l’Amazonie brésilienne). En effet, Brasília a assoupli ses conditions d’entrée sur le territoire de l’Union afin de venir en aide aux milliers de Vénézuéliens qui le peuvent de venir se réfugier ou tout simplement se procurer les produits de base qui font désormais défaut chez eux et notamment les médicaments.
Du coup, la ville brésilienne de Manaus, au cœur de l’Amazonie, dans l’impossibilité de loger tout le monde et face au risque de maladies, a décrété l’état d’urgence sociale en réaction à l’afflux de migrants venus du Venezuela et parmi eux plus de 350 Indiens de la tribu vénézuélienne des Warao.
Depuis le début de 2017, le Brésil a reçu 8 231 demandes de réfugiés venant du Venezuela. Depuis février, une résolution du Conseil national de l’immigration brésilien permet aux ressortissants du Venezuela essayant d’échapper à la crise dans leur pays de demander un permis de séjour temporaire sans passer par les procédures complexes concernant normalement les réfugiés.

L’appel des intellectuels à propos de la situation au Venezuela

L’appel des d’intellectuels sud-américains comme la sociologue argentine Maristella Svampa ou l’économiste équatorien Alberto Acosta, est notamment signé par Sergio Coronado, député des Français de l’étranger pointe la responsabilité du gouvernement Maduro dans la dérive autoritaire du pouvoir, et soutient les initiatives de dialogues pluralistes qui émergent à Caracas : En tant qu’universitaires, intellectuels ou militants de la société civile, nous souhaitons exprimer notre profonde préoccupation face à la situation incontrôlée de violence politique et sociale au Venezuela qui a déjà entraîné plus de cinquante morts, des centaines de blessés et de détenus renvoyés devant des tribunaux militaires.
Nous sommes conscients que la situation de violence dans laquelle le Venezuela est plongé aujourd’hui a des origines nombreuses et complexes, dans un contexte de polarisation politique de plus en plus virulent et de désintégration du tissu social. Le conflit vénézuélien a ainsi différences faces.

 

Capture d’écran de la chaîne Euronews

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Brésil

La destruction du système de protection sociale par le gouvernement Temer

Grazielle David

Jeudi 25 mai 2017, mis en ligne par Dial

Il est encore trop tôt pour faire le bilan du gouvernement de Michel Temer devenu officiellement chef d’État du Brésil après la destitution de Dilma Rousseff, le 31 août 2016. Mais comme l’explique Grazielle David, les mesures prises font planer une menace importante sur les services publics et le système de protection sociale brésilien. Article publié dans l’édition de mars de la revue América Latina en Movimiento : « Stop aux paradis fiscaux ? », une coédition avec la campagne « Paguen lo Justo » [Qu’ils paient ce qui est juste].

Le Brésil s’est distingué par l’ampleur, l’intensité, la perversité des mesures d’austérité adoptées. Le gouvernement de Temer, qui est arrivé au pouvoir en 2016 après la destitution de la présidente élue démocratiquement, a adopté de façon accélérée une série de mesures nocives au peuple brésilien. Il est important de souligner que le président comme ses ministres sont largement impliqués dans les dénonciations de corruption en cours. Le pays vit une crise institutionnelle et politique et les propositions du gouvernement n’ont jamais été soumises au vote populaire. Lire l’article complet

La justice française enquête sur de possibles rétro-commissions autour de la vente de sous-marins au Brésil 

Lire l’article complet sur le site de France Inter, par Emmanuel Leclère publié le dimanche 21 mai 2017 ICI

D’après les informations du Parisien, l’enquête du parquet national financier (PNF) a été ouverte en octobre dernier pour “corruption d’agents publics étrangers” et fait suite aux aveux d’Emilio et de Marcel Odebrecht. Père et fils, ils sont fondateur et patron de la plus grande entreprise de BTP brésilienne.

Brésil : Ce que dit le rapport annuel d’Amnesty International

Le moins que l’on puisse dire est que ce rapport 2015/2016 n’est pas très flatteur. On s’y attendait. En préambule, les auteurs écrivent :

« Cette année encore, de graves atteintes aux droits fondamentaux, dont des homicides perpétrés par la police et des actes de torture et autres mauvais traitements en détention, ont été signalées. Les jeunes Noirs des favelas (bidonvilles) et les groupes marginalisés étaient particulièrement exposés à ces violations ».

Violences policières

Le rapport souligne en effet que « Le nombre d’homicides commis durant des opérations policières demeurait élevé en 2015 mais, en raison d’un manque de transparence dans la majorité des États, il était impossible de fournir un chiffre exact. Les États de Rio de Janeiro et de São Paulo ont enregistré une hausse importante du nombre de personnes tuées par des policiers en service, confirmant la tendance observée en 2014. Ce type d’homicides faisait rarement l’objet d’une enquête, et des tentatives de maquillage des scènes de crime et d’incrimination des victimes de la part des policiers ont souvent été signalées. Ceux-ci invoquaient régulièrement la légitime défense pour justifier ces meurtres, soutenant que la victime avait opposé une résistance au moment de son arrestation ».

L’association internationale donne plusieurs exemples. Mais il suffit de lire la presse quotidienne au Brésil pour se faire une idée encore plus précise des exactions policières, souvent hors de contrôle. Des mineurs, et parfois même des enfants en sont très souvent les victimes. Les exécutions de masse ne sont pas rares : « À Manaus (État de l’Amazonas, dans le nord du pays), 37 personnes ont été tuées en l’espace d’un week-end en juillet. À Osasco, une ville de la région métropolitaine de São Paulo, 18 personnes ont trouvé la mort en une seule nuit. L’enquête préliminaire a révélé l’implication de policiers militaires ».

Les policiers responsables d’homicides illégaux jouissent d’une impunité quasi totale. Sur les 220 enquêtes sur des homicides commis par la police ouvertes en 2011 dans la ville de Rio de Janeiro, une seule affaire avait abouti en 2015 à l’inculpation d’un agent. En avril 2015, 183 de ces enquêtes étaient toujours en cours.

Autre dossier très lourd : les peuples indigènes

Le rapport explique : « Le processus de délimitation des terres des peuples indigènes ne progresse toujours qu’avec une extrême lenteur, alors que le gouvernement fédéral dispose à la fois de l’autorité juridique et des moyens financiers nécessaires pour le faire avancer. Plusieurs dossiers sont toujours en instance. Les attaques visant des membres de communautés indigènes demeurent monnaie courante, et leurs auteurs sont rarement traduits en justice ».

Le rapport pointe notamment du doigt la situation dramatique des Guaranis-Kaiowás de la communauté d’Apika’y, dans le Mato Grosso do Sul. Une ordonnance d’expulsion, qui aurait pu laisser sans abri les membres de cette communauté, a été suspendue provisoirement en août. Cependant, à la fin de l’année 2015, ils étaient toujours sous la menace d’une expulsion…

Un texte aux conséquences très néfastes pour les peuples autochtones

Une commission spéciale de la Chambre des députés a approuvé en octobre une proposition d’amendement de la Constitution transférant au pouvoir législatif – au sein duquel l’influence du lobby de l’agriculture industrielle est très forte – la responsabilité de délimiter les terres appartenant aux indigènes, responsabilité jusqu’alors assumée par le pouvoir exécutif. À la fin de l’année, cet amendement devait encore être adopté par l’ensemble des députés réunis en plénière. L’adoption de ce texte aurait de lourdes répercussions sur l’accès à la terre des peuples indigènes.

Guyane : le scandale Léon Bertrand

Léon Bertrand s’honorerait à mettre un terme à ses recours à la noix et à se présenter aux portes du pénitencier. Ne serait-ce pas un acte à la hauteur de ce qu’il fut et de la confiance longtemps placée en lui ?

Il a été l’homme fort de la droite guyanaise. Ce « bébé » Chirac a même connu son heure de gloire grâce au Corrézien. L’amateur de tête de veau et d’argent liquide l’a fait secrétaire d’État puis ministre délégué au Tourisme (2002-2007). On dit que le grand Jacques l’appelait régulièrement à trois heures du matin…

En 2008, Nicolas Sarkozy le nomma inspecteur général de l’Éducation nationale au 5e tour. Ne participant qu’à une petite dizaine de réunions en deux ans, notre descendant de bagnard ne s’est pas tué à la tâche. D’ailleurs, professeur de sciences physiques et naturelles, il a très peu enseigné (il est maire de Saint-Laurent-du-Maroni dès 1983 après avoir été élu conseiller général l’année précédente).

Léon Bertrand, revendiquant ses origines (européennes, surinamaises, amérindiennes), aura été très populaire dans l’Ouest guyanais. Il dispose toujours d’un certain capital de sympathie. Homme chaleureux, généreux, bon musicien à ses heures, n’hésitant pas à boire le coup avec ses administrés dans les cafés du coin, il a su longtemps naviguer en évitant les écueils, usant souvent d’un clientélisme bon enfant. Du moins, le croyait-on. Car tout s’est sérieusement gâté à l’aube des années 2010.

Mis en examen pour délit de favoritisme et corruption passive, il a été placé en détention provisoire au centre pénitentiaire de Ducos (Martinique) dans la nuit du 26 au 27 novembre 2009, après avoir été gardé à vue à Cayenne. Il est alorssoupçonné d’irrégularités dans les conditions d’attribution de marchés publics au sein de la Communauté de communes de l’Ouest guyanais (voir ici sa fiche Wikipédia).

À partir de là le feuilleton judiciaire (compliqué !) occupera les Guyanais, et surtout le toujours maire de Saint-Laurent et ses proches. En fait : sept ans de malheur !

Un (trop) long feuilleton judiciaire dont Monsieur Léon est la vedette

Dans cette histoire, il y aura de tout, même disparition et mort d’homme (voir iciou ). On suivra alors les aventures judiciaires de l’ancien ministre au gré de rebondissements multiples notamment sous la plume de Frédéric Farine, correspondant de l’AFP et journaliste pour le site Guyaweb.

On a cru qu’un point final ponctuerait cette pâle copie d’un polar à la James Hadley Chase  avec la condamnation en appel (à Basse-Terre, Guadeloupe) de Monsieur Léon : trois ans de prison ferme, 80 000 euros d’amende et trois ans de privation des droits civiques pour corruption passive et pour favoritisme dans le cadre de marchés publics. Peine prononcée le 7 mars 2017 assortie d’un mandat de dépôt. Lire la suite sur mon blog hébergé par Mediapart

Brésil : la presse française à la remorque du groupe Globo

 

 

La façon dont les médias français rendent compte de ce qui se passe au Brésil n’a qu’un lointain rapport avec le journalisme. Un stagiaire localier dans une sous-préfecture ferait beaucoup mieux. Beaucoup de correspondants ne font que recopier les dépêches de l’AFP et traduire celles du groupe Globo. Ce dernier, très à droite dans ses analyses (ce qui d’ailleurs est son droit dans une démocratie), soutient naturellement tout ce qui peut aller contre l’exécutif brésilien actuel et le PT. Il est également intéressant de ne pas oublier que ce groupe a quand même été longtemps un soutien indéfectible à la dictature militaire aux mains de la CIA. Ou s’inspirent tout simplement (quand ils ne le recopient pas) du Washington Post.

La correspondante du Monde, comme la plupart de ses consœurs et confrères n’a de cesse de porter aux nues le juge Sergio Moro. L’Eliot Ness brésilien cher au Washington Post. Mais pourquoi donc, dans le Monde, dans le Figaro et même dans l’Obs, ne rapporte-t-on pas ces quelques précisions :

Sergio Moro est très marqué à droite. Il est le fils du fondateur du PSDB (à la pointe de l’opposition au gouvernement). Son épouse est toujours salariée de ce parti qui porte bien mal son nom (Parti de la sociale démocratie du Brésil). Sergio Moro va très régulièrement aux États-Unis où il a fait ses études d’ailleurs. En 2007, il a participé à un séminaire de trois semaines pour les « leaders potentiels » parrainés par le Département d’État américain…

Pourquoi ne rapporte-t-on pas non plus les réactions de certains juristes brésiliens comme José Roberto Batochio, avocat, ex-président de Ordem dos Advogados do Brasil, à propos de la divulgation par Moro d’un enregistrement pirate d’une conversation entre Lula et Dilma : « C’est inadmissible, ce juge [Sergio Moro] tente d’instaurer un État policier dans les faits ». Lui aussi accuse le juge de transgresser la Constitution. Il a ajouté que dans une démocratie solide (comme aux États Unis), le juge aurait été sanctionné. « Où allons-nous si on peut ainsi divulguer des secrets d’État ? » Cet enregistrement a été effectué sans mandat.

Enfin, la situation dans laquelle se retrouve le Brésil est principalement due à une absence totale de législation concernant le financement de la vie politique et à un Congrès très à droite qui refuse toutes les réformes. Oui, Petrobras a servi de pompe à fric pour tous les partis politiques tout comme le groupe de BTP Odebrecht. Dilma Rousseff aurait dû reconnaître au tout début de l’affaire Petrobras qu’elle était au courant des financements des partis de droite comme de gauche. Elle ne pouvait sans doute pas l’ignorer quand elle était ministre des Mines et de l’Énergie et présidait à ce titre le Conseil d’administration de l’entreprise nationale que la droite veut offrir aux Américains.

Comme dans tout financement de la vie politique par des entreprises, il faut bien faire la part des choses entre ceux qui ont détourné  l’argent pour des campagnes électorales et ceux, qui, au passage, se sont personnellement enrichis comme Aécio Neves (candidat malheureux à la présidentielle de 2014 et très proche du juge Moro), Cardoso (ancien président et, accessoirement, propriétaire d’un appartement avenue Foch à Paris !) ou Eduardo Cunha, président de l’Assemblée Nationale qui a envoyé de l’argent sur des comptes en Suisse par le biais de l’église évangélique.

La méthode de Sergio Moro est d’obtenir des aveux négociés en échange de réductions de peine ou même d’arrêt des poursuites. Il y a donc, au niveau judiciaire un odieux marchandage et, au final, très peu de preuves matérielles. D’ailleurs il n’y a aucun document attesté prouvant un enrichissement personnel de Dilma Rousseff et de Lula. Enfin, rappelons que se sont eux qui ont le plus œuvré contre la corruption au Brésil !