Bolsonaro : « La démocratie n’existe que lorsque ses forces armées le souhaitent »

 

Le président brésilien Jair Bolsonaro a affirmé que « la démocratie et la liberté n’existent que si les forces armées le veulent », des propos rapidement nuancés par son vice-président, le général de réserve H. Mourão.

 Ces déclarations ambiguës et sujettes à controverse de la part d’un chef de l’Etat qui fait constamment l’éloge de la dictature militaire (1964-1985) ont été faites au cours d’une cérémonie officielle des fusiliers marins à Rio de Janeiro.

La déclaration a été critiquée par l’opposition, qui a accusé le président de chercher la tutelle de l’armée, très présente dans son gouvernement, dans un moment de malaise après l’annonce par le président d’un tweet pornographique critiquant le Carnaval. Le discours a été minimisé par le vice-président Hamilton Mourão, qui a déclaré que Bolsonaro était « mal compris ». Quelques heures plus tard, en direct sur son compte Facebook, le président est revenu sur le sujet et a tenu à en parler : « Ce discours a commencé à être interprété de différentes manières ».

Le Président a dit que quand l’armée n’est pas engagée en faveur de la démocratie et de la liberté, ces valeurs meurent. C’est ce qui se passe au Venezuela (…) C’est ça qu’il a voulu dire, a habilement expliqué M. Mourao.

Jusqu’à quand Hamilton Mourão va-t-il « couvrir » le Président dont il a déjà tenu à critiquer l’influence néfaste de ses fils ?

Alors qu’on le pensait encore plus réactionnaire que le Président, le vice-président est désormais considéré comme une des figures les plus modérées du gouvernement d’extrême droite en place depuis janvier, qui compte huit militaires sur 22 ministres, et est souvent amené à tempérer certains discours radicaux de Jair Bolsonaro ou de ses ministres.

La déclaration a été critiquée par l’opposition, qui a accusé le Président de chercher la tutelle de l’armée, très présente dans son gouvernement, dans un moment de malaise après la publication par le président d’un tweet pornographique critiquant le Carnaval.

Lors de cette apparition publique à Rio de Janeiro J. Bolsonaro n’a pas répondu aux questions de la presse.

C’était pourtant le premier événement public auquel le président participait depuis la controverse qu’il a créée sur les réseaux sociaux avec la publication, mardi soir (05/03), d’une vidéo salasse dans laquelle un jeune homme a uriné publiquement, lors du Carnaval, sur une autre personne. Dans un bref discours, d’environ 4 minutes, le président a également salué les valeurs de ce qu’il considère être la famille brésilienne traditionnelle.

C’est la deuxième fois depuis sa prise du pouvoir que Bolsonaro parle de l’armée en tant que garant du régime démocratique : en janvier, peu après son entrée en fonction, il avait affirmé que les forces armées constituaient un obstacle pour ceux qui veulent prendre le pouvoir de manière illégitime. Le président a entamé une carrière politique en niant qu’il y ait eu au Brésil le coup d’État de 1964, qui a instauré une dictature au Brésil jusqu’en 1985.

 Le gouvernement Bolsonaro s’efforce de nouer des liens plus étroits avec des pays qu’il considère avoir une idéologie semblable, comme les États-Unis, l’Italie et Israël, rompant avec la tradition de multilatéralisme de la diplomatie brésilienne.