Cuba enregistre plus de 1 000 manifestations liées à la crise.
Un rapport de l’Observatoire cubain des conflits fait état d’une montée du mécontentement due à la répression étatique et aux mauvaises conditions de vie.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Cuba tout au long du mois d’avril pour exprimer leur mécontentement à l’égard du gouvernement de l’île. Selon les rapports des ONG, 1 133 manifestations ont eu lieu dans tout le pays, à un moment où le régime socialiste lance une « campagne de loyauté nationale ». Bien que le nombre de manifestations ait été légèrement inférieur à celui enregistré en mars (1 245 rassemblements), ce mécontentement s’inscrit dans un contexte similaire : l’intensification de la répression, les pénuries, les coupures d’électricité…
La Havane aurait instauré un couvre-feu dans tout le pays, recourant à la force militaire pour contrôler les rues, les parcs et les quartiers.
Une grande partie des mobilisations a été relayée par les réseaux sociaux et les médias internationaux, où les citoyens ont dénoncé la militarisation des espaces publics et des prisonniers politiques de plus en plus nombreux.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a fait part de sa « profonde inquiétude » face à l’aggravation de la crise socio-économique à Cuba.
Volker Turk a mis en garde contre des conséquences de plus en plus graves pour les droits humains de la population. La porte-parole, Marta Hurtado, a déclaré que la pénurie de pétrole mettait en péril la disponibilité des services essentiels dans le pays. Elle a également indiqué que la production, le stockage et la distribution des vaccins, des produits sanguins et d’autres médicaments sensibles à la température sont compromis.
L’ONU alerte
Selon l’ONU, plus de 80 % des équipements de pompage d’eau à Cuba dépendent de l’électricité, et les coupures de courant ont des répercussions sur l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène.
Selon cette déclaration, cette situation a des répercussions directes sur la qualité de vie de la population et sur le fonctionnement des services de base, aggravant ainsi des conditions déjà difficiles dans plusieurs régions du pays.
Le bureau des droits de l’homme a indiqué que la pénurie de carburant affecte également le système de rationnement et la distribution des denrées alimentaires de base.
De plus, les filets de protection sociale, notamment les programmes d’alimentation scolaire, les maternités et les maisons de retraite, sont perturbés, ce qui a un impact disproportionné sur les groupes les plus vulnérables.