Le régime chaviste (toujours au pouvoir à Caracas) a libéré un nombre important de prisonniers politiques jeudi dernier, grâce à la médiation de l’ancien président espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, du président brésilien Lula da Silva et du Qatar. Cette libération fait suite à des années de négociations secrètes.

Cette décision intervient dans un nouveau contexte politique : Nicolás Maduro n’est plus au pouvoir et a été remplacé par Delcy Rodríguez, qui montre des signes d’ouverture. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio évoque une stabilisation du pays suivie d’une possible transition.

Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, a précisé que cette libération était un « geste unilatéral pour consolider la paix » et non une imposition de Washington.

Zapatero s’est impliqué comme médiateur au Venezuela depuis 2015, à l’invitation de l’opposition, en s’appuyant sur son expérience dans la résolution du conflit avec l’ETA. Sa priorité a toujours été la libération des prisonniers politiques, malgré les critiques que cela lui vaut. La droite politique espagnole s’est montrée particulièrement belliqueuse à son égard. Elle l’a accusé de sympathiser avec le régime. Zapatero estime que c’est le prix à payer pour se présenter comme un acteur neutre capable de négocier avec les deux parties. Son obsession à cette époque était d’éviter que le chavisme ne se retrouve isolé et ne devienne un régime cloîtré, presque sans contact avec l’extérieur, comme Cuba ou le Nicaragua. Il pensait également qu’un faux pas pourrait conduire à une guerre civile.

Les présidents colombien et brésilien se sont entretenus par téléphone jeudi après-midi au sujet de la situation complexe au Venezuela et « ont salué l’annonce (…) de la libération des prisonniers nationaux et étrangers », selon le communiqué publié par le ministère brésilien des Affaires étrangères. Petro et Lula partagent également « leur profonde inquiétude face à l’usage de la force contre un pays sud-américain », soulignent qu’il s’agit d’un « précédent extrêmement dangereux » et exigent que la crise vénézuélienne soit résolue exclusivement par des moyens pacifiques, par la négociation et dans le respect de la volonté du peuple vénézuélien.