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Le mystère de la momie « extraterrestre » d’Atacama élucidé par une analyse ADN

Les chercheurs espèrent que cette nouvelle découverte permettra de clore le débat sur les origines d’Ata, un nouveau-né naturellement momifié découvert dans le désert chilien.

Ata ne fait que 15 centimètres de haut, et a une tête conique et des os exceptionnellement durs pour sa taille. On a bien sûr prétendu qu’il s’agissait d’un extraterrestre !

Alors, extraterrestre ? Primate ? enfant déformé ? fœtus momifié ?

Une nouvelle étude publiée dans la revue Genome Research met un point final aux spéculations. Elle réfute non seulement la théorie extraterrestre, mais donne des éléments d’explications sur le processus de momification.

Il y a une douzaine d’années, le squelette humanoïde Atacama (Ata) a été découvert dans la région d’Atacama au Chili. Selon la Estrella de Arica, un journal local chilien, un homme appelé Oscar Muñoz a trouvé le squelette le 19 octobre 2003, alors qu’il était à la recherche d’objets de valeur historique à La Noria, une ville fantôme dans le désert d’Atacama. Près d’une église abandonnée, Muñoz a découvert un étrange squelette de la taille d’un stylo, d’environ quinze centimètres enveloppé dans un linge blanc, ceint d’un ruban violet. Le spécimen Ata portait un phénotype étrange — une taille de 15 cm, des côtes moins nombreuses que prévu, un crâne allongé et un âge osseux accéléré, selon la description des scientifiques. Ils ont, dans un premier temps, supposé qu’il s’agissait d’un primate non humain préservé. Le débat a commencé à animer la communauté scientifique en 2003, lorsque les restes naturellement momifiés d’Ata ont été mis au jour près d’une ville fantôme du désert d’Atacama, au Chili. Un homme d’affaires espagnol, Ramón Navia-Osorio, a acheté cette momie et en 2012 a autorisé un médecin du nom de Steven Greer à l’étudier par le moyen de rayons X et via la tomodensitométrie pour analyser son squelette.

L’ADN a prouvé qu’il s’agissait d’un humain, un ou une enfant de 6 à 8 ans. Cet ADN a été plus tard été soumis au séquençage du génome entier en utilisant la plate-forme Illumina HiSeq. « Au total, 3 356 569 variations mononucléotidiques (SNV) ont été trouvées par rapport au génome humain de référence, 518 365 insertions et suppressions (indels), et 1047 variations structurelles (SV) ont été détectées ».

En clair, Ata était une petite fille. Petite dans tous les sens du terme.

Ata n’est pas plus grand qu’un fœtus humain. Parmi les anomalies apparentes, Ata arbore 10 cotes au lieu des 12 habituelles et un crâne gravement déformé. Mais un radiologue qui a analysé les images estime que les os d’Ata étaient à peu près aussi mûrs que ceux d’un enfant de six ans. À l’époque, Steven Greer (le fondateur de The Disclosure Project) a également fourni des échantillons de la moelle osseuse d’Ata à l’immunologiste Garry Nolan de l’Université Stanford de Palo Alto, en Californie. Une équipe a donc séquencé l’ADN d’Ata et a conclu que son matériel génétique était bien celui d’un être humain. Mais il ne pouvait pas expliquer comment une si petite personne pouvait présenter des caractéristiques physiques si inhabituelles. « Une fois que nous avons compris qu’il s’agissait d’un être humain, l’étape suivante consistait à comprendre comment un humain pouvait prendre cette forme », explique Nolan.

Garry Nolan a alors travaillé avec des chercheurs en génétique de Stanford et avec l’équipe du biologiste Atul Butte de l’Université de Californie à San Francisco pour analyser le génome d’Ata. Selon les résultats de leurs recherches, des mutations sont présentes dans sept des gènes d’Ata, tous relatifs à la croissance humaine. Nolan pense maintenant que « cette combinaison de mutations a causé des anomalies squelettiques graves chez Ata, ce qui expliquerait cette croissance osseuse inhabituellement précoce ». Selon l’étude Ata est probablement un fœtus mort-né ou mort peu après la naissance. Mais ceux persuadés qu’Ata est un extraterrestre n’en démordent pas, quelles que soient les nouvelles révélations scientifiques ! Le désert d’Atacama est peut-être l’endroit le plus sec de la planète, donc Ata aurait pu être préservée pendant des centaines d’années.

(Sources : Genome Research, La Estrella da Arica)

 

La Noria 

C’est une ancienne ville minière est si terrifiante que les habitants des régions voisines refusent d’y entrer. Il paraît que, la nuit tombée, les morts se réveillent dans le cimetière, sortent de leur tombe et errent dans les rues désertées depuis 1960.

La ville minière de La Noria en 1910

Le cimetière de La Noria serait le plus hanté du monde 

Une vue du désert d’Atacama, au pied du volcan Licancabur