Des soucoupes volantes dans le ciel brésilien

Histoire de Vilas-Boas et de l’opération Prato

 

Antônio Vilas-Boas (1934-1992), était un fermier brésilien qui a prétendu avoir été enlevé par des extraterrestres en 1957. Il a défrayé la chronique et continue aujourd’hui à susciter beaucoup d’intérêt. D’autant plus qu’il s’agit de la première histoire d’enlèvement de ce genre par des êtres (humanoïdes) venus du cosmos.

Le 16 octobre 1957, il a alors 23 ans, il labourait son champ près de São Francisco de Sales, État du Minas Gerais, à environ 1000 kilomètres au nord-ouest de Rio de Janeiro. Pour éviter les grandes chaleurs, il travaillait essentiellement de nuit. Il raconta que vers 22 heures, il vit une lumière rouge apparaître dans le ciel. Au volant de son tracteur, il aurait suivi cette lumière et, sans s’inquiéter le moins du monde, il est descendu de son engin lorsque le point rouge, grossissant s’est transformé en un vaisseau qui a atterri juste devant lui, « sur trois jambes ». Des humanoïdes aux yeux bleus, plus petits que des êtres humains (1,50 m) sont sortis de la soucoupe volante et sont allés immédiatement à la rencontre d’Antonio. Et là, ni une ni deux, ils l’embarquent dans le vaisseau ! Dans une autre version, le fermier dit que, dans un premier temps, il a tenté de s’enfuir en tracteur, mais à un moment le moteur et les phares du véhicule se sont arrêtés, il a alors essayé de fuir à pied, mais aurait été très vite rattrapé.

Toujours est-il qu’il a affirmé avoir bien été kidnappé, mais sans violence. Dans le vaisseau, il a été placé dans une petite cabine où on l’a dépouillé de ses vêtements et oint de la tête aux pieds d’un gel par des humanoïdes qui semblaient communiquer entre eux au moyen de sons ressemblant à des vocalises et des cris d’animaux. Il est ensuite conduit dans une grande salle semi-circulaire, aux murs arborant d’étranges symboles rouges. Antônio Vilas-Boas affirma mordicus avoir pu mémoriser ces symboles, qu’il reproduisit plus tard à la demande des enquêteurs ! Ensuite, il faut admettre que le gars n’était pas tombé sur des aliens méchants puisqu’on lui présenta une jeune femme magnifique, nue, avec laquelle il a… fait l’amour ! Ensuite, le fermier affirma avoir un peu voyagé à bord du vaisseau à travers l’univers. Bref, toujours au bras de la jolie jeune femme, il a fait du tourisme interstellaire. Les extraterrestres, dont certains avaient des « visages triangulaires » lui firent quelques prises de sang. Tant qu’à faire, Antônio était tellement coopératif (pensez, la jolie fille !), de petites expériences pouvaient joindre l’utile à l’agréable. D’ailleurs, il sembla filer le parfait amour avec la jeune femme. Tantôt il la décrivit comme ayant de longs cheveux presque blancs, tantôt il la dota d’une abondante chevelure blonde, mais avec une pilosité rouge sous les bras et au pubis. À un moment, « elle frotta son ventre en faisant un geste vers le haut ». Boas y vit le signe qu’elle allait élever leur enfant dans l’espace… Du coup, Antônio suggéra aux enquêteurs qu’il avait été choisi et enlevé pour servir… d’étalon. Rien de moins ! 

 

Quand les humanoïdes le ramènent sur Terre, le paysan s’aperçut que seulement 4 heures s’étaient écoulées durant son absence, expériences scientifique et sexuelle, visites de l’univers et du vaisseau comprises. Naturellement, son histoire a été racontée, et plusieurs scientifiques et journalistes se sont penchés dessus. D’abord, on s’est rapidement aperçu qu’Antônio Vilas-Boas était loin d’être un paysan illettré. D’abord, il possédait un tracteur avec lequel il travaillait. Il avait donc une certaine aisance matérielle par rapport à la très grande majorité des cultivateurs de l’intérieur de cet État qui n’avaient que leurs mains, parfois de maigres animaux de trait. Ensuite, on révéla que ce jeune homme, en pleine ascension sociale, suivait des études de droit par correspondance pour devenir avocat.

 

De plus, un chercheur, Peter Rogerson, fit remarquer que plusieurs mois avant que celui-ci ne fasse le récit de son enlèvement supposé, le périodique brésilien O Cruzeiro avait publié un article sur une affaire similaire dans son numéro de 1957. Il s’agissait de l’histoire de l’Américain George Adamski (1891-1965). Ce dernier prétendit avoir rencontré, en novembre 1952, un Vénusien, du nom d’Orthon, près de Desert Center en Californie. « L’homme ressemblait à tout autre homme, et j’ai remarqué qu’il était relativement plus petit que moi et considérablement plus jeune. […] Alors pour la première fois j’ai vraiment réalisé que j’étais en présence d’un homme de l’espace, un humain d’un autre monde ! La beauté de son apparence dépassait tout ce que j’avais pu voir. Et l’aspect avenant de son visage me libéra de toute pensée personnelle. Je me sentais comme un petit enfant en présence de quelqu’un doté d’une grande intelligence et de beaucoup d’amour, et je devins très humble par rapport à moi-même… de lui émanait le sentiment d’une compréhension et d’une gentillesse infinies, avec une humilité absolue », écrivit Adamski dans un de ses livres qui devinrent des best-sellers et lui rapportèrent beaucoup d’argent. 

Le Brésilien avait-il voulu réitérer l’aventure lucrative ? D’ailleurs, les enquêteurs ont noté que Vilas-Boas utilisait certains détails rapportés par Adamski, même si l’Américain, lui, n’affirmait pas avoir été kidnappé par plusieurs extraterrestres. Notre paysan brésilien avait sans doute lu un ou plusieurs livres de George Adamski (photo ci-contre à gauche).

La revue française Sciences-Humaines s’est longuement interrogée sur l’état psychologique des personnes qui ont raconté avoir rencontré des extraterrestres : Susan Clancy, psychologue à Harvard, a interrogé de nombreux « kidnappés » et les a soumis à des tests. Elle a conclu que « ces personnes ne sont pas forcément des mythomanes, elles ont réellement vécu une expérience psychologique singulière, expérience qui a été réinterprétée, a posteriori, sous forme d’enlèvement ».

L’étude de S. Clancy commence par l’analyse d’un phénomène psychologique singulier, la « paralysie du sommeil » (sleep paralysis), explique le sociologue Jean-François Dortier. Elle survient lors d’un brusque réveil au cours du sommeil paradoxal, quand le corps est désynchronisé du cerveau et ne peut donc plus être commandé par lui. À ce moment, on peut éprouver la désagréable sensation de se retrouver « paralysé » dans son lit. Ce sentiment de paralysie est parfois accompagné par des hallucinations, une impression de lévitation et la sensation d’une présence étrangère. Cette expérience est loin d’être rarissime, « 60 % des Américains ont déclaré l’avoir éprouvé au moins une fois. Les Japonais l’appellent kanashibari, et elle est représentée par un démon qui se tient assis sur la poitrine du dormeur ». S. Clancy pense que des phénomènes du même type pourraient expliquer les expériences mystiques comme les apparitions. Naturellement, la plupart ont de fortes propensions à des problèmes liés à la schizophrénie, à la mythomanie ou sont très sensibles aux histoires paranormales.

Opération Prato

Au Brésil, il a eu entre 1947 et 2013 pas moins d’une vingtaine de phénomènes extraterrestres. Par exemple, le 23 juillet 1947, le topographe José Higgins travaillait avec de nombreux ouvriers à Bauru, São Paulo. Soudain, ils ont entendu un son extrêmement aigu. Quelques instants plus tard, ils ont vu un objet en forme de soucoupe atterrir près d’eux. Les ouvriers s’enfuient en laissant Higgins seul. L’homme a rapporté que trois personnages humanoïdes ont émergé de l’OVNI et lui ont parlé dans une langue inconnue, comme s’ils demandaient leur chemin. Après environ une demi-heure, ils sont retournés à leur vaisseau et sont repartis. Le 16 janvier 1958, à 12 h, le navire brésilien Almirante Saldanha, participant aux projets de l’Ano Geofísico Internacional, s’apprêtait à s’éloigner d’Ilha de Trindade, au large de l’Espírito Santo. Le capitaine Viegas était sur le pont avec plusieurs scientifiques et membres de l’équipage lorsqu’il a soudainement remarqué un objet volant, qui avait un « anneau » autour de lui, comme Saturne. L’OVNI est venu sur l’île par l’est, a volé vers le Pico Desejado puis est parti très rapidement vers le nord-ouest. Dans la soirée du 28 juillet 1979, l’agent de sécurité Antonio Carlos Ferreira aurait été enlevé de son lieu de travail, une usine de meubles dans l’État de São Paulo. Selon lui, il a été approché par trois personnages humanoïdes qui l’ont emmené sans violence à bord d’un petit aéronef qui l’a transporté vers un engin plus grand et bien plus loin. Là, il a affirmé avoir été placé devant une sorte de télévision puis on l’aurait forcé à s’accoupler avec une extraterrestre, après quoi il a été endormi par un produit chimique et ramener au sol. Ferreira a décrit des créatures mesurant environ 1,20 mètre avec des oreilles pointues. Ils n’avaient ni sourcils ni cils à leurs yeux en amande et parlaient dans une langue qui ressemblait au japonais. Plus récemment, le 19 juin 2013, une lumière était visible dans le ciel et vue par des milliers de personnes assistant à une manifestation culturelle. Il a été rapporté qu’il s’agissait d’un OVNI, mais on pense actuellement qu’il s’agit d’un drone utilisé par le journal local Folha de S. Paulo afin de prendre des images aériennes.

Les forces militaires brésiliennes se sont penchées sur ces phénomènes. L’opération Prato fut la première opération menée par la Force aérienne brésilienne (FAB) contre des ovnis, à la suite d’événements ayant eu lieu à Colares dans l’État du Pará, ville qui aurait été survolée et attaquée par ces mêmes ovnis. Cette opération fut menée entre 1977 et 1978. En pleine dictature (c’était les années de plomb), l’opération via le 1er Comendo Aérien Régional (COMAR I) de Belém (Pará), fut menée par le capitaine Uyrange Bolivar Soares Nogueira de Hollanda Lima. Fin 1977, plusieurs photos de lumières étranges furent prises. En quelques semaines, Uyrange et son équipe réussirent à rétablir le calme et l’ordre dans la région. L’opération fut clôturée sans aucune preuve concrète d’un quelconque phénomène inhabituel.

Vingt ans plus tard, le capitaine Uyrange donna une interview aux chercheurs Ademar José Gevaerd (fondateur et président du CBPDV (Centre Brésilien de Recherches sur les Soucoupes Volantes) et Marco Antonio Petit. Dans cette interview, il relata ses expériences durant l’opération et, contre toute attente, il déclara : « Les ovnis existent, les Forces Armées enquêtent sur leurs manœuvres et dissimulent de nombreux cas à la population ». Environ trois mois après cette interview, sa fille le retrouva mort pendu à la propre de son peignoir dans son appartement. Naturellement, les complotistes ont prétendu que le capitaine avait été éliminé, car il savait trop de choses. En fait, on a établi qu’il souffrait de dépression et de troubles de la personnalité.