La présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez a annoncé une amnistie générale et la fermeture de l’Hélicoïde, redoutée prison politique de Caracas, moins d’un mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine.

« Nous avons décidé de promouvoir une loi d’amnistie générale couvrant toute la période de violence politique de 1999 à aujourd’hui », a lancé D. Rodriguez lors d’une déclaration devant la Cour suprême de justice (TSJ), précisant que la loi sera présentée à l’Assemblée nationale.

Cette amnistie accordée aux prisonniers politiques met fin à des années de répression chaviste au Venezuela. L’annonce de la libération marque un tournant dans le régime, qui bat pour la première fois en retraite.

Le chavisme recule pour la première fois

L’amnistie générale annoncée concerne tous les prisonniers politiques du pays et concrétise l’une des aspirations les plus chères à la société vénézuélienne tout en marquant un tournant radical dans les relations que la révolution bolivarienne a entretenues avec ses adversaires au cours des dix dernières années. Cette décision, qui a surpris tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Venezuela, apparaît comme le corollaire d’une série d’annonces officielles visant à assouplir le contrôle du chavisme sur le pays et ses opposants. Pour la première fois depuis longtemps, le chavisme au pouvoir se replie, après des années de radicalisation.

« Réparer les blessures… »

« Qu’il s’agisse d’une loi qui serve à réparer les blessures laissées par la confrontation politique, nourrie par la violence et l’extrémisme. Qui permette de remettre la justice sur les rails dans notre pays et de réorienter la coexistence entre les Vénézuéliennes et les Vénézuéliens », a déclaré la présidente.

La présidente a aussi promis la fermeture de la redoutée prison de l’Hélicoïde à Caracas, accusée d’être un centre de torture par l’opposition et des militants des droits humains : « Nous avons décidé que les installations de l’Hélicoïde, qui servent aujourd’hui de centre de détention, deviennent un centre social, sportif, culturel et commercial pour la famille policière et pour les communautés voisines ».

Larmes de joie et embrassades parmi les proches des prisonniers : « Ils vont tous sortir, tout ce combat va prendre fin. »