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Des Amérindiens entrent en guerre contre Bolsonaro

Depuis que Jair Bolsonaro dirige le Brésil et a fait savoir qu’il comptait revenir sur les accords passés avec les indigènes d’Amazonie, les tribus amérindiennes sont plus que jamais menacées. Un groupe groupe a décidé de prendre les armes.

L’élection de Jair Bolsonaro lors de la présidentielle de 2018 au Brésil a été un choc dans le monde entier. Mais pour les Amérindiens, elle a purement et simplement été une déclaration de guerre : des membres d’une tribu amazonienne, les Uru-Eu-Wau-Wau ont décidé de sortir leurs armes et se préparent à résister par la violence à l’envahisseur.

Car Bolsonaro a décidé de revenir sur des accords passés avec les indigènes d’Amazonie et surtout d’ouvrir celle-ci à de nouveaux investissements voulus par les grands groupes agro-alimentaires. Personne n’est surpris. Les multinationales de ce secteur ont activement soutenu le candidat d’extrême droite.

Le programme de Jair Bolsonaro prévoyait en effet de reprendre l’exploitation massive de la zone amazonienne en faisant tomber les barrières légales permettant de protéger cet environnement menacé. Au menu du projet présidentiel : la remise en cause des droits autochtones considérés comme un obstacle au développement. La rénovation d’une route délabrée pour la transformer en autoroute flambant neuve de 890 kilomètres en est une des tristes réalités, de même qu’une facilitation dans l’exploitation de terres rares sur ces territoires.

 La récente élection du président brésilien Jair Bolsonaro a déclenché une onde de choc et une alerte générale en Amérique latine, explique le Daily Mail.

 Impossible à accepter pour les tribus amazoniennes du Rondônia à l’ouest du Brésil, à la frontière avec la Bolivie.

 Malheureusement, pour les Uru-Eu-Wau-Wau, cette résistance s’apparente à un chant du cygne : ces indigènes ne sont plus qu’une centaine à vivre dans la zone après avoir été massacrés dans les années 1980 et 1990 par les maladies et la confrontation violente avec les exploitants forestiers. Des décisions politiques avaient ensuite permis d’éviter leur disparition. Leur survie est donc de nouveau menacée par les projets économiques du nouveau président du Brésil. D’autant que ce dernier a considérablement réduit le budget de l’agence fédérale d’observation et de protection des autochtones (Funai).

Le peuple Uru-Eu-Wau-Wau parle la langue Kawahib. Il est présent dans le nord de l’État brésilien de Rondania.

La population de la Terre autochtone Uru-Eu-Wau-Wau est composée de plusieurs groupes — outre Uru-Eu-Wau-Wau — tels que Amondawa et Urupain, ainsi que de groupes isolés tels que Parakuara et Jurureis, ainsi que deux autres groupes dont les noms sont inconnus – l’un au sud-ouest, au milieu de la rivière Cautário, et l’autre au centre de la même terre autochtone, sur les rives de la rivière Água Branca. Le nom Uru -eu-wau-wau a été donné aux Jupaú par les Indiens Oro Wari.

C’est une population très jeune puisque les anciens sont morts lors des premiers contacts avec les Blancs dans les années 1980. Une grande partie de leurs traditions ont été oubliées, bien qu’ils pratiquent encore la chasse et la pêche à l’arc et à la flèche comme leurs ancêtres. Les premiers contacts de la FUNAI avec l’Uru-Eu-Wau-Wau ont été dirigés par Apoena Meireles. À l’époque, la population était composée de plus de 800 Indiens, essentiellement des nomades. Leur quasi-extinction était due à l’invasion de leurs terres par des non-Indiens, à l’origine de maladies telles que le paludisme. Il y a eu aussi beaucoup de meurtres pendant l’invasion. La population s’est maintenant stabilisée et se redresse. De nos jours, ils disposent de jardins pour se nourrir et bénéficient de conditions sanitaires plus favorables.

 Les Amondawa, qui vivent également sur la terre autochtone Uru-eu-wow-wow, évoluaient auparavant avec les Uru-Eu-Wau-Wau, mais des désaccords ont abouti à la séparation et les Amondawa constituaient un autre groupe.

La politique de Bolsonaro vis-à-vis des Amérindiens jugée inconstitutionnelle

Dans une note technique qui a été distribuée aux procureurs et aux parlementaires jeudi (07/03), le bureau de la 6ème chambre du procureur général (PGR) examine la mesure provisoire numéro 870, signée par le président Jair Bolsonaro au premier jour de son gouvernement et la juge inconstitutionnelle et relevant d’un conflit entre les intérêts autochtones et la politique agricole de l’Union.

Le ministère public attaque la décision de transférer de la Funai (Fondation nationale indienne) au ministère de l’Agriculture le droit de localiser, d’identifier et de démarquer les terres autochtones du pays, ainsi que le transfert de Funai au ministère de la Femme, Famille et droits humains.

La note technique, signée par le procureur général adjoint et coordinateur de la 6e chambre, Antonio Carlos Alpino Bigonha, peut servir de référence à tous les procureurs du pays. Elle devra être évalué dans un délai maximum de 120 jours au Congrès national.